Cinq élèves âgés de 13 à 14 ans ont péri noyés lundi 18 mai dans la province de Phu Tho, au nord du Vietnam, après s’être jetés dans une rivière pour tenter de secourir l’un des leurs emporté par le courant, a rapporté Le Figaro, citant les médias d’État locaux. Selon les premières informations, l’accident s’est produit en fin de journée, alors que ces collégiens profitaient d’une baignade après avoir passé un examen, d’après le site d’information vietnamien VNExpress.

Les autorités locales ont repêché les cinq corps dans la rivière Lo en début de soirée. D’après les récits des secours, l’un des adolescents a été entraîné par le courant avant que ses camarades, sans hésiter, ne plongent à leur tour pour lui porter assistance. Quatre d’entre eux ont été happés à leur tour par les eaux, tandis que le cinquième a disparu avant d’être retrouvé inanimé plus tard dans la soirée.

Ce qu'il faut retenir

  • Cinq adolescents de 13 à 14 ans ont péri noyés dans la rivière Lo, dans la province de Phu Tho (Vietnam), en tentant de sauver un camarade emporté par le courant.
  • L’accident s’est produit en fin de journée du lundi 18 mai 2026, alors que les élèves se baignaient après des révisions d’examen.
  • Les corps ont été repêchés en début de soirée, confirmant le bilan tragique.
  • Selon le ministère vietnamien de la Santé, environ 2 000 enfants âgés de 5 à 15 ans meurent noyés chaque année dans le pays.
  • Quelques jours plus tôt, quatre autres enfants ont également péri noyés dans la rivière Banh Lai (province de Dak Lak) en se baignant.

Un enchaînement tragique aux conséquences immédiates

Les circonstances de la noyade rappellent l’urgence des mesures de prévention autour des cours d’eau au Vietnam. D’après les autorités locales, les cinq adolescents – scolarisés dans un collège de la région – étaient partis se rafraîchir après une journée de révisions. Leur geste héroïque, bien que désespéré, s’inscrit dans une logique de solidarité immédiate, fréquente chez les jeunes, mais aux conséquences dramatiques dans un environnement aussi dangereux que les rivières vietnamiennes en période de crue ou de courant fort.

Le site VNExpress, cité par Le Figaro, précise que les élèves avaient choisi ce spot pour se baigner, un choix qui s’est avéré fatal. Les secours, dépêchés sur place, n’ont pu que constater le bilan, confirmant l’absence de survivants malgré une intervention rapide. Les familles des victimes ont été informées dans la nuit, plongeant la région dans un profond chagrin.

Un pays confronté à un fléau récurrent

Le Vietnam déplore chaque année près de 2 000 décès par noyade chez les enfants de 5 à 15 ans, selon les chiffres du ministère de la Santé cités par Le Figaro. Ce chiffre place les accidents aquatiques parmi les premières causes de mortalité infantile dans le pays, devant même certaines maladies infectieuses. Les autorités sanitaires attribuent ce bilan tragique à un mélange de facteurs : méconnaissance des risques, absence de surveillance des points d’eau, et pratiques culturelles liées aux baignades en rivière, notamment en période estivale.

Quelques jours seulement avant cette tragédie, un autre drame similaire s’était produit dans la province de Dak Lak. Quatre enfants – deux en primaire et deux collégiens – avaient été emportés par le courant de la rivière Banh Lai alors qu’ils se baignaient. Ces incidents rapprochés soulèvent des questions sur l’efficacité des campagnes de prévention menées par les autorités locales et les associations.

Des mesures de prévention insuffisantes ?

Les spécialistes pointent du doigt plusieurs lacunes dans la lutte contre les noyades infantiles au Vietnam. D’abord, le manque de signalisation claire des zones dangereuses, malgré la présence de panneaux dans certaines régions. Ensuite, la faible application des mesures de surveillance, notamment dans les zones rurales où les points d’eau sont nombreux et accessibles. Enfin, la méconnaissance des gestes de premiers secours, même parmi les populations riveraines, aggrave l’ampleur des drames.

Des initiatives locales, soutenues par des ONG internationales, tentent d’apporter des solutions. Des formations aux premiers secours sont organisées dans les écoles, et des campagnes de sensibilisation sont menées via les réseaux sociaux et les médias locaux. Pourtant, ces efforts peinent à atteindre l’ensemble des communautés, notamment dans les provinces les plus reculées.

« Les noyades chez les enfants sont un fléau évitable, mais la prévention doit être constante et adaptée à chaque contexte local. »
— Un responsable de la sécurité aquatique au Vietnam, cité par Le Figaro

Et maintenant ?

Les autorités de la province de Phu Tho ont annoncé l’ouverture d’une enquête pour déterminer les circonstances exactes de l’accident et évaluer la responsabilité éventuelle des organisateurs de la sortie. Une réunion d’urgence est prévue dès cette semaine avec les responsables scolaires et les associations de parents d’élèves pour renforcer les protocoles de sécurité lors des sorties en milieu aquatique.

Par ailleurs, le ministère vietnamien de l’Éducation et de la Santé devrait prochainement lancer une campagne nationale de sensibilisation, prévue pour coïncider avec le début de la saison estivale. Les associations locales appellent, quant à elles, à un renforcement des patrouilles de surveillance sur les sites identifiés comme dangereux, une mesure qui pourrait être intégrée au plan national de prévention des noyades d’ici l’été 2026.

Enfin, ce drame relance le débat sur la nécessité d’intégrer des modules obligatoires de prévention des risques aquatiques dans les programmes scolaires, une proposition déjà évoquée par des parlementaires vietnamiens en 2025.

Des questions qui persistent

Si les circonstances exactes de la noyade sont désormais établies, plusieurs interrogations subsistent. Comment expliquer que des adolescents aient choisi un spot réputé dangereux pour se baigner ? Pourquoi les consignes de sécurité n’ont-elles pas été respectées ? Autant de questions qui pourraient trouver des réponses lors de l’enquête administrative, dont les conclusions sont attendues d’ici la fin du mois de mai.

Par ailleurs, ce drame intervient à un moment où le Vietnam renforce ses dispositifs de prévention dans d’autres domaines, comme la sécurité routière. Les familles des victimes espèrent que ces efforts s’étendront désormais de manière systématique à la lutte contre les noyades, un enjeu de santé publique qui touche des milliers de foyers chaque année.

Selon les autorités sanitaires vietnamiennes, les principales causes incluent le manque de surveillance des enfants près des points d’eau, la méconnaissance des dangers liés aux courants et aux profondeurs variables, ainsi que l’absence de signalisation adaptée dans les zones à risque. Les campagnes de prévention pointent également du doigt l’accès facile à ces zones, notamment en milieu rural.

Plusieurs initiatives ont été lancées ces dernières années, comme la formation aux premiers secours dans les écoles ou la mise en place de panneaux d’avertissement près des rivières. Cependant, leur portée reste limitée en raison du manque de moyens dans certaines régions. Le ministère de la Santé a également évoqué un projet de loi visant à renforcer la surveillance des points d’eau, mais son adoption n’est pas encore actée.