Alors que les comptes de l’État et de la Sécurité sociale affichent des déficits records, l’amélioration du taux d’emploi des seniors pourrait constituer un remède partiel. Selon Le Figaro, les finances publiques se trouvent dans une situation critique : le déficit public a atteint 152,5 milliards d’euros en 2025, tandis que les comptes sociaux affichaient un déficit de 21,6 milliards d’euros la même année. Dans ce contexte économique tendu, une hausse de l’emploi des 55-64 ans permettrait d’augmenter les recettes fiscales et les cotisations sociales tout en réduisant les dépenses liées aux prestations sociales.

Ce qu'il faut retenir

  • Le déficit public français a atteint 152,5 milliards d’euros en 2025, et celui de la Sécurité sociale 21,6 milliards d’euros.
  • En 2025, 61,7 % des 55-64 ans occupaient un emploi, contre 83 % des 25-54 ans.
  • La France reste en retard par rapport à ses voisins européens en matière d’emploi senior.
  • Une augmentation du taux d’emploi des seniors pourrait alléger la pression sur les finances publiques.
  • Les réformes récentes ont permis une progression historique, mais le retard persiste.

Un taux d’emploi en hausse, mais encore insuffisant

Les dernières réformes des retraites ont contribué à améliorer le taux d’emploi des seniors, comme le souligne Le Figaro. En 2025, 61,7 % des personnes âgées de 55 à 64 ans occupaient un emploi, selon les chiffres publiés en juillet par la Dares, le service de statistique du ministère du Travail. Ce taux, bien qu’en progression constante et ayant atteint un niveau historique, reste inférieur à la moyenne européenne. 83 % des 25-54 ans sont en emploi, ce qui illustre l’écart entre les deux tranches d’âge.

Cette situation s’explique en partie par des freins structurels : les carrières discontinues, les métiers pénibles ou encore les dispositifs de départ anticipé pèsent sur l’employabilité des seniors. Pourtant, comme le rappelle la Dares, la tendance est à l’amélioration. Chaque année, le taux d’emploi des 55-64 ans progresse, portés par des mesures incitatives comme le cumul emploi-retraite ou les aides à l’embauche.

Un enjeu économique et social majeur

Les conséquences d’un taux d’emploi senior faible pèsent lourdement sur les finances publiques. D’un côté, les recettes fiscales et les cotisations sociales manquent à l’appel, privant l’État et la Sécurité sociale de plusieurs milliards d’euros. De l’autre, les dépenses liées aux prestations sociales — notamment les pensions de retraite — gonflent les déficits. Selon Le Figaro, les retraites représentent une part bien plus importante des dépenses en France que chez ses voisins européens, ce qui accentue la pression sur les comptes publics.

Une augmentation du taux d’emploi des seniors aurait donc un double effet bénéfique : elle réduirait les dépenses sociales tout en boostant les recettes. Les économistes estiment que chaque point de pourcentage supplémentaire du taux d’emploi des 55-64 ans pourrait générer plusieurs centaines de millions d’euros d’économies pour les finances publiques. Un argument de poids alors que la dette publique française dépasse 110 % du PIB.

« En 2025, 61,7 % des personnes âgées de 55 à 64 ans ont un emploi, contre 83 % des 25 à 54 ans », a précisé la Dares dans une note publiée en juillet. Ce taux, bien qu’en hausse, reste inférieur à la moyenne de l’Union européenne.

Des réformes en cours, mais des marges de progression

La France a engagé des réformes pour inciter les seniors à rester en activité. Parmi les mesures phares figurent le cumul emploi-retraite, qui permet aux retraités de reprendre un travail sans perdre leur pension, ou encore le dispositif de retraite progressive, qui autorise un temps partiel tout en percevant une partie de sa pension. Ces outils ont déjà permis de faire progresser le taux d’emploi des 55-64 ans, passant de 52 % en 2010 à 61,7 % en 2025.

Pourtant, des obstacles persistent. Certains secteurs, comme le BTP ou la santé, peinent à retenir leurs salariés seniors en raison de la pénibilité des métiers. D’autres freins relèvent de choix individuels : certains préfèrent liquider leur retraite dès l’âge légal, quitte à réduire leur niveau de vie. Enfin, les stéréotypes liés à l’âge jouent encore contre l’embauche des seniors, malgré leur expérience reconnue.

Et maintenant ?

Les prochaines étapes pourraient passer par un renforcement des incitations financières pour les entreprises qui embauchent des seniors, ou par une refonte des dispositifs de cumul emploi-retraite pour les rendre plus attractifs. La Commission européenne, qui suit de près les performances de la France en matière d’emploi senior, pourrait aussi jouer un rôle en fixant des objectifs plus ambitieux pour 2030. Reste à voir si ces mesures suffiront à combler le retard français par rapport à ses voisins, comme l’Allemagne (75 %) ou la Suède (78 %).

Une chose est sûre : dans un contexte de vieillissement démographique et de tensions sur les finances publiques, l’emploi des seniors n’est plus une option, mais une nécessité. Les prochaines réformes sociales et fiscales devront en tenir compte, sous peine d’aggraver encore la situation des comptes publics.

En 2025, l’Allemagne (75 % des 55-64 ans en emploi) et la Suède (78 %) figurent parmi les meilleurs élèves européens. La moyenne de l’Union européenne se situe autour de 64 %, selon les données d’Eurostat.

Parmi les dispositifs en vigueur, on compte le cumul emploi-retraite, la retraite progressive (temps partiel avec pension partielle), les aides à l’embauche pour les seniors dans les entreprises, et les aménagements de fin de carrière dans certains secteurs comme la fonction publique.