Un an jour pour jour après le décès de l’ailier fidjien Josaia Raisuqe, survenu le 8 mai 2025 au passage à niveau près de Castres, l’ancien arrière et désormais entraîneur du Castres Olympique, Julien Dumora, s’est confié pour la première fois sur les circonstances tragiques de cet accident, selon RMC Sport. Ce drame, qui a également impliqué le pilier Antoine Tichit, a laissé une empreinte indélébile au sein du club et parmi ses coéquipiers, toujours marqués par cette perte.

Ce qu'il faut retenir

  • 8 mai 2025 : Josaia Raisuqe trouve la mort dans un accident au passage à niveau de Castres, où les barrières étaient baissées.
  • Julien Dumora, présent sur les lieux quelques secondes après l’accident, décrit une scène « lunaire » et un traumatisme profond.
  • Antoine Tichit, également témoin de l’accident, a été soutenu par Dumora pour éviter qu’il ne voie davantage la scène.
  • Culpabilité et deuil : Dumora évoque un sentiment de culpabilité initial, rapidement atténué par le dialogue et le soutien psychologique.
  • Cérémonies et hommages : Une cérémonie au stade Pierre-Fabre et un match reporté à Bordeaux ont marqué la mémoire collective du club.
  • Mémoire de Josaia Raisuqe : Son souvenir perdure au sein du groupe, notamment à travers des chants fidjiens et des hommages symboliques.

L’arrivée sur les lieux, un choc immédiat

Julien Dumora raconte avoir découvert la scène quelques secondes après l’accident, alors qu’il se rendait à l’entraînement ce matin du 8 mai 2025. « Je n’ai pas vu ce qu’il s’est passé. Je n’ai pas tout de suite compris », explique-t-il. Arrivé sur place, il constate l’implication d’une voiture et d’un train, sans savoir immédiatement que Josaia Raisuqe en était la victime. « C’était une scène lunaire. Jamais je n’aurais pu penser vivre ça avec un coéquipier », confie-t-il. C’est Antoine Tichit, déjà présent, qui lui confirme l’identité du défunt. Dumora évoque alors un moment de sidération, suivi d’une course contre la montre pour localiser le véhicule et comprendre l’ampleur du drame.

La confirmation du décès, un moment de bascule

Le drame prend une dimension encore plus personnelle lorsque Dumora reconnaît la voiture de Raisuqe. « J’ai découvert Josaia. C’était un moment très difficile, surtout quand c’est un copain à toi », précise-t-il. Malgré son statut de pompier volontaire, la proximité avec la victime rend l’expérience d’autant plus éprouvante. « Il y a de tout. On ne comprend pas au début. Et après, quand on se rend compte de ce qui s’est passé et du décès, c’est forcément très compliqué. » Dumora a alors choisi de tenir Antoine Tichit à distance, conscient que ce dernier avait assisté à l’accident et en était profondément marqué.

La culpabilité, une ombre persistante

Comme souvent dans ce type de traumatisme, un sentiment de culpabilité a émergé chez Dumora. « La culpabilité, bien sûr qu’au début je l’ai eue. Qu’est-ce que j’aurais pu faire ? Comment j’aurais pu l’aider ? », interroge-t-il. Bien qu’il sache qu’aucune action supplémentaire n’aurait pu changer le cours des événements, cette question a pesé sur lui. « Ça a été difficile de l’appréhender, de passer outre. Le fait d’en discuter m’a permis d’avancer, petit à petit. » Aujourd’hui, ce sentiment s’est estompé, mais le souvenir reste ancré. « C’est un moment qui restera forcément dans ma tête à vie. »

Le soutien des coéquipiers et la culture fidjienne

Dans les heures et les jours qui ont suivi, le groupe s’est soudé autour de cette épreuve. Les moments partagés, entre larmes et chants, ont permis à chacun de se rapprocher. « On a passé beaucoup de moments ensemble. Beaucoup de tristesse, forcément, mais le fait de se retrouver a permis à chacun de se consoler », souligne Dumora. Les coéquipiers fidjiens, notamment, ont ouvert les portes de leur culture et de leurs traditions pour accompagner le deuil. « Ils nous ont montré comment ils vivaient ces moments. Ce n’était pas triste pour eux, mais plutôt convivial et joyeux. Leur façon de faire nous a aidés à relativiser et à avancer. » Une maison à Castres, celle de Waisale Sukanaveita, est devenue un lieu de rassemblement ouvert jour et nuit, où chacun pouvait venir trouver du réconfort.

