Ali Karimli, secrétaire général du Parti du front populaire d’Azerbaïdjan (PFPA) et opposant emblématique depuis plus de trois décennies, est jugé ce mercredi à Bakou pour « tentative de coup d’État ». Depuis sa cellule, il a accordé un entretien exclusif à France 24, où il dénonce des accusations « fabriquées de toutes pièces » par le pouvoir en place et évoque openly le risque d’un assassinat politique.
Ce qu'il faut retenir
- Ali Karimli, figure majeure de l’opposition azerbaïdjanaise depuis 30 ans, est jugé à Bakou pour « tentative de coup d’État ».
- Les autorités l’accusent d’avoir orchestré un complot visant à renverser le régime du président Ilham Aliev.
- Karimli, emprisonné depuis plusieurs mois, dénonce des accusations « inventées » et craint pour sa vie.
- Son procès s’ouvre alors que les tensions politiques en Azerbaïdjan s’exacerbent.
- Les observateurs internationaux s’interrogent sur la légitimité de cette procédure judiciaire.
Un opposant historique face à un régime autoritaire
Âgé de 61 ans, Ali Karimli incarne depuis les années 1990 l’opposition à l’autoritarisme en Azerbaïdjan. Chef du PFPA, parti politique fondé en 1989, il a toujours été une voix critique envers le pouvoir, qu’il accuse de corruption et de violations des droits humains. Son arrestation en 2024, suivie de son incarcération préventive, a marqué un tournant dans la répression des voix dissidentes sous le mandat du président Ilham Aliev, au pouvoir depuis 2003.
Des accusations jugées « infondées » par les défenseurs des droits
Dans son entretien avec France 24, Karimli rejette avec véhémence les charges retenues contre lui. « Ces accusations sont totalement fabriquées, un prétexte pour m’écarter de la scène politique », a-t-il déclaré. Selon lui, le pouvoir cherche à le neutraliser avant les prochaines élections présidentielles, prévues en octobre 2026. Les organisations de défense des droits humains, comme Amnesty International ou Human Rights Watch, ont maintes fois alerté sur la dérive autoritaire en Azerbaïdjan, où les procès politiques se multiplient.
Le risque d’une issue tragique plane sur le procès
Karimli, souvent comparé à Alexeï Navalny pour son combat démocratique, ne cache pas ses craintes quant à son avenir. « On ne peut exclure un accident dans ma cellule », a-t-il confié à France 24, évoquant la possibilité d’un assassinat déguisé. Son cas rappelle celui d’autres opposants azerbaïdjanais disparus ou morts dans des circonstances troubles ces dernières années, comme le journaliste Ganimat Zahid, décédé en prison en 2020. Les autorités azerbaïdjanaises, de leur côté, assurent que le procès se déroulera dans le respect de l’État de droit, bien que les observateurs internationaux doutent de l’indépendance de la justice locale.
Reste à voir si la pression internationale suffira à infléchir la position du régime. Les prochaines semaines seront déterminantes, tant pour l’avenir politique de Karimli que pour la crédibilité des institutions azerbaïdjanaises.
Karimli, comme l’opposant russe, incarne une opposition pacifique et démocratique face à un régime autoritaire. Tous deux ont été emprisonnés pour des motifs politiques et sont devenus des symboles de la lutte pour les libertés fondamentales.