À moins de deux semaines du second tour de l’élection présidentielle colombienne, les sondages donnent en tête le candidat populiste de droite Abelardo de la Espriella, dont la campagne s’articule autour d’une promesse centrale : importer en Colombie le modèle ultra-sécuritaire du président salvadorien Nayib Bukele. Selon Ouest France, cette stratégie séduit une partie de l’électorat, malgré les critiques sur les dérives autoritaires observées au Salvador.
Ce qu'il faut retenir
- Abelardo de la Espriella est donné favori du second tour de la présidentielle colombienne, programmée le 28 juin 2026.
- Il propose d’appliquer en Colombie le modèle sécuritaire du président salvadorien Nayib Bukele, connu pour ses méthodes autoritaires.
- Cette approche inclut le déploiement massif de forces de sécurité et une tolérance réduite à l’égard des gangs criminels.
- Les défenseurs des droits humains s’inquiètent des risques de dérive démocratique en cas de victoire de de la Espriella.
- Le premier tour, organisé le 25 mai 2026, avait vu s’affronter 12 candidats, dont trois qualifiés pour le second tour.
Un second tour sous haute tension
Le paysage politique colombien s’apprête à vivre un scrutin décisif dans deux semaines. Abelardo de la Espriella, figure de la droite populiste, a su capter l’attention d’une partie de l’électorat en misant sur une rhétorique ferme contre l’insécurité. Selon Ouest France, son principal adversaire au second tour, la candidate de gauche Claudia López, peine à convaincre sur le thème de la sécurité, un enjeu majeur pour les Colombiens. « Les citoyens veulent des résultats concrets, pas des promesses creuses », a déclaré un analyste politique interrogé par le journal. Autant dire que la campagne se joue sur un fil.
Le modèle Bukele, une inspiration controversée
Depuis son élection en 2019, Nayib Bukele a transformé le Salvador en un laboratoire de politiques sécuritaires radicales. Son gouvernement a instauré l’état d’exception, permis des arrestations massives de membres de gangs et restreint les libertés civiles. « En Colombie, nous avons besoin de la même fermeté », a affirmé de la Espriella lors d’un meeting à Medellín. Pourtant, les organisations de défense des droits humains, comme Amnesty International, alertent sur les risques de dérive autoritaire. « Le modèle salvadorien ne garantit pas le respect des droits fondamentaux », a rappelé une porte-parole de l’ONG dans une déclaration rapportée par Ouest France.
Un contexte électoral tendu
La Colombie traverse une période politique complexe, marquée par une polarisation accrue entre les partisans d’une ligne dure contre les groupes armés et ceux qui prônent des solutions négociées. Lors du premier tour, les deux candidats qualifiés pour le second tour ont recueilli à eux deux près de 45 % des suffrages. Les abstentionnistes, nombreux, pourraient jouer un rôle clé dans ce scrutin serré. « L’enjeu est de mobiliser les électeurs indécis », a souligné un observateur politique cité par le journal. Dans ce contexte, les promesses sécuritaires de de la Espriella trouvent un écho particulier auprès des classes populaires, souvent les premières victimes de la violence des gangs.
Les prochains jours seront déterminants pour comprendre les orientations futures du pays. Les débats télévisés programmés entre les deux tours pourraient encore modifier la donne électorale. Une chose est sûre : la Colombie s’apprête à vivre une élection sous haute tension, où l’équilibre entre sécurité et démocratie sera au cœur des discussions.
Selon Ouest France, de la Espriella propose d’étendre l’état d’exception à l’ensemble du territoire colombien, d’augmenter les effectifs des forces de sécurité et de faciliter les extraditions des chefs de gangs. Il envisage également de créer des centres de détention similaires à ceux du Salvador, où les conditions de détention sont souvent critiquées par les ONG.