Depuis quelques jours, un débat est relancé sur l'origine des maladies zoonotiques, transmises de l'animal à l'homme, à la suite de l'épisode du MV Hondius, un navire de croisière attendu aux Canaries avec à son bord un foyer d'hantavirus. Selon Franceinfo - Santé, le leader insoumis Jean-Luc Mélenchon estime que les zoonoses se multiplient à cause de la chute de la biodiversité et du changement climatique.
Ce débat trouve son origine dans les récents cas d'hantavirus, une maladie rare en France, mais dont la zone d'endémie s'étend. Jean-Luc Mélenchon a déclaré sur X : « Hantavirus : nouvel exemple de maladie écologique. Les zoonoses se multiplient à cause de la chute de la biodiversité et du changement climatique. Qu’a fait Macron pour nous préparer ? Rien sinon détruire ce qui était le meilleur système de santé du monde. »
Ce qu'il faut retenir
- Le lien entre l'effondrement de la biodiversité et la propagation des zoonoses est largement documenté.
- Le changement climatique est considéré comme un facteur aggravant indirect plutôt que comme une cause directe.
- La biodiversité riche joue un rôle protecteur en diluant les virus entre de nombreuses espèces.
Le lien entre biodiversité et zoonoses
Le mécanisme de transmission des zoonoses est connu. Lorsque l'on déforeste, intensifie l'élevage ou grignote les prairies, on rapproche les humains des animaux porteurs de virus, ce qui favorise le risque de transmission. Selon Serge Morand, biologiste au CNRS et spécialiste des maladies transmises par les rongeurs, « quand on déforeste, quand on intensifie l'élevage, quand on grignote les prairies, on rapproche les humains des animaux porteurs de virus et on favorise le risque de transmission ».
Certaines espèces s'adaptent à notre environnement, notamment les rongeurs et les moustiques, ce qui augmente le risque de transmission des virus. La biodiversité riche joue un rôle protecteur en diluant les virus entre de nombreuses espèces, réduisant ainsi le risque de transmission à l'humain.
Le rôle du changement climatique
Le changement climatique est considéré comme un facteur aggravant indirect plutôt que comme une cause directe de la multiplication des zoonoses. Il n'existe pas de lien direct établi entre réchauffement climatique et hantavirus, mais un effet indirect qui passe principalement par la perte de biodiversité et la modification de l'écologie des rongeurs.
Serge Morand précise que le dérèglement climatique provoque de plus en plus de phénomènes météorologiques extrêmes, comme les tempêtes, qui ont une incidence sur la densité et les déplacements des rongeurs. Les populations de rongeurs porteurs potentiels d'hantavirus connaissent régulièrement des « pullulations », c'est-à-dire des explosions démographiques qui peuvent multiplier leur densité par 50, 300, voire 500 dans le cas des campagnols européens.
Les conséquences en France
En France, l'hantavirus reste une maladie rare avec environ 100 cas par an, principalement dus au virus Puumala. Cependant, selon Santé publique France, la zone d'endémie s'étend. Quelque 43 départements ont aujourd'hui enregistré au moins un cas, contre 31 en 2015. Cette extension géographique est cohérente avec l'évolution des écosystèmes et des conditions climatiques.
En conclusion, la multiplication des zoonoses est un problème complexe qui nécessite une approche globale, prenant en compte à la fois la biodiversité et le changement climatique. Il est essentiel de continuer à suivre de près l'évolution de la situation et de prendre des mesures concrètes pour prévenir la transmission de ces maladies.