BFM Business s’interroge ce 7 mai 2026 sur la capacité de l’euro à maintenir sa fermeté face au dollar, alors que les indicateurs économiques américains continuent de surprendre. La parité entre les deux devises, souvent perçue comme un baromètre de la santé économique relative des États-Unis et de la zone euro, fait l’objet d’une analyse approfondie par les experts du portefeuille trading. L’enquête ADP sur l’emploi aux États-Unis, publiée aujourd’hui même, devrait apporter un éclairage supplémentaire sur les perspectives de la Fed.

Ce qu'il faut retenir

  • L’euro reste ferme face au dollar, mais son maintien à court terme est questionné par les analystes.
  • L’enquête ADP sur l’emploi américain, attendue aujourd’hui, pourrait influencer la politique monétaire de la Fed.
  • L’âge moyen des investisseurs français en ETF s’établit désormais à 38 ans, contre 60 ans en 2018.
  • Wall Street pourrait enregistrer une sixième semaine de hausse consécutive, selon les anticipations de John Plassard.
  • Les valeurs vertes, déjà jugées « mûres » par certains observateurs, suscitent un intérêt croissant.

L’enquête ADP, nouveau test pour l’emploi américain

Comme l’indique BFM Business, l’enquête ADP sur l’emploi non agricole aux États-Unis, publiée ce 7 mai 2026, sera scrutée de près par les investisseurs. Ces données, souvent considérées comme un précurseur des chiffres officiels du Bureau of Labor Statistics (BLS), pourraient donner des indices sur la trajectoire de la politique monétaire de la Réserve fédérale. Les analystes s’attendent à une légère baisse du taux de chômage américain, tout en surveillant l’évolution des salaires moyens. Une surprise à la hausse pourrait renforcer les anticipations de hausse des taux, pesant sur les actifs risqués.

Selon les économistes interrogés par BFM Business, le marché du travail américain reste le principal soutien à la croissance, malgré les tensions commerciales persistantes. Une publication plus forte que prévu pourrait donc alimenter les spéculations sur un maintien des taux élevés plus longtemps que prévu. À l’inverse, un ralentissement inattendu relancerait les paris sur une détente monétaire dès la prochaine réunion de la Fed, prévue en juin.

Wall Street en territoire inconnu : vers une sixième semaine de hausse ?

John Plassard, analyste pour USA Today, évoque la possibilité d’une sixième semaine consécutive de hausse à Wall Street, un phénomène rare en période de volatilité accrue. Les marchés actions américains bénéficient d’un contexte où les entreprises continuent de publier des résultats trimestriels résilients, malgré un environnement macroéconomique incertain. Les secteurs technologiques, en particulier, tirent leur épingle du jeu, portés par l’optimisme autour de l’intelligence artificielle et des semi-conducteurs.

Pour autant, les experts soulignent que cette dynamique dépend largement de la capacité des entreprises à maintenir leurs marges dans un contexte de coûts énergétiques volatils. Les ETF américains, qu’ils soient libellés en euros ou en dollars, restent un choix prisé des investisseurs, notamment pour le court terme. Julie Cohen-Heurton, experte en culture boursière, précise que la question du choix de la devise de cotation (euro ou dollar) se pose désormais avec acuité pour les investisseurs européens.

L’âge des investisseurs en ETF : un rajeunissement spectaculaire

La Data Room de BFM Business révèle un changement générationnel sans précédent : l’âge moyen des investisseurs français en ETF est désormais de 38 ans, contre 60 ans en 2018. Cette évolution reflète l’essor des plateformes digitales et la démocratisation de l’investissement passif, notamment chez les jeunes actifs. L’Autorité des marchés financiers (AMF) note que cette tendance s’accompagne d’une appétence croissante pour les produits indiciels, perçus comme plus accessibles et moins risqués que les actions individuelles.

Ce rajeunissement du profil des investisseurs s’inscrit dans une logique plus large de désintermédiation financière. Les courtiers en ligne et les robo-advisors jouent un rôle clé dans cette transformation, en proposant des solutions d’investissement automatisées et à moindre coût. Cependant, les experts rappellent que cette jeunesse relative ne doit pas occulter les risques inhérents aux marchés, notamment en période de correction.

Les valeurs vertes : un secteur déjà mature ?

La question de la maturité des valeurs vertes est au cœur des débats, comme le souligne BFM Business. Les entreprises engagées dans la transition énergétique et la réduction des émissions de carbone bénéficient d’un soutien croissant, tant de la part des régulateurs que des investisseurs. Pourtant, leur valorisation reste sensible aux évolutions des politiques climatiques et aux cycles de crédit.

Certains analystes estiment que ce secteur a déjà atteint un niveau de maturité suffisant pour attirer des capitaux institutionnels, tandis que d’autres mettent en garde contre une bulle spéculative. Les critères ESG (Environnementaux, Sociaux et de Gouvernance) sont désormais incontournables dans les portefeuilles, mais leur application concrète varie selon les gestionnaires.

Et maintenant ?

Plusieurs échéances clés devraient influencer les marchés dans les prochaines semaines. L’enquête ADP d’aujourd’hui pourrait donner le ton pour les prochaines publications de données américaines, tandis que les résultats trimestriels des géants technologiques, attendus d’ici la mi-mai, seront déterminants pour Wall Street. Côté Europe, les indicateurs de confiance des ménages et des entreprises, ainsi que les décisions de la Banque centrale européenne, seront à surveiller de près. Autant dire que la volatilité pourrait rester élevée, dans un contexte où les politiques monétaires des deux côtés de l’Atlantique restent divergentes.

Pour les investisseurs, la question n’est plus tant de savoir si l’euro résistera au dollar, mais pendant combien de temps. Les prochaines réunions de la Fed et de la BCE, prévues respectivement les 11 juin et 6 juin 2026, s’annoncent comme des moments décisifs. En attendant, les marchés devraient continuer de naviguer entre optimisme sur les résultats des entreprises et prudence face à l’incertitude économique globale.

Cette baisse spectaculaire, passée de 60 ans en 2018 à 38 ans en 2026, s’explique principalement par la démocratisation des plateformes d’investissement en ligne et des robo-advisors, qui ont rendu l’accès aux ETF plus simple et moins coûteux. L’engouement pour les produits passifs, combiné à une prise de conscience accrue de l’importance de l’épargne retraite chez les jeunes actifs, a accéléré cette tendance.