Invité ce lundi 6 juillet 2026 sur BFMTV-RMC, Michel-Édouard Leclerc, président du comité stratégique des centres E.Leclerc, a détaillé les ambitions écologiques de l’enseigne. Selon BFM Business, le groupe annonce un investissement de 2,3 milliards d’euros d’ici 2030 pour réduire son empreinte carbone, un engagement qui s’inscrit dans une stratégie globale de transition écologique. Parmi les priorités figurent la lutte contre le gaspillage, la modernisation des infrastructures de réfrigération, le développement de la géothermie et l’installation massive de panneaux solaires.

L’objectif affiché par l’enseigne est clair : devenir « quasi autonome » sur le plan électrique d’ici 2030, en misant sur une électricité propre. Parallèlement, E.Leclerc souhaite encourager ses clients à privilégier des produits à faible empreinte carbone, notamment dans les rayons textile, les marques distributeurs et même le secteur des voyages. Cette démarche s’accompagne d’une transparence accrue, avec l’affichage systématique de l’impact environnemental des produits proposés.

Ce qu'il faut retenir

  • Investissement de 2,3 milliards d’euros d’ici 2030 pour la transition écologique du groupe E.Leclerc.
  • Réduction de 50 % des émissions carbone d’ici 2035, avec un bilan actuel de 70 millions de tonnes.
  • Déploiement de solutions comme la géothermie, les panneaux solaires et des systèmes de réfrigération modernes.
  • Développement de l’électricité propre et promotion de produits à faible empreinte carbone auprès des consommateurs.
  • Baisse des prix des carburants, notamment le gazole à moins de 1,80 € dans certaines stations.

Un plan d’investissement ambitieux pour une autonomie énergétique

Michel-Édouard Leclerc a précisé que ces 2,3 milliards d’euros seront répartis entre plusieurs axes majeurs. D’abord, la lutte contre le gaspillage, avec des machines de réfrigération plus performantes et des systèmes de gestion des stocks optimisés. Ensuite, la production d’énergie renouvelable, via l’installation de panneaux solaires sur les toits des magasins et le recours à la géothermie pour chauffer ou climatiser les espaces. « On veut devenir quasi autonome sur le plan de l’électricité », a-t-il déclaré, soulignant l’importance de s’affranchir des énergies fossiles.

L’enseigne mise également sur le déploiement de bornes de recharge électrique à tarif réduit, avec une offensive tarifaire lancée dès cette semaine. « On lance la bataille à partir de cette semaine de l’électricité la moins chère pour les recharges électriques », a annoncé le dirigeant, tout en insistant sur la complémentarité entre l’électrique et d’autres alternatives en cours d’évaluation.

Une transparence accrue pour les consommateurs

Au-delà des investissements techniques, E.Leclerc entend jouer un rôle actif dans l’éducation des clients. « Pour que le public puisse aussi choisir d’acheter les produits qui ne soient pas trop carbonés, on l’affiche partout », a expliqué Michel-Édouard Leclerc. Cette démarche concerne tous les rayons, du textile aux produits de marque distributeur, en passant par les offres de voyages. L’idée est de rendre visible l’impact environnemental de chaque article, afin d’orienter les choix d’achat vers des alternatives plus durables. « C’est une responsabilité des entreprises », a-t-il rappelé, insistant sur le rôle clé du secteur privé dans la transition écologique.

Baisse des prix des carburants, mais une volatilité persistante

Sur un autre volet, Michel-Édouard Leclerc a commenté l’évolution des prix des carburants, évoquant une baisse notable par rapport au pic atteint lors des tensions géopolitiques récentes. « Ça a perdu 30 centimes par rapport au point haut du conflit », a-t-il indiqué, citant le passage de cargos dans le détroit d’Ormuz comme facteur influençant les cours. Certaines stations affichent désormais un prix du gazole inférieur à 1,80 €, une évolution saluée par le dirigeant. Cependant, il a tempéré son optimisme, reconnaissant que « ça ne descend pas assez vite » et que les prix pourraient repartir à la hausse en cas de nouvelle crise au Moyen-Orient.

Il a également pointé du doigt TotalEnergies, estimant que le groupe pétrolier « ne faisait plus son plafond ». « On lui a mis 12 centimes d’écart. Les gens se précipitent et viennent chercher à un euro près le carburant le moins cher », a-t-il observé, avant de souligner que TotalEnergies avait « cagnotté pendant trois ans » et qu’il était « bien le moins qu’il pouvait faire » de s’aligner sur les prix bas actuels.

Et maintenant ?

Ces annonces interviennent alors que le secteur de la grande distribution est sous pression pour accélérer sa transition écologique, dans un contexte où les consommateurs et les régulateurs exigent des engagements concrets. La réussite de ce plan dépendra notamment de la capacité d’E.Leclerc à concilier investissements massifs et rentabilité, ainsi que de l’adhésion des clients à des produits souvent plus chers mais plus respectueux de l’environnement. D’ici 2030, plusieurs échéances clés devront être suivies de près, comme l’atteinte d’une autonomie électrique partielle ou la généralisation de l’affichage carbone sur tous les produits. Reste à voir si ces mesures suffiront à atteindre les objectifs fixés, dans un paysage où la concurrence et les aléas économiques peuvent freiner les ambitions.

Ces engagements s’inscrivent dans un mouvement plus large au sein de la grande distribution française, où plusieurs enseignes ont annoncé des plans similaires ces derniers mois. Cependant, la question de la faisabilité technique et financière de ces projets, ainsi que leur impact réel sur les émissions carbone, reste entière. Les prochaines années seront déterminantes pour évaluer si ces investissements portent leurs fruits ou s’ils s’avèrent insuffisants face à l’urgence climatique.

Selon Michel-Édouard Leclerc, les 2,3 milliards d’euros seront injectés d’ici 2030, avec une répartition progressive entre 2026 et 2030. Les premières installations de panneaux solaires et les modernisations des systèmes de réfrigération devraient commencer dès cette année, mais aucun détail mensuel ou annuel n’a été communiqué.

L’enseigne mise sur une double stratégie : l’affichage systématique de l’empreinte carbone des produits en magasin et en ligne, et la promotion active de ces alternatives via des campagnes de communication. L’objectif est de créer une prise de conscience chez les clients, tout en rendant ces produits plus accessibles financièrement grâce à des économies réalisées ailleurs, par exemple sur les coûts énergétiques des magasins.