Le gouvernement colombien, dirigé par une nouvelle équipe d’extrême droite, a officiellement autorisé la reprise des épandages aériens de glyphosate sur les champs de coca. Cette mesure, encadrée par une résolution rendue publique ce week-end, marque un retour à une stratégie déjà utilisée par les gouvernements conservateurs précédents dans la lutte contre le narcotrafic. Selon nos confrères de RFI, cette décision s’inscrit dans une volonté affichée de renforcer l’éradication des plantations illégales de coca, dont la superficie n’a cessé de croître ces dernières années sur le territoire national.
Ce qu'il faut retenir
- Le gouvernement colombien a publié une résolution autorisant la reprise des épandages aériens de glyphosate pour éradiquer les cultures de coca.
- Cette stratégie avait déjà été employée par les gouvernements conservateurs précédents.
- L’objectif affiché est de lutter contre l’expansion des plantations de coca, en hausse depuis plusieurs années.
- La résolution a été rendue publique en cette fin de semaine.
Une méthode controversée mais jugée efficace par ses partisans
Les épandages aériens de glyphosate, herbicide utilisé pour détruire les cultures illégales, avaient été suspendus en 2015 sous la présidence de Juan Manuel Santos. Cette suspension faisait suite à des études pointant du doigt les risques pour la santé humaine et l’environnement. Pourtant, d’après RFI, le nouveau gouvernement justifie son retour à cette méthode par son efficacité prouvée dans la réduction des surfaces cultivées. «
Les résultats obtenus lors des précédentes campagnes montrent une baisse significative des rendements des plantations de coca dans les zones traitées », a déclaré un responsable gouvernemental sous couvert d’anonymat.Pour ses détracteurs, en revanche, cette approche reste une solution de court terme, coûteuse et susceptible de nuire aux populations locales.
Un contexte marqué par une hausse historique des cultures de coca
La Colombie reste le premier producteur mondial de cocaïne, avec une superficie de cultures illégales estimée à 204 000 hectares en 2025, selon les dernières données de l’Observatoire des drogues des Nations unies. Cette augmentation, de près de 15 % par rapport à 2024, s’explique en partie par l’instabilité économique et sociale persistante dans certaines régions rurales. Le gouvernement actuel mise donc sur une politique répressive accrue pour inverser cette tendance, malgré les critiques des organisations environnementales et des communautés paysannes.
Parmi les zones les plus concernées figurent les départements de Nariño, Cauca et Putumayo, où les cultures de coca se sont étendues ces dernières années. Les autorités locales ont déjà commencé à identifier les parcelles ciblées pour les prochains épandages, bien que le calendrier exact des opérations n’ait pas encore été précisé.
Des réactions contrastées au sein de la société colombienne
Si le gouvernement défend une approche musclée contre le narcotrafic, les réactions dans la société civile restent divisées. Les organisations paysannes, regroupées au sein de la Coordinación Nacional Agraria, ont d’ores et déjà annoncé leur opposition à cette mesure. «
Plutôt que de détruire nos cultures avec du glyphosate, le gouvernement devrait investir dans des alternatives économiques durables pour les communautés rurales », a souligné un représentant de l’organisation.À l’inverse, certains habitants des zones rurales concernées, souvent dépendants de l’économie illégale, voient dans cette politique une chance de retrouver une sécurité économique, même si le glyphosate menace leurs propres cultures vivrières.
Reste à voir si cette stratégie portera ses fruits, alors que le pays tente de concilier lutte contre le narcotrafic et respect des droits humains et de l’environnement. Une chose est sûre : le débat est loin d’être clos.
Le glyphosate avait été interdit en 2015 sous la présidence de Juan Manuel Santos en raison de ses effets néfastes sur la santé et l’environnement. Des études scientifiques, notamment de l’Organisation mondiale de la santé (OMS), avaient alors mis en évidence des risques accrus de cancers et de perturbations écologiques. Cette décision s’inscrivait également dans une volonté de respecter les engagements internationaux de la Colombie en matière de protection de la biodiversité.