La Colombie se retrouve une nouvelle fois sous les projecteurs de la géopolitique internationale à l’approche d’un scrutin crucial. Selon BFM Business, Donald Trump mise sur ce pays d’Amérique du Sud pour étendre son influence en Amérique latine, une stratégie qui pourrait redessiner les équilibres régionaux dans les semaines à venir. Annalisa Cappellini, journaliste spécialisée dans les questions internationales, a analysé cette dynamique dans son dernier entretien pour la chaîne.

Ce qu'il faut retenir

  • Donald Trump mise sur la Colombie pour renforcer son influence en Amérique latine d’ici la fin du mois de juin 2026
  • Le scrutin colombien prévu dimanche 22 juin 2026 est présenté comme un test pour la stratégie américaine dans la région
  • Annalisa Cappellini souligne que Bogotá pourrait devenir un partenaire clé pour Washington dans la lutte contre les trafics et l’influence russe
  • L’administration Trump souhaite sécuriser des accords commerciaux et énergétiques avec la Colombie

Un scrutin sous haute tension en Colombie

Le scrutin présidentiel colombien prévu ce dimanche 22 juin 2026 s’annonce décisif pour l’avenir politique du pays. Selon BFM Business, cette élection pourrait marquer un tournant dans les relations entre Bogotá et Washington, alors que Donald Trump cherche à consolider sa présence en Amérique latine. Les deux principaux candidats, Gustavo Petro et Rodolfo Hernández, incarnent des visions opposées pour le pays, entre continuité et rupture avec les politiques libérales traditionnelles.

La Colombie, quatrième économie d’Amérique latine, représente un enjeu stratégique pour les États-Unis. Outre ses ressources naturelles abondantes, le pays sert de rempart contre l’expansion des cartels et des groupes armés soutenus par Moscou ou Pékin. Pour Trump, la Colombie pourrait devenir « le tigre » de l’Amérique du Sud, une expression reprise par Annalisa Cappellini dans son analyse.

Une stratégie américaine axée sur les alliances régionales

D’après les propos rapportés par BFM Business, Donald Trump envisage de faire de la Colombie un partenaire privilégié pour contrer l’influence russe et chinoise dans la région. Bogotá pourrait ainsi bénéficier d’investissements massifs dans les secteurs minier, énergétique et technologique, en échange d’un alignement sur les positions américaines en matière de commerce et de sécurité.

Cette stratégie s’inscrit dans le prolongement des tensions actuelles entre Washington et Moscou, notamment après l’invasion de l’Ukraine. La Colombie, déjà alliée des États-Unis via le plan de soutien « Colombia Aid », pourrait voir son rôle renforcé dans la lutte contre les trafics de drogue et les groupes armés, souvent liés à des réseaux criminels transnationaux.

Les défis pour Bogotá et Washington

Pour autant, cette alliance n’est pas sans risque pour la Colombie. D’un côté, une victoire de Gustavo Petro, partisan d’une politique de neutralité et de dialogue avec les groupes armés, pourrait compliquer les relations avec Trump. De l’autre, un rapprochement trop marqué avec Washington risquerait d’isoler Bogotá sur la scène internationale, notamment auprès de ses voisins comme le Venezuela ou le Nicaragua.

Annalisa Cappellini souligne que le prochain président colombien devra naviguer entre ces impératifs contradictoires. «

La Colombie ne peut se permettre de choisir un camp de manière exclusive, autant dire qu’un équilibre sera nécessaire pour préserver sa souveraineté
», a-t-elle expliqué lors de son intervention. La question de l’adhésion à l’OTAN, évoquée à plusieurs reprises par Trump, reste également un sujet de division au sein de la classe politique colombienne.

Et maintenant ?

Les résultats du scrutin colombien, attendus dimanche 22 juin 2026, pourraient donner le ton aux prochaines semaines de négociations entre Bogotá et Washington. Si un candidat pro-américain l’emporte, les discussions sur un partenariat énergétique et militaire pourraient s’accélérer dès le mois de juillet. En revanche, une victoire de Petro pourrait entraîner un gel des relations, au moins temporairement, le temps de clarifier les intentions des deux parties.

Quoi qu’il en soit, cette élection pourrait servir de baromètre pour mesurer l’influence réelle de Donald Trump en Amérique latine, alors que plusieurs pays de la région, comme le Brésil ou l’Argentine, oscillent entre alignement et distance vis-à-vis des États-Unis. La Colombie, avec son poids économique et stratégique, pourrait ainsi devenir le terrain d’expérimentation d’une nouvelle doctrine américaine dans le sous-continent.

La Colombie représente pour Trump un partenaire clé en Amérique latine, tant sur le plan économique que sécuritaire. Le pays dispose de ressources naturelles abondantes (pétrole, minerais) et sert de rempart contre l’expansion des cartels et des groupes armés soutenus par la Russie ou la Chine. Une alliance renforcée avec Bogotá permettrait à Washington de sécuriser des accords commerciaux et de contrer l’influence de Moscou dans la région.