Selon RFI, plus de 850 000 Argentins ont signé une pétition visant à protéger les glaciers du pays, menacés par les ambitions minières. Cette mobilisation citoyenne, portée par un collectif d’ONG environnementales, cherche à contester la modification récente de la loi sur les glaciers, adoptée par le Parlement argentin il y a moins d’un mois. L’enjeu est de taille : cette révision législative ouvre la voie à l’exploitation minière dans des zones jusqu’alors protégées.
Ce qu'il faut retenir
- 850 000 signatures collectées en faveur de la protection des glaciers, selon les données transmises par les organisateurs à RFI.
- La pétition a été lancée par des ONG environnementales devant les tribunaux argentins pour bloquer l’application de la loi modifiée.
- Le Parlement argentin a voté la révision de la loi sur les glaciers le mois dernier, avant même que la mobilisation ne prenne de l’ampleur.
- La modification législative autorise désormais l’industrie minière à s’installer dans des zones auparavant interdites, où se trouvent des glaciers.
- Les glaciers argentins, essentiels à l’écosystème et aux ressources en eau, deviennent ainsi vulnérables aux projets d’extraction.
Une loi modifiée au cœur d’un bras de fer juridique
La loi originale sur les glaciers, adoptée en 2010, avait pour objectif de préserver ces écosystèmes fragiles en interdisant toute activité industrielle à proximité. Cependant, le Parlement argentin a récemment voté une révision de ce texte, introduisant des dérogations pour l’industrie minière. Cette décision a immédiatement suscité l’opposition des associations écologistes, qui dénoncent un recul environnemental sans précédent.
Parmi les signataires de la pétition figurent des scientifiques, des universitaires et des citoyens préoccupés par l’impact à long terme de l’exploitation minière sur les ressources hydriques du pays. « Les glaciers sont des réserves d’eau douce vitales pour des millions de personnes », a rappelé un porte-parole des ONG à RFI. « Les autoriser à être détruits pour de l’or ou du cuivre est une aberration ».
Une mobilisation citoyenne sans précédent
Le mouvement a pris de l’ampleur en quelques semaines seulement, dépassant largement les attentes des organisateurs. Les signatures ont été recueillies en ligne, mais aussi dans les rues, les universités et les lieux de travail à travers le pays. Selon les estimations, près d’un Argentin sur cinquante a participé à la collecte, ce qui en fait l’une des plus grandes mobilisations écologistes de ces dernières années.
Les organisateurs ont saisi la justice pour demander l’annulation de la révision de la loi, arguant qu’elle contrevient à la Constitution argentine, qui garantit le droit à un environnement sain. « Nous allons plaider devant les tribunaux que cette modification est illégale », a déclaré l’avocat représentant les ONG. « Le Parlement n’a pas le droit de sacrifier l’avenir de l’eau du pays pour des intérêts économiques à court terme ».
Les glaciers argentins, un écosystème sous pression
L’Argentine abrite l’une des plus grandes étendues de glaciers d’Amérique du Sud, notamment dans les Andes. Ces formations glaciaires jouent un rôle crucial dans l’alimentation des cours d’eau, fournissant de l’eau potable à des régions entières. Leur fonte progressive, accélérée par le changement climatique, rend leur protection d’autant plus urgente. Pourtant, avec la révision de la loi, des projets miniers pourraient désormais s’installer à proximité, avec des risques de pollution des sols et des nappes phréatiques.
Les opposants à la modification législative soulignent que l’Argentine s’est engagée, via des accords internationaux, à protéger ses glaciers. « Ce revirement juridique envoie un mauvais signal à la communauté internationale », a pointé du doigt un chercheur en sciences de l’environnement. « Comment demander aux autres pays de préserver leur environnement si nous faisons marche arrière nous-mêmes ? »
Reste à voir si cette mobilisation, inédite par son ampleur, parviendra à inverser le cours des choses. En attendant, les glaciers, ces sentinelles des Andes, continuent de faire les frais d’un modèle économique qui semble les considérer comme une ressource à exploiter plutôt que comme un patrimoine à protéger.