Les hommages, entre émotion et résilience

Deux événements symboliques ont marqué la mémoire collective : une cérémonie au stade Pierre-Fabre, quelques jours après le drame, et un match reporté à Bordeaux contre Clermont, joué en hommage à Raisuqe. « On avait commencé à reprendre des chants fidjiens avec le groupe, et les Bordelais sont venus. Ça a été un moment de communion, où tout le monde a pu extérioriser sa tristesse et sa colère », explique Dumora. Ce match, bien que perdu, a permis au groupe de tourner une page ensemble, avec la volonté de honorer la mémoire du défunt sur le terrain.

La mémoire de Josaia Raisuqe, toujours vivante

Plus d’un an après, Josaia Raisuqe reste présent au quotidien du club. Une photo de lui orne désormais la salle de vie, et des chants en son honneur sont parfois entonnés. Sa compagne, Ilona, prépare également des hommages pour l’anniversaire de sa disparition. « On essaie de faire perdurer sa mémoire. C’est quelqu’un qui comptait énormément pour nous », insiste Dumora. Les Fidjiens, avec leur approche du deuil, ont inspiré le groupe à voir la vie continuer. « Pour eux, la vie ne s’arrête pas. Ils croient que Josh est toujours parmi nous. Ça nous a aidés à relativiser. » Dumora, lui, retourne régulièrement sur les lieux de l’accident. « Ça m’aide à continuer de penser à lui. C’est quelqu’un qui est forcément dans mes pensées, très régulièrement. »

Et maintenant ?

Un an après ce drame, le Castres Olympique a entamé une nouvelle saison, mais l’empreinte de Josaia Raisuqe plane toujours sur le groupe. Pour l’avenir, le club pourrait organiser de nouveaux hommages, notamment lors des matchs à venir, afin de perpétuer sa mémoire. La compagne du joueur, Ilona, devrait également mettre en place des initiatives pour honorer son héritage, selon les informations rapportées par RMC Sport. Le défi pour le groupe restera de transformer cette douleur en force collective, comme ils l’ont fait jusqu’à présent.

Un joueur et une personne inoubliable

Au-delà des statistiques, Josaia Raisuqe était avant tout un rayon de soleil pour le groupe. « Sur le terrain, c’était un joueur extraordinaire, avec des capacités physiques hors normes. Il a brillé à plusieurs postes, ailier ou troisième ligne », souligne Dumora. Mais c’est aussi sa personnalité qui marquait : « Toujours de bonne humeur, positif, il aidait à relativiser dans les défaites. Quelqu’un de très important dans notre groupe. Tout le monde avait de très bons rapports avec lui. » Son décès a rappelé à tous l’importance des liens humains dans le sport professionnel, bien au-delà des résultats.

Deux événements principaux ont marqué les hommages : une cérémonie au stade Pierre-Fabre, quelques jours après le drame, et un match reporté à Bordeaux contre Clermont, joué en sa mémoire. Lors de ce match, les joueurs ont entonné des chants fidjiens, et le public bordelais a participé à ce moment de communion collective.

Les coéquipiers se sont rapprochés autour de cette épreuve, partageant des moments de tristesse mais aussi de solidarité. Les Fidjiens du groupe ont particulièrement marqué les esprits en ouvrant les portes de leur culture et de leurs traditions, notamment à travers des chants et des rassemblements conviviaux. Une maison à Castres est devenue un lieu de rencontre permanent pour ceux qui souhaitaient se recueillir ou discuter.