Selon BMF - International, les autorités équatoriennes ont annoncé mardi 19 mai 2026 la libération de six mineures étrangères victimes d’un réseau de traite d’êtres humains, soupçonné d’être lié à la secte juive ultra-orthodoxe Lev Tahor. L’opération, menée par la police équatorienne, s’est déroulée dans la province de Santo Domingo de los Tsáchilas, au centre du pays. Les jeunes victimes, retrouvées dans un bâtiment insalubre, ont ensuite été transférées aux États-Unis pour y être prises en charge.
Ce qu'il faut retenir
- Six mineures étrangères ont été secourues d’un réseau de traite en Équateur le 19 mai 2026.
- Les autorités soupçonnent la secte Lev Tahor, une organisation juive ultra-orthodoxe radicale, d’être impliquée.
- Les victimes ont été découvertes dans un bâtiment dépourvu de conditions humanitaires.
- Après leur sauvetage, elles ont été transférées aux États-Unis pour y recevoir une assistance.
- La secte Lev Tahor est poursuivie dans plusieurs pays pour violences sexuelles et maltraitances sur mineurs.
Dans un communiqué publié sur X, le ministère de l’Intérieur équatorien a précisé que les mineures portaient des voiles noirs longs lors de leur libération. « Les mineures ont été retrouvées dans un bâtiment dépourvu de conditions humanitaires adéquates », a indiqué le ministère. L’enquête porte sur des délits présumés de traite d’êtres humains et d’exploitation forcée, impliquant des membres de Lev Tahor.
Fondée dans les années 1980, Lev Tahor est une secte juive ultra-orthodoxe dont les pratiques radicales incluent le port de tuniques noires couvrant entièrement le corps des femmes. Selon les autorités, cette organisation est suspectée de trafics d’êtres humains et de maltraitances sur mineurs depuis plusieurs années. Les faits récents en Équateur s’inscrivent dans une série d’interventions internationales visant à démanteler ses réseaux.
Une secte sous surveillance internationale
La secte Lev Tahor est connue pour ses dérives sectaires et ses abus documentés dans plusieurs pays d’Amérique latine et d’Amérique du Nord. En décembre 2025, la Colombie avait expulsé et remis aux autorités américaines neuf membres de la secte, poursuivis pour violences sexuelles et maltraitances sur mineurs. Ces arrestations faisaient suite au sauvetage de 17 enfants dans ce pays.
Un an plus tôt, en 2024, les autorités guatémaltèques avaient mené une opération d’envergure dans le sud du pays, conduisant au sauvetage de 160 enfants lors de perquisitions motivées par des soupçons de traite d’êtres humains. Les enquêteurs avaient alors évoqué des cas de grossesses forcées, de maltraitances et de viols au sein de communautés liées à la secte.
Le profil des victimes et les conditions de leur exploitation
D’après les informations communiquées par le ministère équatorien, les six mineures secourues étaient des étrangères, probablement recrutées à l’étranger avant d’être exploitées en Équateur. Leur transfert aux États-Unis suggère une dimension transnationale du réseau, impliquant potentiellement plusieurs pays d’Amérique latine et d’Amérique du Nord.
Les conditions dans lesquelles elles ont été découvertes – dans un bâtiment sans conditions humanitaires – laissent supposer une exploitation systématique. Les images diffusées par le ministère montrent les mineures vêtues de voiles noirs, conformément aux pratiques vestimentaires imposées par Lev Tahor. Ces éléments renforcent l’hypothèse d’une emprise idéologique et physique sur les victimes.
« L’enquête porte sur les délits présumés de traite d’êtres humains et d’exploitation forcée impliquant des membres de la secte Lev Tahor. »
— Ministère de l’Intérieur équatorien, 19 mai 2026
Un réseau aux ramifications multiples
Les dernières interventions des autorités contre Lev Tahor révèlent l’étendue des réseaux de cette secte, qui s’étendent bien au-delà des frontières équatoriennes. Les enquêtes menées en Colombie et au Guatemala ont mis en lumière des mécanismes d’exploitation similaires, avec des victimes mineures soumises à des violences physiques et psychologiques.
En Équateur, l’opération du 19 mai 2026 s’ajoute à une série de mesures prises pour lutter contre les réseaux de traite dans la région. Les autorités locales collaborent avec des organisations internationales, dont les services américains, pour démanteler ces structures criminelles. Le transfert des mineures aux États-Unis marque une étape clé dans leur protection et dans la poursuite des enquêtes.
Cet événement rappelle l’urgence d’une réponse coordonnée contre les réseaux de traite et les organisations sectaires exploitant des mineurs. Les autorités équatoriennes ont déjà annoncé leur intention de traduire les responsables présumés en justice, tandis que des ONG appellent à une protection renforcée des victimes et à une sensibilisation accrue dans les communautés vulnérables.
Alors que les enquêtes se poursuivent, cette affaire soulève des questions sur l’efficacité des dispositifs de lutte contre la traite en Amérique latine. Comment mieux coordonner les actions entre pays pour démanteler ces réseaux ? Quelles mesures supplémentaires peuvent être prises pour protéger les mineurs des dérives sectaires ? Autant de défis qui restent à relever dans les mois à venir.
Lev Tahor est une secte juive ultra-orthodoxe fondée dans les années 1980 au Canada, avant de s’installer dans plusieurs pays, dont les États-Unis, le Guatemala, la Colombie et l’Équateur. Elle est connue pour ses pratiques radicales, incluant le port de vêtements couvrant entièrement le corps des femmes, et fait l’objet d’enquêtes pour maltraitances, violences sexuelles et traite d’êtres humains.
Une conférence de presse est prévue dans les prochains jours en Équateur pour faire un point sur l’avancée des investigations. Par ailleurs, les autorités américaines pourraient engager des poursuites contre les membres de Lev Tahor arrêtés en Colombie et en Équateur, une fois les enquêtes locales achevées.