Le Français Cyrian Ravet, triple champion d’Europe de taekwondo en moins de 57 kg, a remporté une médaille d’argent dans la catégorie des moins de 63 kg lors des Championnats d’Europe disputés à Munich ce mercredi 14 mai 2026. Malgré une fracture à la main et une autre au pied, le Lyonnais a livré des combats intenses, s’inclinant en finale face au Norvégien Kristian Borgen (2-0). Une performance qui confirme son statut de prétendant sérieux pour les Jeux Olympiques de Los Angeles en 2028, selon RMC Sport.
Ce qu’il faut retenir
- Cyrian Ravet remporte l’argent en moins de 63 kg aux Championnats d’Europe 2026 malgré deux fractures.
- Il s’incline en finale contre le Norvégien Kristian Borgen (2-0), tête de série numéro 1.
- Le Français a enchaîné cinq combats difficiles, dont une victoire en deux rounds face au Polonais Safaryn et un succès serré en demi-finale contre le Hongrois Omar Gergely Salim.
- Ravet avait déjà atteint la finale l’an passé dans cette catégorie, avant de s’incliner face à un Chinois en quart de finale des Mondiaux.
- La Française Magda Wiet-Hénin a également remporté le bronze en moins de 73 kg, malgré une blessure à la main.
Un parcours semé d’embûches et de rebondissements
Dès son entrée en lice, Cyrian Ravet a dû composer avec des adversaires expérimentés. Face à l’Azerbaïdjanais Maharamli, il était mené de trois points à trois secondes du terme du premier round. Un dernier coup de pied à la tête lui a permis de s’imposer d’un seul point (4-3), avant de dominer la deuxième manche pour s’offrir un ticket en quart de finale. « C’était une journée intense, du premier combat que je gagne à la dernière seconde jusqu’à la finale. Chaque seconde comptait. Tous les combats étaient super compliqués », a-t-il déclaré après sa victoire.
Il a ensuite disposé du Polonais Safaryn en deux rounds expéditifs, puis a retrouvé l’Espagnol Yunta, qu’il avait déjà battu en finale d’un précédent Euro. En demi-finale, Ravet a affronté le Hongrois Omar Gergely Salim, fils d’un champion olympique 1992 et lui-même champion du monde 2022. Une défaite face à ce même adversaire l’avait privé de participation aux Jeux de Tokyo en 2020. Cette fois, le Français a renversé la tendance après avoir perdu la première manche, en dominant les débats lors du tie-break pour l’emporter 2-1.
Une finale jouée dans la douleur
Malgré ses blessures, Cyrian Ravet a choisi de s’aligner en finale. « Cette finale, j’y suis allé mais je ne devrais pas la faire. J’y suis allé avec le pied cassé et la main cassée. Peut-être que je n’aurais pas dû participer », a-t-il confié. Affaibli, il n’a pu rivaliser avec le Norvégien Kristian Borgen, numéro un mondial, qui l’a battu sans discussion (2-0). « Honnêtement, avec mes blessures, ça ne s’est pas si mal passé que ça. Ça s’est mal passé, mais dans le mal, il y a eu du bien. J’ai pu terminer la finale alors que je ne pouvais pas marcher avant de monter sur le tapis », a-t-il souligné.
Ravet, qui avait déjà glané une médaille mondiale en 2023 en moins de 63 kg, confirme ainsi sa régularité dans cette catégorie. Sa transition depuis les moins de 57 kg, où il était triple champion d’Europe, semble désormais bien engagée. « De très beaux présages », a-t-il commenté, évoquant aussi la performance de sa compatriote Magda Wiet-Hénin, médaillée de bronze en moins de 73 kg malgré une main blessée.
Un parcours olympique en ligne de mire
Pour Cyrian Ravet, l’objectif principal reste désormais la qualification pour les Jeux de Los Angeles 2028. La route passera d’abord par les Championnats du monde en 2027, suivis des épreuves qualificatives (TQO) courant 2028. « La course olympique s’élancera l’an prochain avec les Mondiaux, puis les TQO », a-t-il rappelé. Une échéance qui s’annonce d’autant plus complexe que la concurrence s’annonce féroce, notamment avec des athlètes comme le Hongrois Omar Gergely Salim ou le Norvégien Borgen.
Ravet, qui avait déjà marqué les esprits lors des JO de Paris 2024 en remportant une médaille, voit dans cette médaille d’argent européenne une étape vers de nouveaux défis. « Tous les combats étaient super compliqués. La moitié de mes adversaires avaient déjà participé aux Jeux Olympiques », a-t-il expliqué, soulignant la difficulté du niveau en taekwondo européen actuel.
Une chose est sûre : malgré les blessures, le taekwondo français confirme son statut de puissance européenne. Reste à savoir si cette génération, dont Ravet est l’un des fers de lance, parviendra à franchir la dernière marche vers l’or olympique.
Cyrian Ravet devra d’abord se remettre de ses blessures avant de se préparer pour les Championnats du monde de taekwondo en 2027, suivis des épreuves qualificatives pour les Jeux de Los Angeles 2028, prévues courant 2028 selon le calendrier de la World Taekwondo Federation.