Près de 500 cas d’infection par le virus Ebola ont été recensés en Afrique centrale, dont une majorité en République démocratique du Congo (RDC), où l’épidémie a été déclarée il y a trois semaines. Selon Franceinfo – Santé, l’Organisation mondiale de la santé (OMS) a enregistré, dans son dernier bilan publié samedi 6 juin 2026, 452 cas confirmés et 82 décès en RDC. En Ouganda voisin, 19 cas et deux décès ont également été confirmés, portant le total à 471 cas et 84 morts.
Ce qu'il faut retenir
- L’OMS recense 471 cas confirmés d’Ebola en Afrique centrale, dont 452 en RDC et 19 en Ouganda.
- Le bilan s’élève à 84 décès, avec 82 morts en RDC et 2 en Ouganda.
- L’épidémie en RDC a été déclarée il y a trois semaines.
- L’OMS qualifie cette épidémie d’urgence de santé publique de portée internationale.
- Le nombre de cas a augmenté de 100 cas et 20 décès en 24 heures.
- Les autorités sanitaires craignent une propagation comparable à celle de 2014-2016, qui avait fait plus de 11 000 morts en Afrique de l’Ouest.
Une propagation rapide et une réponse urgente
L’épidémie actuelle, qui s’étend entre la RDC et l’Ouganda, s’accélère rapidement. Le bilan quotidien de l’OMS révèle une hausse de 100 cas et 20 décès par rapport à la veille, un rythme qui inquiète les autorités sanitaires. « Cette augmentation montre que le virus circule activement et que les mesures de contrôle doivent être renforcées sans délai », a déclaré un porte-parole de l’OMS, cité par Franceinfo – Santé.
Les équipes médicales sur le terrain, notamment celles de Médecins Sans Frontières (MSF), sont en première ligne pour endiguer la propagation. Un membre du personnel de MSF a été photographié le 5 juin 2026 en train d’enfiler son équipement de protection individuelle dans un centre de traitement d’Ebola à Elikya, en RDC. Cette image symbolise les efforts déployés pour protéger à la fois les patients et les soignants.
Un risque de propagation à l’échelle régionale
L’OMS a classé cette épidémie comme une urgence de santé publique de portée internationale, une décision qui reflète la gravité de la situation. Les experts craignent que cette flambée ne devienne incontrôlable, à l’image de l’épidémie record de 2014-2016, qui avait touché plusieurs pays d’Afrique de l’Ouest et causé plus de 11 000 morts. « Le risque de propagation régionale est réel, d’autant que les systèmes de santé dans la région restent fragiles », a souligné un épidémiologiste de l’OMS sous couvert d’anonymat.
En RDC, l’épidémie a été déclarée le 15 mai 2026, soit trois semaines avant la publication du bilan de l’OMS. Depuis, les autorités locales et les organisations internationales multiplient les missions d’urgence pour tracer les contacts, vacciner les populations à risque et renforcer les protocoles de biosécurité dans les hôpitaux.
Un contexte sanitaire déjà fragile
L’Afrique centrale reste une zone particulièrement vulnérable aux épidémies de fièvre hémorragique, en raison de plusieurs facteurs : l’accès limité aux soins dans certaines régions, la mobilité des populations et les défis logistiques pour acheminer du matériel médical. En 2025, la RDC avait déjà connu une épidémie d’Ebola qui avait duré plusieurs mois, avant d’être déclarée terminée en janvier 2026. « La résurgence de cette maladie dans un laps de temps aussi court est préoccupante, car elle indique que le virus n’a pas été éradiqué et pourrait circuler à bas bruit », a expliqué un virologue basé à Kinshasa.
Face à cette nouvelle menace, les autorités sanitaires insistent sur l’importance de la coordination internationale. « Nous ne pouvons pas agir seuls. Une réponse efficace nécessite une collaboration étroite entre les pays touchés, l’OMS et les partenaires humanitaires », a rappelé le ministre congolais de la Santé lors d’une conférence de presse tenue hier.
Selon les dernières données de l’OMS, les foyers les plus actifs se situent dans les provinces du Nord-Kivu et de l’Ituri, deux régions déjà régulièrement affectées par des épidémies de fièvre hémorragique. Ces zones, situées près de la frontière avec l’Ouganda, sont caractérisées par une forte densité de population et des mouvements transfrontaliers fréquents.
Les autorités sanitaires ont activé des centres de traitement d’urgence, comme celui d’Elikya, où du personnel formé en protection individuelle intervient. Une campagne de vaccination ciblée a également été lancée, tandis que des équipes de traçage des contacts sont déployées pour identifier et isoler les personnes potentiellement infectées. Par ailleurs, des restrictions de déplacement sont parfois appliquées dans les zones les plus touchées.