Le ministre iranien des Affaires étrangères, Hossein Amir-Abdollahian, a réaffirmé hier que son pays garantirait le passage de tous les bateaux dans le détroit d'Ormuz « dès que l'agression américaine prendra fin », selon BMF - International. Une déclaration faite alors que les tensions persistent dans cette zone stratégique, où le trafic maritime reste sous haute surveillance depuis le début du conflit au Moyen-Orient.

Ce qu'il faut retenir

  • L'Iran promet d'assurer la libre circulation dans le détroit d'Ormuz une fois les actions américaines stoppées, d'après les propos du ministre Amir-Abdollahian rapportés par BMF - International.
  • Téhéran affirme n'être pas responsable de la fermeture actuelle du détroit, précisant que « nous n'avons pas lancé cette guerre ».
  • Tous les navires pourront transiter, sauf ceux appartenant à des pays en guerre contre l'Iran, a précisé le ministre.
  • La Chine a également appelé à un cessez-le-feu complet et à la réouverture immédiate du détroit lors d'un sommet récent avec les États-Unis.
  • Le sommet Chine-États-Unis a mis en lumière les divergences sur l'envoi d'équipements militaires à l'Iran, que Donald Trump assure ne pas craindre.

L'Iran rejette toute responsabilité dans la fermeture du détroit

Dans une allocution retransmise par les médias iraniens et relayée par BMF - International, le ministre Amir-Abdollahian a nié tout rôle de son pays dans les perturbations actuelles du trafic maritime dans le détroit d'Ormuz. « Nous ne sommes pas responsables de l'affaire du détroit d'Ormuz », a-t-il déclaré, ajoutant que « nous n'avons pas lancé cette guerre ». Ces propos s'inscrivent dans un contexte où plusieurs acteurs internationaux accusent Téhéran de bloquer volontairement cette route commerciale essentielle.

Selon le ministre, la situation ne changera qu'une fois « l'agression américaine » stoppée. « Dès que l'agression américaine prendra fin, nous nous assurerons du passage de tous les bateaux », a-t-il affirmé, sans préciser de calendrier. — Une position qui illustre la stratégie iranienne de pression indirecte sur Washington via des leviers régionaux.

Des restrictions ciblées sur les navires en guerre contre l'Iran

En marge de ses déclarations sur la libre circulation, le ministre iranien a aussi précisé les conditions dans lesquelles les navires pourraient transiter. « Tous les navires peuvent passer à l'exception de ceux qui appartiennent aux pays qui sont en guerre contre nous », a-t-il expliqué. Une restriction qui vise principalement les navires israéliens et américains, directement impliqués dans le conflit au Moyen-Orient.

Cette annonce intervient alors que plusieurs compagnies maritimes internationales ont suspendu leurs traversées du détroit par crainte de représailles ou d'incidents. Selon des données sectorielles, plus de 30% du trafic de pétrole mondial transite par cette voie, ce qui en fait un enjeu économique et géopolitique majeur. Les autorités iraniennes, de leur côté, assurent que leurs mesures ne ciblent que les navires participant activement aux hostilités.

La Chine et les États-Unis s'opposent sur la question du détroit

La question du détroit d'Ormuz a également été au cœur des discussions lors du récent sommet Chine-États-Unis, où Pékin a appelé à une réouverture « dès que possible » du passage maritime. Selon un communiqué officiel, la Chine a réclamé un cessez-le-feu complet au Moyen-Orient, condition indispensable selon elle pour stabiliser la région. « Cette guerre ne doit pas continuer », a souligné un représentant chinois, sans nommer directement les États-Unis ou Israël.

De son côté, l'administration américaine, représentée par Donald Trump lors de ce sommet, a tenté de minimiser les craintes d'un soutien chinois à l'Iran. « Xi Jinping n'enverra pas d'équipement militaire à l'Iran », a assuré Trump, une déclaration visant à désamorcer les tensions entre Washington et Pékin sur le dossier iranien. — Une affirmation que les observateurs qualifient de prudente, dans un contexte où les livraisons d'armes chinoises à Téhéran sont régulièrement évoquées par les services de renseignement occidentaux.

Et maintenant ?

Les prochaines semaines pourraient être déterminantes pour l'évolution de la situation dans le détroit d'Ormuz. Une levée partielle des sanctions américaines ou un accord sur un cessez-le-feu au Moyen-Orient pourrait, selon les analystes, permettre une reprise progressive du trafic maritime. Toutefois, la prudence reste de mise, car aucune des parties n'a pour l'instant montré de volonté de céder sur ses positions. La communauté internationale, notamment l'Union européenne, pourrait jouer un rôle de médiateur dans les semaines à venir, afin d'éviter une escalade incontrôlable dans une zone déjà sous haute tension.

En attendant, les compagnies maritimes continuent de surveiller de près les annonces des autorités iraniennes et américaines. Une seule erreur de calcul pourrait, en effet, plonger la région dans une crise aux conséquences économiques mondiales.

Le détroit d'Ormuz est une voie maritime essentielle, par laquelle transite environ 30% du trafic mondial de pétrole. Toute perturbation dans cette zone a des répercussions immédiates sur les prix de l'énergie et l'approvisionnement des pays dépendants des importations, notamment en Asie et en Europe.