« Nous allons mettre fin à cette guerre très rapidement. »
Donald Trump a confirmé mardi 19 mai 2026, lors du pique-nique annuel du Congrès, que les États-Unis étaient sur le point de conclure un accord avec l’Iran pour mettre un terme au conflit en cours. Selon lui, les discussions avancent rapidement et Téhéran serait prêt à accepter les termes proposés. « Ils veulent tellement conclure un accord, ils en ont assez, cela aurait dû être fait depuis 47 ans », a-t-il ajouté, évoquant la possibilité d’une chute des prix du pétrole. Cette déclaration intervient alors que trois pétroliers — deux chinois et un sud-coréen — viennent de quitter le détroit d’Ormuz après avoir transité sous coordination iranienne, un signe que la situation pourrait évoluer vers une désescalade, comme le rapporte BFM Business.
Ce qu'il faut retenir
- Trois pétroliers — deux chinois et un sud-coréen — ont quitté le détroit d’Ormuz mercredi 20 mai 2026 après y avoir transité sous coordination iranienne, transportant au total plus de 6 millions de barils de brut.
- Le supertanker sud-coréen Universal Winner, transportant 2 millions de barils de pétrole koweïtien, a franchi la voie maritime en coopération avec les autorités iraniennes, selon les données de LSEG.
- Deux pétroliers chinois ont également quitté la zone après avoir patienté plus de deux mois dans le Golfe, selon les informations de Kpler et LSEG.
- Donald Trump a affirmé mardi que les États-Unis pourraient mettre fin au conflit « très rapidement », évoquant des progrès dans les discussions avec Téhéran.
- L’Iran aurait transmis une proposition incluant la fin des hostilités sur tous les fronts, le retrait des forces américaines et des réparations pour les destructions causées par la guerre.
- Selon le président américain, Washington a finalement renoncé à bombarder l’Iran après une dernière minute, l’ayatollah Ali Khamenei ayant fait savoir que Téhéran souhaitait conclure un accord.
Une traversée sous haute surveillance et coordination iranienne
Les données maritimes compilées par LSEG et Kpler confirment que trois pétroliers ont quitté le détroit d’Ormuz mercredi 20 mai 2026, après y avoir transité sous l’égide des autorités iraniennes. Le supertanker sud-coréen Universal Winner, battant pavillon de la Corée du Sud et transportant 2 millions de barils de brut koweïtien, a ainsi pu franchir la voie maritime stratégique sans incident. « En ce moment-même, notre navire pétrolier sort du détroit d’Ormuz, en coordination avec l’Iran », a déclaré le ministre sud-coréen des Affaires étrangères, Cho Hyun, devant une commission parlementaire à Séoul, sans fournir de détails supplémentaires sur les modalités de cette coopération.
Côté chinois, deux pétroliers transportant à eux deux plus de 4 millions de barils de pétrole brut ont également quitté la zone après y avoir patienté plus de deux mois dans le Golfe. Ces mouvements, observés par des plateformes spécialisées, interviennent dans un contexte où la pression diplomatique s’intensifie pour éviter une escalade militaire dans la région. Le détroit d’Ormuz, par lequel transite près d’un tiers du trafic mondial de pétrole, reste un point de tension majeur entre l’Iran et les puissances occidentales.
Washington et Téhéran en phase de rapprochement
Les déclarations de Donald Trump, faites mardi lors d’un événement public, confirment que les discussions entre les États-Unis et l’Iran ont pris un tournant décisif. Selon le président américain, les négociations ont progressé de manière significative, au point que Téhéran aurait transmis une offre incluant plusieurs concessions majeures. « Quelqu’un aurait dû faire quelque chose. Et ça va arriver, et ça va arriver vite. Et vous allez voir les prix du pétrole s’effondrer », a-t-il lancé devant une foule d’élus et leurs familles, suggérant que la fin des hostilités pourrait entraîner une baisse des cours de l’or noir. Dans le même temps, son vice-président, J.D. Vance, a évoqué des « progrès » dans les échanges avec Téhéran, sans préciser la nature des avancées.
Selon les médias d’État iraniens, la proposition de paix transmise par l’Iran prévoit notamment la fin des hostilités sur tous les fronts, y compris au Liban, ainsi que le retrait des forces américaines des zones proches de l’Iran. Le texte inclurait également des réparations financières pour les destructions causées par la guerre déclenchée par les frappes américano-israéliennes. Ces éléments, s’ils sont confirmés, marqueraient un revirement stratégique de la part de Téhéran, qui avait jusqu’ici adopté une ligne dure face aux États-Unis.
Un renoncement aux frappes aériennes in extremis
Donald Trump a révélé lundi 19 mai 2026 avoir envisagé des frappes aériennes contre l’Iran, avant de faire marche arrière in extremis. « J’ai décidé à la dernière minute de ne finalement pas bombarder l’Iran », a-t-il expliqué, précisant que le Guide suprême iranien, l’ayatollah Ali Khamenei, aurait fait savoir que Téhéran était prêt à accepter un accord pour mettre fin au conflit. Cette décision intervient après des semaines de tensions extrêmes, marquées par des échanges de tirs entre les forces iraniennes et des navires américains dans le Golfe, ainsi que par des cyberattaques et des sabotages attribués à Israël ou aux États-Unis.
Cette volte-face américaine pourrait s’expliquer par la crainte d’une escalade incontrôlable ou par la volonté de privilégier une issue diplomatique, alors que le risque de perturbation des approvisionnements pétroliers pèse sur l’économie mondiale. Le passage de trois pétroliers — dont un sud-coréen et deux chinois — sous coordination iranienne dans le détroit d’Ormuz est perçu comme un signal positif par plusieurs observateurs, même si le contexte reste fragile.
En attendant, les marchés pétroliers restent attentifs à l’évolution de la situation. Une normalisation des relations entre les États-Unis et l’Iran pourrait entraîner une hausse de la production iranienne et une baisse des prix du baril, une perspective accueillie favorablement par les économies occidentales. Cependant, la prudence reste de mise : les précédents accords, comme le JCPOA en 2015, ont souvent été remis en cause par des changements de gouvernement ou des crises internes.
Pour l’heure, le passage des trois pétroliers sous l’égide iranienne dans le détroit d’Ormuz constitue un premier pas vers une désescalade, mais le chemin vers la paix reste semé d’embûches. Les prochaines semaines seront déterminantes pour savoir si les deux camps parviendront à sceller un accord durable ou si les tensions reprendront le dessus.
Le détroit d’Ormuz est la principale voie maritime par laquelle transite près d’un tiers du trafic mondial de pétrole brut. Toute perturbation dans cette zone pourrait entraîner des pénuries d’approvisionnement et une flambée des prix de l’or noir. Pour l’Iran, contrôler l’accès à ce détroit est un moyen de faire pression sur les puissances occidentales et de négocier en position de force.
Un accord pourrait permettre la levée progressive des sanctions économiques imposées à l’Iran, ce qui entraînerait une hausse de ses exportations de pétrole et une baisse des prix à l’échelle mondiale. Il pourrait aussi stabiliser la région, réduire les risques de guerre ouverte et faciliter la coopération sur des dossiers comme la lutte contre le terrorisme ou la gestion des crises régionales, notamment en Syrie ou au Yémen.