Le président cubain Miguel Díaz-Canel a annoncé, vendredi 12 juin 2026, un élargissement des activités autorisées pour les entreprises privées sur l’île. Cette mesure s’inscrit dans le cadre d’un « groupe de priorités » économiques actuellement étudié par le gouvernement, visant à atténuer les effets d’une crise économique profonde qui frappe le pays.
Selon France 24, cette décision marque une nouvelle étape dans l’ouverture progressive de l’économie cubaine, traditionnellement marquée par un secteur public dominant. Elle intervient alors que Cuba fait face à des difficultés accrues, aggravées par des tensions géopolitiques et des restrictions budgétaires sévères.
Ce qu'il faut retenir
- Le président Miguel Díaz-Canel a annoncé, le vendredi 12 juin 2026, un élargissement des activités autorisées pour les entreprises privées à Cuba.
- Cette mesure s’inscrit dans un « groupe de priorités » économiques destiné à répondre à la crise que traverse le pays.
- Cuba fait face à une grave crise économique, aggravée par des contraintes budgétaires et des tensions géopolitiques.
Une économie en tension
Depuis plusieurs années, Cuba subit les conséquences d’un modèle économique centralisé, dont les faiblesses structurelles ont été exacerbées par la pandémie de Covid-19 et les sanctions américaines. Le pays, dépendant en grande partie des importations pour sa consommation intérieure, peine à trouver des solutions durables pour relancer sa croissance. Les pénuries de denrées alimentaires, de carburant et de médicaments se sont multipliées, poussant les autorités à revoir certaines de leurs positions.
Dans ce contexte, l’ouverture aux entreprises privées est présentée comme un levier pour dynamiser l’économie. Jusqu’à présent, le secteur privé était soumis à des restrictions importantes, limitant son rôle à des activités marginales. Cette réforme pourrait donc permettre une plus grande diversification des revenus et une meilleure allocation des ressources.
Les contours de la réforme
Les détails précis des activités désormais autorisées n’ont pas encore été communiqués par les autorités. Cependant, selon les informations relayées par France 24, cette mesure s’inscrit dans une logique de ciblage sectoriel. Le gouvernement cubain aurait identifié des domaines prioritaires où l’implication du secteur privé pourrait apporter une réponse rapide aux besoins de la population.
Parmi les pistes évoquées, on retrouve des secteurs comme l’agriculture, les services à la personne ou encore les petites industries locales. L’objectif affiché est de réduire la dépendance aux importations tout en créant des emplois. Cette réforme s’ajoute à d’autres initiatives récentes, comme la simplification des procédures administratives pour les entrepreneurs, déjà annoncée en 2025.
Un changement progressif mais limité
Malgré cette avancée, les observateurs soulignent que l’ouverture reste prudente. Le Parti communiste cubain, qui dirige toujours le pays, conserve un contrôle strict sur les leviers économiques majeurs. Les réformes engagées visent davantage à compléter le modèle existant qu’à le transformer radicalement.
Par ailleurs, la question de la propriété privée des terres agricoles, encore largement collectivisées, n’est pas directement abordée dans cette annonce. De même, les restrictions sur les investissements étrangers dans certains secteurs clés devraient persister, limitant ainsi l’impact potentiel de cette libéralisation.
Cette ouverture, si elle se confirme, pourrait offrir un espoir supplémentaire aux Cubains, confrontés depuis des années à des difficultés quotidiennes. Cependant, son succès dépendra largement de sa mise en œuvre concrète et de la capacité des autorités à lever les obstacles bureaucratiques persistants.