Cinq jours après la visite de la ministre déléguée aux Armées en Algérie pour commémorer les événements du 8 mai 1945 à Sétif, Paris officialise le retour de son ambassadeur à Alger. Stéphane Romatet, en poste depuis 2021, a quitté le territoire algérien en avril 2025 à la suite d’une crise diplomatique. Selon BMF - International, il a regagné son poste ce vendredi 8 mai 2026, marquant ainsi une volonté de « restaurer un dialogue efficace » entre les deux pays, comme l’a annoncé l’Élysée.

Ce qu'il faut retenir

  • Stéphane Romatet, ambassadeur de France en Algérie, a repris ses fonctions ce 8 mai 2026, après un an d’absence consécutive à une crise diplomatique
  • Sa présence s’inscrit dans le cadre d’une mission officielle aux côtés de la ministre déléguée aux Armées, Alice Rufo, venue commémorer les massacres du 8 mai 1945 à Sétif
  • Paris conditionne le rapprochement à la libération du journaliste Christophe Gleizes, détenu en Algérie, et espère une grâce présidentielle pour son retour
  • L’Élysée souligne que cette démarche s’inscrit dans une logique de « dialogue efficace » et de priorité donnée aux relations bilatérales
  • Le rappel de l’ambassadeur en 2025 faisait suite à des tensions autour de questions mémorielles et sécuritaires

Un retour sur fond de commémoration historique

La reprise des activités de Stéphane Romatet intervient alors que la France et l’Algérie commémorent ensemble les 81 ans des massacres de Sétif, Guelma et Kherrata. Ces événements, survenus en mai 1945, avaient vu une répression sanglante des autorités coloniales françaises contre des manifestations indépendantistes, faisant plusieurs milliers de morts selon les estimations historiques. La présence de l’ambassadeur français aux côtés d’Alice Rufo lors des cérémonies officielles souligne la volonté de Paris de tourner une page tout en reconnaissant ces pages douloureuses de l’histoire commune.

Cette démarche s’inscrit dans une logique de réchauffement progressif des relations diplomatiques, après une année 2025 marquée par des tensions. Le rappel de Romatet en avril 2025, à la demande d’Emmanuel Macron, avait été motivé par des désaccords profonds sur des sujets allant de la mémoire coloniale aux questions sécuritaires, notamment la lutte contre le terrorisme au Sahel.

La question du journaliste Christophe Gleizes au cœur des discussions

Parmi les priorités évoquées par l’Élysée figure la situation du journaliste Christophe Gleizes, détenu en Algérie depuis plusieurs mois. Paris a explicitement lié le retour à une coopération apaisée à la libération de ce ressortissant français, dont le cas avait été porté à l’attention du président algérien lors de précédents échanges diplomatiques. Selon des sources concordantes, une grâce présidentielle pourrait être envisagée pour mettre fin à cette crise consulaire, bien que aucune décision n’ait été officiellement confirmée à ce stade.

« Nous attachons une attention prioritaire à la libération de Christophe Gleizes et espérons une issue favorable dans les meilleurs délais », a indiqué l’Élysée dans son communiqué, sans préciser de calendrier. Cette demande s’ajoute aux autres dossiers sensibles entre les deux pays, comme les visas pour les ressortissants algériens ou encore les investissements économiques bilatéraux.

Un contexte diplomatique sous haute tension

Le retour de l’ambassadeur français intervient après une période de gel des relations, ponctuée de déclarations parfois musclées de part et d’autre. En 2025, Alger avait critiqué à plusieurs reprises la politique française, notamment sur la question mémorielle, tandis que Paris dénonçait des restrictions administratives imposées aux entreprises françaises en Algérie. Ces tensions avaient culminé avec le rappel de Romatet, une mesure rare mais symbolique dans la gestion des crises diplomatiques entre les deux États.

Pour autant, les deux pays restent liés par une histoire commune complexe et des intérêts stratégiques partagés, notamment dans les domaines énergétique et sécuritaire. La visite d’Alice Rufo, première responsable française de haut niveau à se rendre en Algérie depuis plus d’un an, envoie un signal fort de réengagement, même si les attentes restent mesurées sur les résultats concrets à court terme.

Et maintenant ?

Plusieurs échéances pourraient rythmer les prochains mois dans les relations franco-algériennes. D’abord, la possible libération de Christophe Gleizes, qui pourrait intervenir dans les semaines à venir si les négociations aboutissent. Ensuite, une visite officielle du président algérien Abdelmadjid Tebboune en France, évoquée à plusieurs reprises mais jamais concrétisée, pourrait être programmée si les signaux restent positifs.

Enfin, le suivi des engagements pris lors de la commémoration de Sétif, notamment sur la question mémorielle, sera scruté de près par les deux capitales. Rien n’indique pour l’instant que ces gestes suffiront à lever toutes les tensions, mais ils marquent une volonté claire de relancer un dialogue nécessaire, ne serait-ce que pour éviter une nouvelle dégradation.

Reste à savoir si cette dynamique suffira à apaiser les relations bilatérales, ou si les vieux contentieux continueront de peser sur les échanges entre les deux pays. Une chose est sûre : après un an de silence diplomatique, le retour de l’ambassadeur français à Alger est un premier pas, mais pas une garantie de succès.

Stéphane Romatet avait été rappelé en avril 2025 par Emmanuel Macron en raison d’une crise diplomatique majeure entre la France et l’Algérie. Les tensions portaient principalement sur des désaccords mémoriels liés à la colonisation, ainsi que sur des questions sécuritaires et économiques, selon BMF - International.

Parmi les dossiers sensibles figurent la question des visas pour les ressortissants algériens, les restrictions administratives pesant sur les entreprises françaises en Algérie, la libération du journaliste Christophe Gleizes, et les divergences sur la mémoire coloniale, notamment autour des massacres de 1945.