Une agence fédérale américaine, la Commission pour l’égalité des chances en matière d’emploi (EEOC), a décidé de poursuivre le New York Times pour discrimination à l’embauche fondée sur la race, selon Courrier International. Dans un communiqué publié cette semaine, l’EEOC affirme que le quotidien new-yorkais a écarté un employé blanc d’une promotion en 2025, en violation du titre VII de la loi sur les droits civiques de 1964.
Ce qu'il faut retenir
- Le New York Times est poursuivi par l’EEOC, une agence fédérale américaine, pour discrimination anti-Blancs dans le cadre d’une promotion en 2025.
- L’EEOC accuse le journal d’avoir violé le Titre VII de la loi sur les droits civiques de 1964, qui interdit toute discrimination fondée sur la race ou le genre.
- L’agence fédérale, dirigée par une proche de Donald Trump, s’attaque aux politiques de diversité, d’équité et d’inclusion (DEI) des entreprises, qu’elle juge discriminatoires envers les hommes blancs.
- Le plaignant, un employé du journal depuis 2014, affirme avoir été plus qualifié que le candidat retenu pour le poste de rédacteur en chef adjoint chargé de l’immobilier.
- Le New York Times rejette ces accusations, affirmant que ses pratiques en matière d’emploi reposent sur le mérite et visent à recruter les meilleurs talents.
Cette procédure judiciaire s’inscrit dans une stratégie plus large de l’administration Trump, qui cherche à limiter l’influence des politiques DEI dans les entreprises américaines. Depuis le début de son second mandat, le président américain a nommé à la tête de l’EEOC des personnalités hostiles à ces programmes, comme Andrea Lucas, présidente de l’agence depuis janvier 2026.
« Personne n’est au-dessus de la loi, pas même les institutions de l’‘élite’ », a déclaré Andrea Lucas dans un entretien accordé au Washington Post. Elle a rappelé que toute discrimination fondée sur la race ou le genre était illégale, conformément aux principes des droits civiques aux États-Unis.
Une plainte liée à une politique de diversité critiquée
Selon les documents judiciaires consultés par Courrier International, l’EEOC reproche au New York Times d’avoir mis en avant ses programmes de diversité, d’équité et d’inclusion (DEI) pour justifier la sélection d’un candidat noir plutôt qu’un employé blanc pour le poste de rédacteur en chef adjoint. Le plaignant, qui travaillait au journal depuis 2014, avait postulé en 2025 à cette promotion.
La plainte cite notamment un « appel à l’action » lancé en 2021 par le New York Times, fixant pour objectif d’augmenter le nombre d’employés noirs et latino-américains au sein de la rédaction. L’accusation souligne que la liste finale des candidats retenus pour le poste comprenait « une femme blanche, un homme noir, une femme d’origine asiatique et une femme métisse ». Le plaignant blanc affirmait pourtant être plus qualifié que la personne finalement choisie.
Cette affaire s’inscrit dans un contexte de tensions croissantes aux États-Unis autour des politiques DEI. Depuis 2025, plusieurs États dirigés par des gouverneurs républicains ont adopté des lois restreignant ces programmes dans les entreprises et les institutions publiques. L’administration Trump a fait de la remise en cause des politiques de diversité une priorité, en les présentant comme une forme de discrimination inverse.
Le New York Times rejette les accusations « motivées politiquement »
Dans un communiqué, Danielle Rhoades Ha, porte-parole du New York Times, a « rejeté catégoriquement les accusations à motivation politique formulées par l’EEOC ». Elle a ajouté : « Nos pratiques en matière d’emploi sont fondées sur le mérite et visent à recruter et à promouvoir les meilleurs talents du monde. »
Le quotidien new-yorkais, souvent critiqué pour son engagement en faveur de la diversité, a défendu sa politique de promotion interne, affirmant que chaque décision était prise de manière transparente et équitable. Cependant, la plainte de l’EEOC pourrait relancer le débat sur l’équilibre entre les objectifs de diversité et les principes d’égalité de traitement dans les médias américains.
Cette affaire intervient alors que le New York Times fait face à des pressions croissantes pour rendre des comptes sur ses pratiques en matière de recrutement et de promotion. Plusieurs employés ont récemment dénoncé un manque de transparence dans les processus de sélection, notamment pour les postes à responsabilité.
L’EEOC, un outil au service de la politique de Trump
L’EEOC, traditionnellement chargée de faire respecter les droits civiques sur le lieu de travail, a été profondément réorientée depuis l’arrivée de Donald Trump à la présidence. Andrea Lucas, nommée à sa tête en janvier 2026, a transformé l’agence en un instrument exécutif du programme présidentiel. Elle s’est notamment donnée pour mission de « remettre en cause l’ensemble des politiques DEI des entreprises », qu’elle juge discriminatoires envers les hommes blancs.
Cette stratégie s’inscrit dans une logique plus large de l’administration Trump, qui cherche à réduire l’influence des politiques progressistes dans les institutions fédérales. Depuis 2025, plusieurs agences fédérales ont vu leurs priorités redéfinies, avec un recentrage sur la lutte contre les discriminations inverses et la défense des « Américains blancs ».
L’EEOC a d’ores et déjà engagé plusieurs procédures judiciaires contre des entreprises accusées de favoriser les minorités dans leurs recrutements. Ces actions visent notamment des groupes médiatiques, des universités et des grandes entreprises technologiques.
Le New York Times, quant à lui, a déjà annoncé qu’il contesterait les accusations de l’EEOC. La direction du journal a réaffirmé son engagement en faveur de la diversité, tout en insistant sur le respect des règles d’équité dans ses processus de recrutement. L’issue de cette affaire pourrait avoir des répercussions bien au-delà des murs de la rédaction new-yorkaise.
L’EEOC (Equal Employment Opportunity Commission) est une agence fédérale américaine chargée de faire respecter les lois contre les discriminations en matière d’emploi. Elle peut enquêter sur les plaintes déposées par des employés et engager des poursuites contre les employeurs en cas de manquement à la loi. Son rôle a été élargi sous l’administration Trump, avec un accent mis sur la lutte contre les politiques de diversité jugées discriminatoires envers les hommes blancs.
Les politiques de diversité, d’équité et d’inclusion (DEI) visent à promouvoir la représentation des minorités et des groupes historiquement sous-représentés dans les entreprises et les institutions. Elles sont souvent critiquées par leurs détracteurs, qui les accusent de favoriser une discrimination inverse au détriment des majorités. Aux États-Unis, ces programmes sont devenus un enjeu politique majeur, notamment sous l’administration Trump, qui cherche à les limiter voire à les supprimer.