Le constructeur automobile français Stellantis et le groupe chinois Leapmotor sont actuellement en discussions pour un partenariat industriel visant à optimiser l’utilisation de ses sites de production en Espagne. Selon Le Monde, cette collaboration s’inscrit dans une stratégie de rattrapage pour les usines espagnoles, dont la capacité actuelle dépasse largement la demande, laissant ces sites en sous-régime.
Ce qu'il faut retenir
- Partenariat en négociation entre Stellantis et Leapmotor pour exploiter les usines espagnoles sous-utilisées
- Objectif : compenser la sous-utilisation des sites industriels en Espagne, dont la capacité dépasse la demande
- Leapmotor, constructeur chinois en croissance, pourrait apporter une demande supplémentaire aux sites européens
- Les discussions sont encore en phase exploratoire et n’ont pas abouti à un accord formel
Les usines espagnoles de Stellantis, dont certaines sont implantées à Vigo et à Madrid, souffrent d’un outil industriel surdimensionné par rapport au marché actuel. Ces sites, autrefois pleinement opérationnels, peinent aujourd’hui à tourner à pleine capacité en raison d’une demande automobile en ralentissement en Europe. Côté Stellantis, la priorité est claire : il s’agit de maximiser l’utilisation de ces installations pour éviter des fermetures ou des réductions d’effectifs. « Nous cherchons des solutions pour dynamiser nos sites, et un partenariat avec un acteur comme Leapmotor pourrait apporter une réponse concrète », a indiqué un porte-parole du groupe français, sans préciser de détails opérationnels.
De son côté, Leapmotor, qui s’est imposé comme un acteur majeur du marché chinois avec des ventes en forte hausse, cherche à étendre sa présence en Europe. Le constructeur chinois, connu pour ses véhicules électriques et hybrides, pourrait ainsi bénéficier d’une capacité de production locale pour contourner les barrières douanières et répondre plus rapidement à la demande européenne. Selon des sources proches du dossier, les discussions portent notamment sur la production de modèles adaptés au marché européen, mais aucun accord n’a encore été formalisé. « Nous étudions toutes les options pour accélérer notre expansion en Europe, et un partenariat industriel avec Stellantis pourrait être une piste sérieuse », a déclaré un responsable de Leapmotor sous couvert d’anonymat.
Un contexte industriel tendu en Europe
Cette initiative s’inscrit dans un contexte plus large de restructuration du secteur automobile européen. Les constructeurs font face à une demande en baisse, notamment sur les véhicules thermiques, et à une concurrence accrue des modèles électriques chinois, souvent moins chers. Stellantis, qui a déjà annoncé des plans de réduction de coûts et des restructurations dans plusieurs de ses usines européennes, mise sur des alliances stratégiques pour préserver ses sites. En Espagne, où le secteur automobile représente près de 10 % du PIB industriel, la situation est particulièrement surveillée par les autorités locales, qui craignent des suppressions d’emplois.
Les syndicats, de leur côté, suivent de près ces négociations. « Toute solution qui permettrait de maintenir l’emploi et l’activité en Espagne est bonne à prendre, mais nous exigeons la transparence sur les engagements des deux groupes », a réagi un représentant de la CGT dans la région de Vigo. Pour l’heure, Stellantis n’a pas communiqué de chiffres précis concernant le taux d’utilisation actuel de ses usines espagnoles, mais selon des estimations internes citées par Le Monde, certaines lignes de production fonctionneraient à moins de 60 % de leur capacité.
Quoi qu’il en soit, cette collaboration illustre la nouvelle donne industrielle en Europe, où les constructeurs doivent désormais composer avec des partenaires internationaux pour survivre dans un marché de plus en plus concurrentiel. Une chose est sûre : en Espagne, l’enjeu dépasse le simple cadre économique — il s’agit aussi de préserver des milliers d’emplois dans une région déjà fragilisée par les mutations du secteur.
La demande automobile en Espagne reste en dessous de ses niveaux d’avant-crise, avec une baisse des immatriculations de véhicules thermiques et une progression modérée des modèles électriques et hybrides. Selon les dernières données de l’ANFAC (Association nationale des fabricants automobiles), le marché espagnol a enregistré une baisse de 3,5 % en 2025 par rapport à 2024, confirmant un ralentissement persistant.
Oui, Leapmotor est déjà présent en Europe via des importations de véhicules, principalement en Allemagne, en France et aux Pays-Bas. Cependant, il ne dispose pas encore de sites de production locaux, ce qui limite ses parts de marché sur le continent. Un partenariat avec Stellantis pourrait lui permettre de contourner cette limite.