Le député insoumis de Seine-Saint-Denis, Thomas Portes, a annoncé ce vendredi 9 mai 2026 porter plainte contre le collectionneur Pierre-Jean Chalençon. Cette décision fait suite à la diffusion, la veille sur X (ex-Twitter), d’une vidéo où ce dernier tient des propos racistes, homophobes et insultants envers des manifestants, à l’issue des célébrations parisiennes consécutives à la qualification du PSG pour la finale de la Ligue des champions. Selon Le Figaro, Thomas Portes a déclaré vouloir saisir la procureure de la République de Paris « au titre de l’article 40 » du Code de procédure pénale, en raison des « propos racistes et des appels aux meurtres » contenus dans la vidéo.

Ce qu'il faut retenir

  • Le député Thomas Portes (LFI, Seine-Saint-Denis) a annoncé ce 9 mai 2026 porter plainte contre Pierre-Jean Chalençon pour ses propos tenus sur X, jugés racistes et homophobes.
  • La vidéo, publiée le 8 mai, montre Chalençon tenant des propos insultants envers des manifestants, évoquant notamment des « islamistes », des « racailles » et critiquant le ministre de l’Intérieur, Laurent Nunez.
  • Les célébrations parisiennes de la veille ont donné lieu à six interpellations et deux blessés, dont un grièvement, selon la préfecture de police.

Une vidéo aux propos violents et discriminatoires

Dans la vidéo diffusée sur X, Pierre-Jean Chalençon exprime son mécontentement face aux « débordements » survenus mercredi soir à Paris, en marge de la victoire du PSG. Selon Le Figaro, il y tient des propos particulièrement virulents, qualifiant les manifestants de « gens qui ne travaillent pas », « assistés par les aides sociales et par le chômage ». Il cible ensuite « ces gens-là » en les associant à l’islam, avant d’employer des termes insultants et discriminatoires : « On n’en peut plus de cette religion de merde », « vous êtes écœurants, des racailles ».

Le collectionneur s’en prend également au ministre de l’Intérieur, Laurent Nunez, qu’il accuse d’incompétence, avant de s’interroger sur l’action de l’armée : « Il est ministre de rien du tout (...) Et que fait l’armée ? On en a ras le bol. » Ces déclarations ont rapidement suscité l’indignation sur les réseaux sociaux, poussant Thomas Portes à réagir publiquement.

Thomas Portes saisit la justice au nom de la lutte contre les discriminations

Dès la publication de la vidéo, le député insoumis a choisi de relayer le contenu sur son propre compte X en y apposant un message sans ambiguïté : « Suite aux propos racistes et aux appels aux meurtres de Pierre-Jean Chalençon, je saisis ce soir la procureur de la République de Paris au titre de l’article 40. » Une démarche qui s’inscrit dans une volonté de lutter contre les discours de haine, comme il l’a expliqué dans sa publication.

Thomas Portes, connu pour ses prises de position tranchées sur les questions sociales et sociétales, a confirmé sa détermination à obtenir réparation juridique pour les propos tenus. Il s’appuie sur l’article 40 du Code de procédure pénale, qui impose à toute personne ayant connaissance d’une infraction de la signaler au procureur de la République. Cette procédure, habituellement réservée aux fonctionnaires, est ici utilisée par un élu, ce qui souligne la gravité des faits selon lui.

Chalençon répond par une provocation : « Thomas Portes, je t’embrasse fort »

Face à la polémique, Pierre-Jean Chalençon n’a pas présenté d’excuses. Au contraire, il a publié une nouvelle vidéo sur X, s’adressant directement à Thomas Portes dans un ton moqueur. Selon Le Figaro, il a déclaré : « Réponse au pseudo-député d’extrême gauche... Thomas Portes, je t’embrasse fort. » Une réponse qui, loin d’apaiser les tensions, a encore alimenté les débats sur la responsabilité des personnalités publiques dans la diffusion de discours haineux.

Cette séquence illustre la polarisation croissante des échanges politiques et médiatiques, où les réactions émotionnelles et provocatrices prennent parfois le pas sur le débat d’idées. Le ton employé par Chalençon, tout comme sa défiance envers les institutions, reflète une tendance plus large à la radicalisation des discours publics.

Contexte : des célébrations parisiennes marquées par des débordements

Les propos de Pierre-Jean Chalençon s’inscrivent dans un contexte de tensions liées aux célébrations de la qualification du PSG en finale de la Ligue des champions. Mercredi 7 mai 2026, des scènes de liesse ont éclaté dans plusieurs quartiers de Paris, émaillées de « quelques débordements » selon la préfecture de police. Six personnes ont été interpellées, et deux individus ont été blessés, dont un grièvement, touché par un engin pyrotechnique. Ces incidents ont servi de prétexte à Chalençon pour tenir des propos stigmatisants envers les manifestants, qu’il a qualifiés de « racailles » et de « gens qui ne travaillent pas ».

Ces déclarations, bien que non représentatives de l’ensemble des supporters, ont contribué à alimenter une polémique plus large sur la gestion des mouvements sociaux et la stigmatisation des classes populaires ou des minorités. Elles rappellent les débats récurrents sur la responsabilité des personnalités publiques dans la médiatisation de discours clivants.

Et maintenant ?

La plainte déposée par Thomas Portes devrait désormais suivre la procédure judiciaire classique. La procureure de la République de Paris aura à décider des suites à donner, entre classement sans suite ou ouverture d’une enquête pour discrimination, provocation à la haine ou diffamation. Si une enquête est ouverte, Pierre-Jean Chalençon pourrait être convoqué pour répondre de ses propos. Bref, l’affaire pourrait prendre plusieurs semaines avant d’aboutir à une décision, sauf si les faits sont requalifiés en urgence.

Cette affaire relance par ailleurs le débat sur la régulation des discours haineux en ligne. Avec la montée en puissance des réseaux sociaux, les personnalités publiques sont de plus en plus exposées à des réactions immédiates, parfois violentes. Reste à voir si cette affaire incitera les plateformes à renforcer leurs modérations ou si elle restera un cas isolé dans le paysage médiatique et politique.

Pour l’heure, la polémique illustre les tensions persistantes autour des questions d’identité, de classe et de représentation politique en France. Entre liberté d’expression et lutte contre les discours de haine, le débat juridique et sociétal est loin d’être clos.

La procureure de la République de Paris va étudier la plainte déposée par Thomas Portes. Elle peut décider d’ouvrir une enquête préliminaire ou de classer l’affaire sans suite. Si une enquête est lancée, Pierre-Jean Chalençon pourrait être entendu par les services de police ou de gendarmerie. La procédure pourrait prendre plusieurs semaines, voire mois, avant une décision définitive.

À ce jour, Pierre-Jean Chalençon n’a pas fait l’objet de condamnations judiciaires pour des propos racistes ou homophobes. Cependant, sa notoriété et ses prises de position publiques lui ont valu plusieurs polémiques par le passé, notamment dans le cadre de ses interventions médiatiques.