Un marché estimé à 1 700 milliards de dollars, une croissance rapide et des signaux d’alerte lancés par les dirigeants financiers. Selon BFM Business, le patron d’Axa, Thomas Buberl, a mis en garde ce mercredi 15 avril 2026 contre les risques liés au crédit privé, ces prêts non bancaires accordés par des acteurs financiers à des entreprises. Dans une intervention télévisée sur BFM Business, il a souligné que cette expansion rapide comportait des dangers pour les fonds d’investissement et les assureurs, tout en appelant les autorités monétaires et politiques à agir pour éviter un « soft landing ».

Ce qu'il faut retenir

  • Le marché du crédit privé, estimé à 1 700 milliards de dollars, connaît une croissance rapide susceptible de générer des risques systémiques.
  • Thomas Buberl, PDG d’Axa, a alerté sur ces risques tout en précisant que son groupe n’y était que faiblement exposé, investissant uniquement « dans des actifs de haute qualité ».
  • L’inflation persistante, notamment en Iran, et la volatilité des taux d’intérêt pourraient aggraver la situation, selon les propos rapportés par BFM Business.
  • Le dirigeant a appelé les banques centrales et les gouvernements à adopter des mesures pour soutenir le secteur, évoquant la nécessité de maintenir des politiques monétaires accommodantes.
  • Contrairement à la crise de 2008, Buberl exclut un risque systémique, mais reconnaît la possibilité de turbulences pour les acteurs du marché.

Un marché en expansion, mais sous haute surveillance

Le crédit privé, ces prêts accordés en dehors du système bancaire traditionnel, représente aujourd’hui un enjeu majeur pour la stabilité financière mondiale. D’après BFM Business, ce marché, qui a connu une croissance soutenue ces dernières années, suscite désormais des inquiétudes quant à sa capacité à absorber d’éventuels chocs. Thomas Buberl, dont le groupe Axa investit dans des actifs « de qualité », a reconnu que les risques existent, même si son entreprise s’efforce de les limiter. « Ce qui se passe en Iran ne va pas aider », a-t-il déclaré, évoquant l’impact de l’inflation et des tensions géopolitiques sur la dette privée. Ces propos interviennent alors que plusieurs fournisseurs automobiles américains, financés par ce type de prêts, ont récemment fait faillite.

Des « cafards » financiers qui menacent les portefeuilles

La métaphore utilisée par Jamie Dimon, PDG de JPMorgan Chase, lors de son intervention fin février 2026 résume bien les craintes des observateurs : « Quand vous voyez un cafard, il y en a probablement d’autres. » Selon lui, les faillites en cascade de petites entreprises, souvent soutenues par des financements privés, pourraient contaminer les fonds d’investissement et les assureurs exposés à ces actifs. Ces « cafards », comme les désigne Dimon, pourraient ainsi détruire de la valeur dans des portefeuilles déjà fragilisés par un environnement économique incertain. Le marché du crédit privé, autrefois perçu comme une alternative stable, révèle aujourd’hui ses vulnérabilités.

Un appel à l’action des autorités pour éviter un atterrissage brutal

Face à ce tableau préoccupant, Thomas Buberl a plaidé pour une intervention rapide des banques centrales et des gouvernements afin d’éviter un « crash » brutal. « Quelle sera la politique de la banque centrale ? On le sait : plus elle est accommodante, plus on pourra viser un soft landing », a-t-il expliqué. Une référence claire à la nécessité de maintenir des taux bas pour soutenir les acteurs du marché. Cette position pourrait entrer en contradiction avec les objectifs de lutte contre l’inflation défendus par les banques centrales, comme la Banque centrale européenne (BCE). Buberl a également souligné l’importance des politiques budgétaires : « L’autre question, ce sont les taux d’intérêt à court terme », a-t-il indiqué, suggérant que les gouvernements pourraient jouer un rôle en rassurant les marchés via une gestion rigoureuse des finances publiques.

Un scénario catastrophe évité, mais des risques persistants

Si Thomas Buberl exclut l’hypothèse d’un scénario à la 2008, où la crise des subprimes avait plongé l’économie mondiale dans le chaos, il admet que des turbulences locales ou sectorielles ne sont pas à écarter. « Je ne crois pas à un risque systémique comme les banques en 2008. On a vu par le passé que les gouvernements et les banques centrales ont toujours réussi à accompagner le marché », a-t-il rassuré. Pourtant, l’histoire récente montre que les crises financières naissent souvent de vulnérabilités mal anticipées. Les acteurs du marché, qu’ils soient fonds d’investissement ou assureurs, devront donc redoubler de vigilance pour éviter que des faillites en cascade ne fragilisent l’ensemble du système.

Et maintenant ?

Les prochaines semaines pourraient être décisives. La BCE, sous pression pour maintenir ses taux bas, devra arbitrer entre soutien à la croissance et lutte contre l’inflation. De son côté, le gouvernement français, comme d’autres États européens, pourrait être amené à préciser sa politique budgétaire pour rassurer les marchés. Une réunion des principaux régulateurs financiers est attendue d’ici fin mai 2026 pour évaluer les risques liés au crédit privé. En attendant, les investisseurs surveilleront de près les indicateurs économiques, notamment en Iran et aux États-Unis, où plusieurs faillites sectorielles ont déjà été enregistrées.

Reste à voir si les appels à la prudence lancés par Thomas Buberl et d’autres dirigeants parviendront à éviter une crise majeure. Dans un contexte où les dettes privées se multiplient et où les taux restent élevés, le scénario d’un atterrissage en douceur semble de plus en plus fragile. Les prochains mois diront si le secteur saura tirer les leçons des erreurs passées.

Le crédit privé désigne des prêts accordés par des acteurs financiers non bancaires à des entreprises, en dehors du système bancaire traditionnel. Ce marché, estimé à 1 700 milliards de dollars, connaît une croissance rapide, mais suscite des craintes en raison des risques de faillites en cascade, comme celles observées récemment chez des fournisseurs automobiles américains. Ces défaillances pourraient contaminer les fonds d’investissement et les assureurs exposés à ces actifs, selon les alertes lancées par des dirigeants comme Thomas Buberl (Axa) ou Jamie Dimon (JPMorgan Chase).