Le président américain Donald Trump a annoncé, hier samedi 23 mai 2026, son intention de supprimer les restrictions imposées sur une catégorie de gaz à effet de serre fluorés, désignés sous le sigle HFC. Ces substances, utilisées massivement dans les systèmes de réfrigération et de climatisation, avaient été encadrées par son prédécesseur, l’exécutif démocrate de Joe Biden. Selon Reporterre, ces mesures s’inscrivaient dans le cadre de la lutte contre le réchauffement climatique, un enjeu auquel l’administration Trump a déjà montré son désengagement progressif.

Ce qu'il faut retenir

  • Donald Trump a annoncé hier la levée des restrictions sur les gaz fluorés HFC, qualifiés de « ridicules » par le président américain.
  • Ces gaz, puissants contributeurs à l’effet de serre, sont principalement employés dans la réfrigération et la climatisation.
  • Deux décisions clés ont été prises : l’autorisation pour divers secteurs de conserver des équipements utilisant ces gaz, ainsi que la levée des contraintes réglementaires associées.

Des restrictions héritées de l’ère Biden

Les gaz HFC, ou hydrofluorocarbures, sont des composés chimiques aux propriétés réfrigérantes et isolantes. Leur usage a été progressivement restreint sous la présidence de Joe Biden, notamment dans le cadre de la mise en œuvre de l’Amendement de Kigali — un traité international visant à réduire la production et la consommation de ces gaz, dont le pouvoir de réchauffement est jusqu’à 14 800 fois supérieur à celui du dioxyde de carbone, selon les estimations scientifiques.

Selon Reporterre, l’administration Trump justifie son revirement en qualifiant ces restrictions de « ridicules », tout en invoquant la nécessité de soutenir les industries américaines, fortement dépendantes de ces technologies. « On ne peut pas continuer à étouffer nos entreprises avec des réglementations inutiles », a-t-il déclaré, sans préciser les secteurs concernés par cette décision.

Un revirement environnemental déjà amorcé

Cette annonce s’inscrit dans la continuité d’une politique climatique américaine marquée par un désengagement progressif des mesures environnementales. Dès son retour à la Maison-Blanche en janvier 2025, Donald Trump avait déjà suspendu plusieurs programmes fédéraux de réduction des émissions de gaz à effet de serre, avant de se retirer officiellement de l’Accord de Paris en mars dernier. Cette décision, bien que symbolique, avait suscité des critiques internationales, notamment de la part des défenseurs de l’environnement et de plusieurs alliés européens.

Les gaz HFC, bien que moins médiatisés que le CO₂ ou le méthane, représentent pourtant un enjeu climatique majeur. Leur suppression progressive était prévue par l’Amendement de Kigali, ratifié par les États-Unis sous l’administration Biden. Ce traité, entré en vigueur en 2024, impose une réduction de 80 % de leur production d’ici 2047. La volte-face de l’administration Trump risque donc de compliquer la mise en œuvre de ces engagements internationaux.

Et maintenant ?

La décision de Donald Trump doit encore être formalisée par un décret présidentiel, dont la publication est attendue dans les prochains jours. Les associations environnementales, comme l’Union of Concerned Scientists, ont d’ores et déjà annoncé leur intention de contester cette mesure devant les tribunaux, arguant qu’elle contrevient aux engagements climatiques des États-Unis. Du côté des industriels, certains acteurs du secteur de la réfrigération et de la climatisation pourraient saluer cette levée de restrictions, jugée nécessaire pour maintenir leur compétitivité face à la concurrence internationale.

Cette annonce intervient alors que les températures moyennes mondiales battent chaque année de nouveaux records, avec des vagues de chaleur de plus en plus intenses dans de nombreuses régions. La question de l’impact environnemental des gaz HFC reste donc au cœur des débats, autant dire que les prochains mois s’annoncent décisifs pour l’avenir de la politique climatique américaine.

Les gaz HFC, bien que non toxiques pour la couche d’ozone, sont des gaz à effet de serre extrêmement puissants. Leur pouvoir de réchauffement est jusqu’à 14 800 fois supérieur à celui du CO₂, selon les données de l’Agence américaine de protection de l’environnement (EPA). Leur accumulation dans l’atmosphère contribue donc de manière significative au réchauffement climatique.