L’Agence nationale de sécurité du médicament (ANSM) alerte, dans un communiqué publié le 11 juin 2026, sur les risques de constipation sévère associée à la prise de neuroleptiques. Ce trouble digestif, bien que fréquent, peut dans certains cas entraîner des complications graves, voire mortelles, notamment chez les patients de plus de 60 ans. Selon Top Santé, qui relaie cette mise en garde, l’ANSM enjoint désormais les médecins et les soignants à redoubler de prudence dans le suivi des personnes traitées par ces médicaments.
Ce qu'il faut retenir
- L’ANSM a publié un communiqué le 11 juin 2026 pour alerter sur les risques de constipation mortelle liés aux neuroleptiques.
- Ce trouble digestif, bien que courant, peut entraîner des complications graves, voire la mort, surtout chez les patients âgés de plus de 60 ans.
- L’agence recommande aux médecins et soignants d’être particulièrement vigilants dans le suivi des patients sous neuroleptiques.
Des neuroleptiques responsables de troubles digestifs parfois dramatiques
Les neuroleptiques, souvent prescrits dans le cadre de troubles psychiatriques comme la schizophrénie ou les troubles bipolaires, sont connus pour provoquer des effets indésirables digestifs. Parmi eux, la constipation figure en bonne place, rappelle l’ANSM. Si ce symptôme est généralement bénin, il peut, dans certains cas, évoluer vers une occlusion intestinale, une perforation ou une nécrose du côlon. Autant dire que, pour les patients fragiles, ces complications peuvent être fatales.
Les personnes de plus de 60 ans, dont le transit intestinal est souvent ralenti, sont particulièrement exposées. L’ANSM souligne que ce risque doit être pris au sérieux, d’autant que les neuroleptiques sont fréquemment prescrits chez les seniors pour gérer des troubles du comportement liés à des pathologies comme la maladie d’Alzheimer.
Une vigilance accrue recommandée par l’ANSM
Face à ce danger, l’agence sanitaire insiste sur la nécessité d’un suivi médical rigoureux. Les médecins sont invités à évaluer systématiquement le risque de constipation chez leurs patients avant toute prescription de neuroleptiques. Une fois le traitement commencé, un monitorage régulier des symptômes digestifs est préconisé. En cas de constipation persistante ou sévère, l’arrêt ou le changement du traitement doit être envisagé sans délai.
Les soignants, notamment en établissements médico-sociaux ou en Ehpad, sont également concernés. L’ANSM recommande une sensibilisation renforcée des équipes sur les signes d’alerte — douleurs abdominales, ballonnements, absence de selles depuis plusieurs jours — afin d’intervenir rapidement. Une attention particulière doit être portée aux patients déjà sous traitement laxatif ou souffrant de pathologies chroniques.
« La constipation sous neuroleptiques n’est pas un simple inconfort. Dans certains cas, elle peut avoir des conséquences irréversibles. Il est donc crucial d’anticiper et de réagir sans attendre. »
— Déclaration de l’ANSM, communiqué du 11 juin 2026
Un problème connu mais sous-estimé
Ce risque n’est pas nouveau : les notices des neuroleptiques mentionnent déjà la constipation comme effet secondaire possible. Pourtant, dans la pratique, ce danger est souvent minimisé, notamment parce que les patients et leurs proches ne rapportent pas toujours ces symptômes à leur médecin. Les troubles digestifs sont parfois considérés comme une fatalité liée à l’âge ou au traitement, alors qu’ils nécessitent une prise en charge adaptée.
Selon Top Santé, des cas de décès liés à une occlusion intestinale sous neuroleptiques ont été documentés ces dernières années. Ces incidents, bien que rares, rappellent l’importance de ne pas banaliser ces symptômes. L’agence sanitaire insiste : une constipation sévère doit être traitée comme une urgence médicale, surtout chez les personnes âgées.
Reste à voir si ces mesures suffiront à réduire le nombre de complications. Pour l’heure, l’accent est mis sur la prévention et la vigilance, deux piliers essentiels pour éviter que ce trouble digestif ne devienne une menace mortelle.
Les signes d’alerte incluent des douleurs abdominales intenses, des ballonnements importants, une absence de selles depuis plus de trois jours, ou encore des nausées et vomissements. En cas de fièvre ou de sang dans les selles, une consultation médicale en urgence est nécessaire.