Le tribunal civil de Hanovre a rendu un jugement définitif condamnant le voyagiste TUI à verser une indemnité de 986,70 € à un client allemand qui s’était vu privé de transats autour des piscines de son hôtel en Grèce. Selon Le Figaro, la décision, rendue publique ce 7 mai 2026, estime que « lors d’un tel voyage, où le temps passé à la piscine ou à proximité joue un rôle important, les voyageurs peuvent s’attendre à ce qu’un nombre suffisant de transats soit garanti ».
Ce qu'il faut retenir
- 986,70 € : montant des dommages et intérêts accordés par la justice allemande à un client de TUI.
- 7 186 € : coût total du séjour en formule tout compris réservé par le vacancier pour août 2024.
- 6 heures du matin : heure à laquelle les transats étaient systématiquement « réservés » avec des serviettes par d’autres clients.
- 6 piscines : nombre de bassins autour desquels se trouvaient les transats monopolisés dans l’hôtel de l’île de Kos.
- TUI a d’abord proposé une indemnité de 350 €, jugée insuffisante par le tribunal.
Un séjour en Grèce gâché par la pratique controversée des « réservations de transats »
Le plaignant, un touriste allemand dont l’identité n’a pas été divulguée, avait réservé pour sa famille un séjour en formule tout compris dans un hôtel de l’île de Kos pour la somme de 7 186 €, précise le jugement rendu par le tribunal de Hanovre. Dès son arrivée en août 2024, il a constaté que « chaque jour, tous les transats de la piscine de l’hôtel étaient réservés avec des serviettes dès six heures du matin », peut-on lire dans la décision de justice. Une pratique qui, selon lui, a privé sa famille de l’accès aux espaces de détente autour des bassins, pourtant inclus dans le forfait payé.
Cette méthode de réservation informelle, souvent adoptée par certains vacanciers pour s’assurer une place au bord de l’eau, est devenue un sujet récurrent de tension dans les hôtels clubs méditerranéens. « Le plaignant et sa famille n’ont pas adopté cette pratique de réservation et se sont donc retrouvés sans transat disponible pour profiter de la piscine et du soleil », détaille le tribunal. Autant dire que leur expérience en a été significativement altérée.
TUI propose 350 € avant que la justice n’intervienne
Le vacancier s’est plaint auprès du représentant local de TUI ainsi qu’auprès du personnel de l’établissement, estimant que cette manière de s’approprier les transats contrevenait au règlement de l’hôtel. Ce dernier, qui dispose de près de 400 chambres et six piscines, n’a toutefois pris aucune mesure pour mettre fin à cette pratique, selon les éléments du dossier.
Face à l’absence de solution proposée par le voyagiste, TUI a initialement proposé au client une indemnité de 350 €, soit environ 5 % du prix de son séjour. Une somme jugée insuffisante par le vacancier, qui a saisi la justice. « Dans sa décision rendue le mois dernier, le tribunal lui a accordé 986,70 € de dommages et intérêts, soit environ 15 % de la facture », rapporte Le Figaro.
Une décision qui rappelle les obligations des voyagistes en matière de confort
Dans son jugement, le tribunal de Hanovre a rappelé qu’un voyagiste est tenu de garantir un minimum de confort à ses clients, surtout lorsque les prestations incluent l’accès à des équipements comme les piscines. « Lors d’un tel voyage, où le temps passé à la piscine ou à proximité joue un rôle important, les voyageurs peuvent s’attendre à ce qu’un nombre suffisant de transats soit garanti », souligne la décision, qui rappelle que cette garantie fait partie intégrante des services promis dans le cadre d’un séjour tout compris.
Contacté par l’AFP, un porte-parole de TUI a indiqué ne pas souhaiter commenter cette décision, confirmant ainsi que l’affaire est désormais close sur le plan judiciaire. Cette condamnation pourrait néanmoins inciter le groupe à revoir ses procédures internes concernant la gestion des conflits entre clients sur les équipements partagés.
Reste à savoir si cette affaire aura un écho au-delà des frontières allemandes, dans un secteur du tourisme où les plaintes pour manque de transparence ou de qualité des prestations sont monnaie courante.
Cette pratique consiste, pour certains vacanciers, à déposer leur serviette sur un transat tôt le matin pour s’assurer d’occuper la place toute la journée. Bien qu’elle ne soit pas toujours interdite, elle est souvent perçue comme une manière d’exclure d’autres clients, surtout dans les hôtels où le nombre de transats est limité par rapport au nombre de chambres.
Oui, dans la mesure où elle rappelle aux voyagistes leurs obligations en matière de garantie des prestations promises. D’autres clients pourraient s’en inspirer pour contester des pratiques similaires, ce qui pourrait conduire à une harmonisation des politiques internes des groupes touristiques.