Depuis plusieurs mois, le village du Chillou, situé dans les Deux-Sèvres, est le théâtre d’un conflit larvé entre une partie de ses habitants et la municipalité. Au cœur des tensions : un ancien dépôt de pneus et de déchets, devenu au fil du temps un symbole de négligence selon les premiers, et un sujet de gestion administrative complexe pour les seconds. Comme le rapporte Ouest France, cette affaire, qui s’éternise, a déjà donné lieu à des signalements auprès de la gendarmerie et à une saisine du Défenseur des droits.
Ce qu'il faut retenir
- Un conflit local autour d’un dépôt sauvage de pneus et déchets au Chillou (Deux-Sèvres), qui dure depuis plusieurs mois.
- Des habitants ont saisi la gendarmerie et le Défenseur des droits pour faire pression sur la mairie.
- Une association locale a été créée pour tenter de rétablir le dialogue entre les parties.
- La situation illustre les tensions récurrentes entre gestion municipale et préoccupations citoyennes en milieu rural.
Un dépôt qui cristallise les frustrations
Le site en question, situé en périphérie du village, est décrit par ses détracteurs comme un « tas de pneus et de déchets abandonné depuis des années », selon les termes employés par plusieurs riverains. Le maire du Chillou, Jean-Luc Moreau, a indiqué à Ouest France que cette zone avait été utilisée « comme un point de collecte informel avant la mise en place d’un service de gestion des déchets plus structuré ». Pourtant, pour les habitants, cette explication ne suffit pas. « On nous prend pour des imbéciles. Ça fait des années que ça traîne, et maintenant on nous dit que c’est temporaire ? », s’indigne Marie Durand, membre d’un collectif récemment formé.
Les tensions se sont encore aggravées lorsque des odeurs persistantes et des risques sanitaires ont été signalés. Un rapport de la DREAL Nouvelle-Aquitaine, daté de mars 2026, avait pointé du doigt « un risque potentiel de pollution des sols et des eaux souterraines », sans pour autant exiger d’urgence une évacuation du site. « C’est inacceptable. On respire des émanations, et la mairie ne bouge pas », affirme un habitant sous couvert d’anonymat.
Des recours administratifs pour faire pression
Face à l’inaction perçue, plusieurs habitants ont décidé de passer à l’action. En février 2026, une plainte a été déposée auprès de la gendarmerie de Parthenay, située à une quinzaine de kilomètres du village. « Nous avons saisi les autorités pour qu’elles prennent enfin leurs responsabilités », explique Pierre Lambert, porte-parole d’un groupe de riverains. Parallèlement, une saisine du Défenseur des droits a été effectuée en mai 2026, sans que ses conclusions ne soient encore rendues publiques.
Ces démarches n’ont pas manqué de surprendre la mairie. « On nous demande de résoudre un problème qui date d’avant notre mandat », a réagi Jean-Luc Moreau. Il a rappelé que le conseil municipal avait voté, en 2024, un budget de 50 000 euros pour « nettoyer et sécuriser le site », une somme qui, selon lui, n’a pas encore été totalement engagée en raison de « problèmes administratifs et de priorités locales ».
Une association pour rétablir le dialogue
Pour sortir de l’impasse, une association locale, baptisée « Chillou Propre et Serein », a été créée début juin 2026. Son objectif affiché : « recréer un lien de confiance entre les habitants et la mairie, et trouver une solution durable », précise son président, Thomas Roux. Les membres de l’association comptent organiser une réunion publique dans les prochaines semaines pour recueillir les attentes de chacun et proposer un calendrier d’actions.
Cette initiative est accueillie avec prudence par les deux camps. Si certains y voient une « lueur d’espoir », d’autres restent sceptiques. « Une réunion, c’est bien, mais il faut des actes », lâche un habitant. De son côté, la mairie a accepté de participer aux discussions, tout en soulignant que « les marges de manœuvre financières restent limitées ».
Dans l’immédiat, la préfecture des Deux-Sèvres a été saisie pour arbitrer sur la question de la responsabilité du site. Une décision devrait être rendue d’ici la fin de l’été 2026, ce qui pourrait, autant dire que, relancer le débat local.
La mairie a prévu de finaliser le budget alloué en 2024 d’ici la fin de l’année, sous réserve de l’obtention de subventions complémentaires. Une réunion publique est organisée le 30 juin 2026 pour établir un plan d’action avec les habitants.