Alors que les tentatives de cyberattaques se multiplient et se sophistiquent, le secteur de la cybersécurité enregistre une demande historique. Selon Capital, les besoins en protection informatique n’ont jamais été aussi élevés, portés par l’industrialisation du cybercrime et l’essor de l’intelligence artificielle. Une dynamique qui interroge les investisseurs boursiers, alors que les valorisations du secteur subissent une correction récente.
Ce qu'il faut retenir
- Le coût global de la cybercriminalité pourrait atteindre 10 000 milliards de dollars en 2025, incluant pertes financières, rançons et interruptions d’activité, selon les estimations rapportées par Capital.
- Le nombre d’attaques utilisant l’IA a bondi de 89 % en 2025, illustrant l’automatisation croissante des offensives malveillantes.
- L’indicateur thématique Galilee (ITG) Cybersécurité affiche un recul de -3,7 % depuis le début de l’année 2026, malgré des fondamentaux solides.
- Les entreprises emblématiques comme Palo Alto Networks, CrowdStrike et Fortinet restent des valeurs de référence pour les investisseurs souhaitant s’exposer à ce secteur.
- Les fonds et ETF spécialisés, tels que le Pictet Security ou l’ETF iShares Digital Security, offrent une exposition diversifiée à la thématique.
Une industrie criminelle en pleine mutation
Les cybercriminels ont transformé leurs pratiques en une véritable industrie, structurée et accessible. Selon Capital, le développement du Cybercrime-as-a-Service (CaaS) permet désormais de louer ou d’acheter des outils malveillants, des infrastructures ou des kits d’attaque prêts à l’emploi. Cette mutation s’accompagne de l’émergence de modèles économiques criminels inspirés du SaaS traditionnel, comme le Ransomware-as-a-Service (RaaS) ou le Phishing-as-a-Service (PhaaS). « Derrière ces pratiques devenues presque banales se cache une réalité bien plus structurante : le cybercrime s’est transformé en une véritable industrie », a déclaré Aurélien Lux, analyste financier chez Galilee AM, cité par Capital.
Les chiffres témoignent de l’ampleur du phénomène. Le coût global de la cybercriminalité, incluant les pertes financières, les rançons, les interruptions d’activité et les coûts de remédiation, pourrait atteindre 10 000 milliards de dollars en 2025. Une somme colossale qui illustre l’urgence de renforcer les dispositifs de protection.
L’intelligence artificielle, accélérateur des cybermenaces
L’intelligence artificielle joue un rôle double dans ce paysage. Si elle renforce les défenses des entreprises, elle accélère également les offensives malveillantes. D’après Capital, le nombre d’attaques menées à l’aide de l’IA a augmenté de 89 % en 2025, signe d’une automatisation croissante des cyberattaques. Cette évolution technologique rebat les cartes, tant pour les cybercriminels que pour les acteurs de la cybersécurité. « L’émergence de nouveaux modèles, portée par des acteurs comme Anthropic, nourrit l’idée d’une rupture technologique susceptible de rebattre les cartes », a précisé Aurélien Lux.
Pour autant, cette dynamique ne remet pas en cause les fondamentaux du secteur. La montée en puissance de l’IA, la démocratisation des data centers et la dispersion géographique du stockage des données renforcent structurellement les besoins en cyberdéfense. « La mutation en cours crée un appel d’air durable pour les acteurs du secteur », a souligné l’analyste.
Un désamour boursier contrastant avec les perspectives réelles
Malgré un contexte opérationnel porteur, les actions du secteur de la cybersécurité traversent une période de turbulences boursières. Depuis le début de l’année 2026, l’indicateur thématique Galilee (ITG) Cybersécurité enregistre un repli de -3,7 %, en deçà des attentes des investisseurs. Cette correction s’explique en partie par les interrogations sur la capacité du secteur à négocier le virage de l’IA. Pourtant, les indicateurs de croissance restent solides : le chiffre d’affaires affiche une progression annualisée de +11 % sur trois ans, tandis que les bénéfices par action progressent de +23 %.
Avec un PER (Price Earnings Ratio) estimé autour de 22 fois et une volatilité sur un an de 23 %, le segment conserve un profil typique de croissance. « Le repli récent des valorisations pourrait constituer un point d’entrée intéressant pour les investisseurs », a jugé Aurélien Lux. Une analyse qui contraste avec le pessimisme actuel du marché.
Comment investir dans la cybersécurité en 2026 ?
Pour les investisseurs souhaitant s’exposer à ce secteur, plusieurs approches sont possibles. Les adeptes du stock picking peuvent se tourner vers des valeurs emblématiques comme Palo Alto Networks, CrowdStrike ou Fortinet, reconnues pour leur expertise dans la protection des infrastructures critiques. Ces entreprises, leaders sur leur marché, offrent une exposition directe aux enjeux de la cybersécurité moderne.
Pour ceux privilégiant une approche diversifiée, les fonds et ETF spécialisés représentent une alternative intéressante. Le fonds Pictet Security ou l’ETF iShares Digital Security permettent de capter le potentiel de la thématique sans concentrer les risques sur quelques titres. Une solution adaptée aux investisseurs souhaitant limiter leur exposition aux fluctuations individuelles des actions.
— Pour aller plus loin : Capital propose une lettre d’investissement, Momentum, basée sur l’analyse technique et financière. Les abonnés bénéficient de recommandations quotidiennes sur les actions, avec une offre promotionnelle de cinq mois offerts pour un abonnement d’un an.
La cybersécurité reste un enjeu majeur pour les entreprises et les États, dans un monde de plus en plus connecté. Alors que les attaques se complexifient, les besoins en protection ne devraient cesser de croître. Une dynamique qui pourrait, à terme, effacer les doutes actuels des investisseurs.
Les actions de cybersécurité présentent plusieurs risques : une volatilité élevée, liée aux fluctuations des marchés et aux incertitudes technologiques, ainsi qu’une exposition aux cycles économiques. Le secteur est également sensible aux évolutions réglementaires et à la concurrence accrue, notamment avec l’émergence de nouveaux acteurs. Enfin, la dépendance à l’innovation technologique peut représenter un défi pour les entreprises en retard sur les tendances.
Non, l’IA ne remplacera pas les experts en cybersécurité, mais elle transformera leurs missions. L’automatisation des tâches répétitives et la détection des menaces en temps réel permettront aux professionnels de se concentrer sur des analyses plus stratégiques. L’IA devient ainsi un outil complémentaire, essentiel pour répondre à l’augmentation du volume et de la complexité des cyberattaques.