Selon Le Figaro, la dégénérescence maculaire liée à l’âge (DMLA) touche aujourd’hui 1,5 million de Français, une pathologie qui handicape profondément le quotidien en altérant la lecture, la conduite automobile ou encore la reconnaissance des visages. Bien qu’elle ne provoque pas une cécité totale, cette maladie progresse par vagues : les lignes droites semblent ondulées, la vision centrale devient floue, voire opaque, ne laissant plus qu’une vision périphérique au patient. La macula, cette minuscule zone située au centre de la rétine, est responsable de 90 % de la transmission des informations visuelles au cerveau, ce qui explique l’impact majeur de son altération.

Ce qu’il faut retenir

  • 1,5 million de Français sont atteints de DMLA, une maladie qui perturbe les activités quotidiennes essentielles.
  • La macula, responsable de 90 % de la vision, est au cœur du problème : son vieillissement accéléré entraîne une perte progressive de la vision centrale.
  • Deux formes de DMLA existent : une forme « sèche », sans traitement actuel, et une forme « humide » traitée par injections d’anti-VEGF, qui ne font que ralentir la progression.
  • Deux innovations pourraient prochainement transformer la prise en charge : un médicament anti-inflammatoire et un « œil bionique » déjà testé sur des patients.

Une maladie aux deux visages : sèche ou humide, des pronostics très différents

La DMLA se décline en deux formes distinctes, avec des conséquences et des traitements radicalement opposés. La forme « sèche », la plus répandue, représente environ 80 % des cas. Elle se caractérise par une dégénérescence progressive des cellules de la macula, sans solution thérapeutique à ce jour. « Aujourd’hui, aucun traitement ne permet d’enrayer cette évolution », confirme un ophtalmologue cité par Le Figaro. À l’inverse, la forme « humide », bien que moins fréquente, bénéficie d’une prise en charge possible : des injections intravitréennes d’anti-VEGF (agents bloquant le facteur de croissance vasculaire) permettent de limiter la prolifération de vaisseaux sanguins anormaux sous la rétine, ralentissant ainsi la dégradation de la vision. « Ces injections, répétées toutes les quatre à huit semaines, stabilisent la maladie, voire améliorent légèrement la vue des patients », explique le quotidien.

Premières pistes d’espoir : un anti-inflammatoire oral et un implant bionique

Pour la première fois, des avancées pourraient bouleverser la donne. D’une part, un médicament anti-inflammatoire administré par voie orale, l’elecoglipron, fait l’objet d’essais cliniques prometteurs. Selon les données disponibles, ce traitement, pris une fois par jour, « présente un profil de sécurité et de tolérance conforme aux attentes pour cette classe thérapeutique », révèle Le Figaro. Son mécanisme d’action ? Il cible l’inflammation souvent associée à la DMLA sèche, un facteur aggravant de la dégénérescence. « Les résultats préliminaires suggèrent une réduction de la progression de la maladie chez certains patients », précise le journal, sans pour autant évoquer de guérison.

Autre innovation de taille : l’implant bionique « Prima », déjà testé en conditions réelles. Ce dispositif, comparable à une microprothèse, se greffe sur la rétine et permet de compenser la perte de vision centrale en stimulant les cellules saines restantes. Le Figaro rapporte que la première implantation en France a eu lieu récemment, ouvrant la voie à une nouvelle ère pour les patients atteints de DMLA avancée. « Prima ne restaure pas une vision normale, mais il redonne une autonomie significative », souligne un chercheur impliqué dans l’étude. Les essais cliniques se poursuivent pour évaluer son efficacité à long terme et son accessibilité.

Un changement de paradigme en marche ?

Jusqu’à présent, les traitements disponibles pour la DMLA se limitaient à freiner l’évolution de la maladie, sans possibilité de récupération fonctionnelle majeure. Les deux innovations évoquées par Le Figaro laissent entrevoir un tournant. « On pourrait bientôt ne plus se contenter de traiter la maladie, mais bel et bien de la guérir », confie un expert sous couvert d’anonymat. Pour la forme humide, les anti-VEGF restent la référence, mais l’ajout d’un anti-inflammatoire pourrait renforcer leur efficacité. Quant à l’œil bionique, il pourrait offrir une alternative aux patients pour qui les injections deviennent inefficaces ou trop contraignantes. « L’enjeu n’est plus seulement de stabiliser la vision, mais de la restaurer partiellement », résume un ophtalmologue parisien.

Et maintenant ?

Les prochaines étapes dépendront des résultats des essais cliniques en cours. Pour l’elecoglipron, une demande d’autorisation de mise sur le marché pourrait être déposée d’ici 2027, si les études confirment son bénéfice. Côté implant bionique, les essais sur une cohorte plus large de patients devraient s’achever en 2028, avec une commercialisation envisageable à horizon 2030. En attendant, les associations de patients, comme l’Association DMLA, appellent à un accès rapide à ces innovations, alors que les délais de prise en charge restent un frein majeur pour des milliers de Français.

Ces avancées soulèvent également une question de fond : comment garantir un accès équitable à ces nouveaux traitements, alors que leur coût risque d’être élevé ? La prise en charge par l’Assurance maladie et les mutuelles sera déterminante pour éviter que ces progrès ne bénéficient qu’à une minorité. D’ici là, les patients devront continuer à composer avec les limites actuelles, tout en gardant l’espoir de voir leur quotidien s’améliorer significativement dans les années à venir.

La DMLA sèche, ou atrophique, représente 80 % des cas et résulte d’une dégénérescence progressive des cellules de la macula, sans traitement disponible. La DMLA humide, ou exsudative, est liée à la croissance anormale de vaisseaux sanguins sous la rétine, traitée par injections d’anti-VEGF qui ralentissent la perte de vision.

Non, l’implant bionique Prima ne restaure pas une vision parfaite, mais il permet de compenser partiellement la perte de vision centrale en stimulant les cellules rétiniennes saines restantes. Il offre ainsi une autonomie accrue aux patients atteints de DMLA avancée.