Selon Reporterre, les émissions de CO2 des vols au départ de l’Europe ont atteint un niveau historique en 2025, dépassant pour la première fois celles enregistrées avant la pandémie de Covid-19. L’étude publiée le 7 mai par l’ONG Transport & Environment (T&E) révèle un total de 195 millions de tonnes de CO2 émises, marquant une hausse significative par rapport aux années précédentes.
Ce qu'il faut retenir
- Les émissions de CO2 des vols au départ de l’Europe ont atteint 195 millions de tonnes en 2025, un record absolu.
- Ce chiffre dépasse pour la première fois les niveaux d’avant-Covid, selon l’ONG Transport & Environment.
- La compagnie Ryanair est le premier émetteur européen avec 16,6 millions de tonnes de CO2, soit une augmentation de 50 % par rapport à 2019.
- Les émissions françaises s’élèvent à 22,1 millions de tonnes, frôlant elles aussi leur niveau d’avant-pandémie.
- La croissance des compagnies low cost, comme Ryanair, explique en partie cette hausse des émissions.
Des émissions en hausse malgré la reprise post-Covid
Le secteur aérien européen, après une période de ralentissement liée à la pandémie, voit ses émissions de CO2 repartir à la hausse. Selon Reporterre, ce bond s’explique en grande partie par la reprise du trafic aérien, mais aussi par l’essor des compagnies low cost. Ces dernières, en proposant des tarifs attractifs, ont contribué à une augmentation significative du nombre de vols, et donc de leurs émissions.
L’étude de Transport & Environment met en lumière cette tendance, soulignant que les niveaux d’émissions de 2025 ont dépassé ceux de 2019, année de référence avant la crise sanitaire. Autant dire que les efforts de réduction des émissions dans le secteur aérien, pourtant souvent pointé du doigt pour son impact environnemental, peinent à se concrétiser.
Ryanair, premier émetteur européen, en forte progression
Parmi les acteurs du secteur, Ryanair se distingue comme le premier émetteur de CO2 en Europe. Selon les données de l’ONG, la compagnie low cost irlandaise a émis 16,6 millions de tonnes de CO2 en 2025, soit une progression de 50 % par rapport à 2019. Cette hausse reflète l’expansion rapide de la compagnie, qui a su tirer profit de la demande croissante pour les vols à bas prix.
Cette performance place Ryanair devant d’autres grands acteurs du secteur aérien, confirmant son rôle central dans l’augmentation globale des émissions européennes. Pour autant, la compagnie n’est pas la seule responsable : l’ensemble du secteur low cost a contribué à cette dynamique, en rendant le transport aérien plus accessible à un public toujours plus large.
La France parmi les pays les plus émetteurs
Côté français, les émissions de CO2 liées au transport aérien s’élèvent à 22,1 millions de tonnes en 2025, selon les chiffres de l’étude. Ce niveau frôle celui enregistré avant la pandémie, confirmant que le pays n’échappe pas à la tendance générale. Le trafic aérien français, qui avait fortement chuté pendant la crise sanitaire, retrouve ainsi des niveaux comparables à ceux de 2019.
Cette situation interroge alors que le gouvernement français s’est engagé à réduire les émissions de gaz à effet de serre. Plusieurs mesures ont été annoncées pour limiter l’impact environnemental du secteur aérien, comme la taxation des billets ou la promotion des trains pour les trajets courts. Reste à savoir si ces dispositifs suffiront à inverser la tendance.
Alors que le débat sur l’avion, symbole de liberté mais aussi de pollution, reste vif, les prochaines années seront déterminantes pour savoir si le secteur pourra concilier croissance et transition écologique.
Plusieurs pistes sont envisagées : renforcement des taxes carbone, obligation d’utiliser des carburants durables, ou encore développement des trains à grande vitesse pour les trajets courts. L’Union européenne pourrait aussi imposer des quotas d’émissions plus stricts aux compagnies.