Cuba traverse une crise énergétique sans précédent, avec des réservoirs de carburant totalement vides, a annoncé le gouvernement cubain cette semaine. Jeudi 14 mai 2026, le président Miguel Díaz-Canel a interpellé les États-Unis pour qu’ils lèvent leur blocus énergétique imposé depuis janvier 2026. Cette situation intervient alors que La Havane avait fait part, quelques heures plus tôt, de sa volonté d’étudier une offre d’aide américaine de 100 millions de dollars, jugée cependant « immorale » par certains observateurs. Selon RFI, cette offre soulève des tensions entre les besoins immédiats de la population et les conditions politiques imposées par Washington.

Ce qu'il faut retenir

  • Les réservoirs de carburant à Cuba sont vides, a confirmé le gouvernement cubain en mai 2026.
  • Le président Miguel Díaz-Canel a appelé, le 14 mai 2026, à la levée du blocus énergétique américain en vigueur depuis janvier 2026.
  • Washington a proposé un plan d’aide de 100 millions de dollars, que Cuba était prêt à examiner.
  • Un économiste cubain, Omar Everleny, a qualifié cette offre d’« immorale » en raison du maintien du blocus.

Une crise énergétique aux conséquences multiples

La situation à Cuba s’aggrave chaque jour, avec des files d’attente interminables dans les stations-service et des coupures d’électricité fréquentes. Selon le gouvernement, l’approvisionnement en carburant est tombé à zéro, paralysant transports et activités économiques. Les autorités cubaines ont souligné que cette pénurie est directement liée à l’application stricte du blocus américain, qui limite l’accès de l’île aux importations de pétrole et de produits raffinés. « Sans levée immédiate des sanctions, la situation ne peut que se dégrader », a rappelé un responsable ministériel sous couvert d’anonymat.

Washington propose une aide financière… mais à quel prix ?

Jeudi 14 mai, le département d’État américain a annoncé un plan d’aide de 100 millions de dollars destiné à atténuer la crise. Cette proposition, bien que chiffrée, reste conditionnée par des exigences politiques non précisées par Washington. « Nous sommes prêts à discuter de cette offre, mais elle doit s’inscrire dans un cadre qui ne renforce pas notre dépendance », a indiqué un porte-parole du gouvernement cubain. Cependant, cette perspective est loin de faire l’unanimité. Pour l’économiste Omar Everleny, cette aide est « immorale » tant que le blocus persiste. « Comment accepter une aide qui ne remet pas en cause l’embargo ? Cela revient à accepter l’inacceptable », a-t-il déclaré à RFI.

Un blocus énergétique qui pèse depuis des décennies

Le blocus américain contre Cuba, instauré en 1962 et renforcé au fil des décennies, vise notamment à restreindre l’accès de l’île aux ressources énergétiques. Depuis janvier 2026, les sanctions ont été durcies, limitant les importations de pétrole et compliquant les transactions financières. « Cette mesure aggrave une crise déjà structurelle, en empêchant Cuba de s’approvisionner sur les marchés internationaux », explique un analyste spécialisé dans les questions latino-américaines. Malgré les appels répétés de La Havane à lever ces restrictions, Washington maintient sa position, invoquant des raisons liées à la démocratie et aux droits de l’homme.

Et maintenant ?

Plusieurs scénarios pourraient se dessiner dans les prochaines semaines. D’un côté, les autorités cubaines pourraient durcir leur ton face à Washington, en refusant toute aide conditionnelle. De l’autre, des négociations discrètes pourraient s’engager pour trouver un compromis, même si les positions semblent pour l’instant très éloignées. Une réunion du Conseil de sécurité de l’ONU, prévue le 25 mai 2026, pourrait relancer le débat sur la levée partielle du blocus. Reste à voir si les États-Unis feront des gestes concrets d’ici là.

Pour l’instant, la population cubaine continue de subir les conséquences de cette crise, avec des pénuries qui s’étendent à d’autres secteurs essentiels. Sans solution rapide, le mécontentement pourrait s’amplifier, mettant davantage sous pression le gouvernement de Díaz-Canel.