Le ministre de la Transition écologique, Mathieu Lefèvre, était en déplacement ce vendredi 15 mai 2026 au Marineland d’Antibes (Alpes-Maritimes) pour évoquer le sort des deux dernières orques encore détenues dans ce parc aquatique. Comme le rapporte Ouest France, le gouvernement français a annoncé vouloir les transférer « au plus vite » vers un parc aquatique situé à Tenerife, dans les îles Canaries, une décision qui suscite déjà de vives critiques parmi les associations de défense des animaux.

Ce qu'il faut retenir

  • Le ministre Mathieu Lefèvre s’est rendu au Marineland d’Antibes le 15 mai 2026 pour discuter de l’avenir des deux dernières orques du parc.
  • Le gouvernement propose leur transfert vers un parc aquatique à Tenerife (îles Canaries), afin de respecter une logique de « protection et de bien-être animal ».
  • Cette annonce a immédiatement provoqué une levée de boucliers de la part des défenseurs des animaux, qui dénoncent des conditions de captivité inadaptées.

Un déplacement ministériel pour acter une décision controversée

Accompagné d’une délégation gouvernementale, Mathieu Lefèvre a confirmé hier que la France souhaitait accélérer le processus de transfert des deux orques vers l’Espagne. Le ministre a justifié cette décision en invoquant « la nécessité de garantir un environnement adapté à leur espèce, dans un cadre réglementaire strict ». Pourtant, les défenseurs des animaux y voient une opération de « camouflage » des conditions de captivité actuelles, loin des standards de bien-être animal.

Ce déplacement, organisé à quelques jours d’une possible annonce officielle, intervient dans un contexte de pression croissante sur les parcs aquatiques français. Plusieurs élus locaux et associations dénoncent depuis des années les conditions de vie des cétacés dans ces structures, appelant à leur libération ou à leur transfert vers des sanctuaires marins.

Les Canaries, nouvelle destination pour les orques françaises ?

Le choix des îles Canaries comme destination n’est pas anodin. Le parc aquatique Loro Parque, situé à Tenerife, accueille déjà plusieurs orques et dispose d’infrastructures similaires à celles de Marineland. Selon les informations d’Ouest France, les autorités françaises ont entamé des discussions avec les responsables espagnols pour organiser ce transfert dans les meilleurs délais. Aucune date précise n’a encore été communiquée, mais le gouvernement a indiqué vouloir agir « sans délai inutile ».

Pour les défenseurs des animaux, ce transfert ne résout en rien la question centrale : celle de la détention à perpétuité de ces cétacés. Les associations, comme One Voice ou CETA26, rappellent que les orques sont des animaux sociaux et migrateurs, dont la captivité est incompatible avec leur bien-être. « Envoyer ces orques dans un autre parc, même sous d’autres cieux, ne changera rien à leur enfermement », a réagi Laureline Berthelot, porte-parole de CETA26, contactée par Ouest France.

« Nous ne pouvons pas nous contenter de déplacer le problème. La solution, c’est la fin de la captivité des orques en France. »
Laureline Berthelot, porte-parole de CETA26

Et maintenant ?

Le transfert des deux orques vers les Canaries devra encore obtenir l’aval des autorités espagnoles, un processus qui pourrait prendre plusieurs semaines. Dans l’immédiat, le gouvernement français a indiqué qu’il maintiendrait son soutien à Marineland, tout en insistant sur la nécessité de « respecter les normes européennes en matière de bien-être animal ». Une nouvelle réunion est prévue d’ici la fin du mois de mai pour finaliser les modalités du transfert. Reste à savoir si cette décision apaisera les tensions ou, au contraire, attisera les critiques des associations.

En attendant, les deux orques, dont les noms n’ont pas été dévoilés, continuent de vivre dans les bassins d’Antibes, sous haute surveillance vétérinaire. Leur avenir dépendra désormais des négociations en cours entre Paris et Madrid, mais aussi de la capacité des défenseurs des animaux à faire entendre leur voix.

Le parc aquatique Loro Parque, situé à Tenerife, dispose déjà d’infrastructures adaptées à l’accueil d’orques. De plus, l’Espagne, en tant que membre de l’Union européenne, applique des normes similaires à celles de la France en matière de protection animale, ce qui facilite les échanges entre les deux pays.