Un navire de croisière suspecté d’abriter un foyer d’hantavirus a quitté mercredi soir sa zone de mouillage au large du Cap-Vert, selon Franceinfo - Santé. Le MV Hondius, immobilisé depuis dimanche, met le cap sur le port de Granadilla, sur l’île de Tenerife, où il devrait accoster dans un délai de trois jours. Une fois à quai, les passagers et l’équipage feront l’objet d’un examen sanitaire avant d’être rapatriés dans leurs pays d’origine.
Cette situation sanitaire exceptionnelle a conduit les autorités espagnoles à organiser une évacuation progressive des quelque 400 personnes à bord, prévue à partir de lundi. Les opérations de rapatriement devront être coordonnées avec les différents pays d’origine des passagers, comme l’a précisé le ministère espagnol de l’Intérieur. Pendant ce temps, tous les occupants resteront consignés à bord jusqu’à l’arrivée des vols affrétés pour leur retour.
Ce qu’il faut retenir
- Le MV Hondius, navire suspecté de cas d’hantavirus, a quitté le Cap-Vert mercredi 6 mai au soir pour Tenerife.
- L’arrivée au port de Granadilla est prévue dans un délai de trois jours, soit d’ici samedi 9 mai.
- Une évacuation des passagers est programmée à partir de lundi 11 mai, avec des examens sanitaires obligatoires.
- Tous les passagers resteront à bord jusqu’à l’arrivée des vols de rapatriement.
- Les autorités espagnoles coordonnent les opérations avec les pays d’origine des voyageurs.
Un navire sous surveillance sanitaire depuis dimanche
Immobilisé depuis dimanche au large des côtes du Cap-Vert, le MV Hondius a repris sa route mercredi soir, comme l’a confirmé un correspondant de l’AFP sur place. Deux sites spécialisés dans le suivi maritime, Vessel Finder et Marine Traffic, ont également relayé ce mouvement, confirmant la direction prise par le bateau en direction des Canaries.
Selon les premières informations, cette escale forcée faisait suite à la suspicion de cas d’hantavirus parmi les passagers ou l’équipage. Aucun détail n’a été communiqué sur le nombre de cas suspects ou leur état de santé, mais les autorités sanitaires espagnoles ont rapidement réagi en organisant un protocole d’accueil strict pour le navire à son arrivée.
Une évacuation programmée en plusieurs étapes
Dès l’accostage du navire à Tenerife, prévu pour samedi au plus tard, les passagers et l’équipage seront soumis à un examen médical systématique. « Une fois sur place, l’équipage et les passagers seront dûment examinés, pris en charge et transférés vers leurs pays respectifs », a précisé Mónica García Gómez, ministre espagnole de la Santé, lors d’une conférence de presse tenue ce jeudi.
Côté logistique, le ministère de l’Intérieur espagnol a détaillé le calendrier des opérations : les passagers resteront à bord jusqu’à l’arrivée des vols affrétés depuis leurs pays d’origine. Une réunion interministérielle est prévue demain, jeudi 8 mai, pour finaliser les modalités d’évacuation. « Tous les passagers resteront à bord du navire de croisière jusqu’à l’arrivée de leurs avions », a rappelé le ministère dans un communiqué.
Des mesures exceptionnelles pour limiter la propagation
Le risque de contamination par l’hantavirus, une maladie rare mais potentiellement grave transmise par les rongeurs, a poussé les autorités à prendre des mesures drastiques. Si aucun cas n’a été officiellement confirmé à bord, la suspicion suffit à justifier une procédure d’isolement et de contrôle sanitaire renforcé.
Les Canaries, destination touristique majeure, accueillent régulièrement des navires de croisière en escale. Cette fois, l’île de Tenerife pourrait devenir le théâtre d’une opération de rapatriement sans précédent, avec des enjeux à la fois sanitaires et logistiques. Les autorités locales ont d’ores et déjà mobilisé des équipes médicales et des infrastructures pour accueillir les passagers une fois à quai.
En attendant, la prudence reste de mise. L’hantavirus, bien que rare en Europe, peut provoquer des complications respiratoires graves. Les autorités sanitaires appellent à la vigilance tout en rassurant sur l’efficacité des mesures mises en place pour éviter une propagation.
L’hantavirus est une maladie rare transmise principalement par l’inhalation d’aérosols contaminés par les déjections de rongeurs infectés. Les symptômes, qui apparaissent généralement entre 1 et 8 semaines après l’exposition, incluent fièvre, douleurs musculaires, maux de tête et, dans les cas graves, des difficultés respiratoires pouvant mener à un syndrome pulmonaire. Il n’existe pas de traitement spécifique, mais une prise en charge précoce améliore le pronostic.