Alors que la France fait face à une crise persistante de l’offre de soins, le candidat libéral à l’élection présidentielle de 2027, David Lisnard, a présenté ce mardi 5 mai une série de propositions visant à transformer en profondeur le système de santé national. Selon BFM Business, il dénonce un modèle « qui s’est dégradé au fil des années » et annonce des mesures fortes pour y remédier, parmi lesquelles la suppression des Agences régionales de santé (ARS).
Ce qu'il faut retenir
- David Lisnard, candidat libéral à la présidentielle de 2027, a présenté une refonte du système de santé français le 5 mai 2026, selon BFM Business.
- Il propose de supprimer les Agences régionales de santé (ARS), dont les effectifs seraient en partie redéployés dans les préfectures.
- Il critique le numerus clausus, remplacé par le numerus apertus en 2020 puis supprimé en 2025, qui a selon lui échoué à résoudre la pénurie de médecins.
- Lisnard estime que la France dépense 60 milliards d’euros de plus que la moyenne européenne pour la santé, mais que ces fonds sont mal alloués.
- Il souhaite réduire la part des non-soignants dans les hôpitaux, actuellement d’un tiers, pour la ramener à 23-24%.
Un diagnostic sévère sur l’état du système de santé
Lors d’une conférence de presse organisée à Paris après une visite dans une clinique du groupe ICPC, David Lisnard a dressé un constat sans appel sur le système de santé français. « Un modèle qui a été performant pendant très longtemps, mais qui s’est aujourd’hui dégradé », a-t-il souligné. Candidat depuis son départ des Républicains, il pointe du doigt une « vision technocratique » de l’organisation administrative, qu’il juge responsable des dysfonctionnements actuels.
Parmi ses principales cibles, les ARS, accusées de contribuer à une « sur-administration » du secteur. Pour y remédier, il propose leur suppression pure et simple, comme le préconise déjà le Rassemblement national. Selon ses calculs, la moitié des 9 000 effectifs des ARS seraient redéployés dans les préfectures, une mesure censée « libérer la santé de la bureaucratie ».
La formation des médecins au cœur des débats
Autre sujet de préoccupation majeur pour David Lisnard : la formation des médecins. Il rappelle que la suppression du numerus clausus en 2020, remplacé par un numerus apertus, n’a pas suffi à endiguer la pénurie de praticiens. Ce dispositif, qui devait adapter le nombre de places en deuxième année de médecine aux besoins des territoires, a été jugé inefficace et supprimé en juin 2025. Résultat, selon le candidat : « Une demande qui augmente avec le vieillissement de la population et une offre qui se réduit », forçant les étudiants à partir à l’étranger pour étudier.
« On a un système de mabouls qui oblige les Français à partir à l’étranger pour faire leurs études de médecine », a-t-il dénoncé. Une situation qu’il attribue à une mauvaise gestion des ressources, et non à un manque de moyens financiers. « La France dépense 60 milliards d’euros de plus que la moyenne européenne dans la santé. On n’est pas sur un problème de moyens, mais sur un problème d’affectation », a-t-il martelé.
Une critique implicite de la politique migratoire de santé d’Emmanuel Macron
Cette prise de position de David Lisnard intervient quelques jours après les déclarations d’Emmanuel Macron, qui avait critiqué les « mabouls qui veulent se fâcher avec l’Algérie » au sujet des médecins diplômés hors Union européenne (Padhue). Là où le président de la République défendait une ouverture aux praticiens étrangers pour pallier les déserts médicaux, Lisnard prône une solution inverse : « former davantage de médecins en France ».
Son approche s’inscrit dans une logique de réduction des coûts administratifs et de rationalisation des dépenses. Il cite en exemple la surreprésentation des postes non soignants dans les hôpitaux, qu’il juge excessive. Actuellement, un tiers des effectifs hospitaliers ne serait pas directement dédié aux soins. Pour Lisnard, il est impératif de ramener ce taux à 23-24%, afin d’optimiser l’utilisation des budgets alloués à la santé.
« La France dépense 60 milliards de plus que la moyenne européenne dans la santé. On n'est pas sur un problème de moyens, mais sur un problème d'affectation. »
— David Lisnard, candidat à la présidentielle 2027
Un programme qui s’inscrit dans la continuité libérale
En se positionnant comme un réformateur radical du système de santé, David Lisnard confirme sa ligne politique libérale, axée sur la réduction de la bureaucratie et l’efficacité économique. Son programme s’articule autour de plusieurs axes : suppression des ARS, réforme de la formation médicale, et optimisation des dépenses hospitalières. Une approche qui contraste avec les mesures prises par le gouvernement actuel, notamment en matière de recrutement de médecins étrangers.
Pour Lisnard, les déserts médicaux qui touchent 87% du territoire ne pourront être résolus qu’en agissant sur l’offre de formation et en limitant les lourdeurs administratives. Une position qui pourrait séduire un électorat en quête de solutions pragmatiques, même si elle suscite déjà des critiques parmi les défenseurs d’un système de santé public fort.
Une chose est sûre : la crise de la santé, entre déserts médicaux et tensions budgétaires, restera au cœur des enjeux de la prochaine élection présidentielle. Les propositions de Lisnard pourraient ainsi servir de catalyseur pour d’autres candidats, ou au contraire, être rejetées au profit de solutions plus consensuelles.
Le numerus apertus était un dispositif introduit en 2020 pour remplacer le numerus clausus, qui limitait strictement le nombre d’étudiants admis en deuxième année de médecine. Contrairement au numerus clausus, le numerus apertus devait adapter le nombre de places disponibles en fonction des capacités d’accueil des universités et des besoins en santé des territoires. Cependant, ce système a été jugé insuffisant et a été supprimé en juin 2025 par le gouvernement.
Selon David Lisnard, la suppression des ARS permettrait de redéployer une partie de leurs effectifs dans les préfectures, réduisant ainsi la bureaucratie. Cependant, cette réforme pourrait aussi entraîner une perte de coordination régionale dans la gestion de la santé, un risque souligné par certains observateurs du secteur.