"Si la phrase est explicite, il faut réagir" : c'est ce que recommande la pédopsychiatre Françoise Fericelli, spécialiste de la prise en charge d'enfants victimes de violences. Selon Franceinfo - Santé, de nombreuses affaires de violences sexuelles, physiques et psychologiques ont éclaté en France, suscitant l'inquiétude des familles. En effet, plusieurs affaires de violences physiques, psychiques et sexuelles dans le périscolaire ont été révélées dans la presse en 2025 et 2026.
De son côté, le maire socialiste de Paris, Emmanuel Grégoire, a assuré en avril que 78 animateurs avaient été suspendus dans la capitale depuis le début de l'année 2026, dont 31 pour des suspicions de violences sexuelles. De son côté, le collectif SOS Périscolaire affirme avoir collecté plus de 460 signalements dans toute la France depuis 2021.
Ce qu'il faut retenir
- Les violences dans le périscolaire ont été révélées dans plusieurs affaires en 2025 et 2026.
- 78 animateurs ont été suspendus à Paris pour des suspicions de violences sexuelles.
- Le collectif SOS Périscolaire a collecté plus de 460 signalements dans toute la France depuis 2021.
- Les enfants victimes de violences peuvent avoir des propos sexuels inadaptés et des comportements très sexualisés.
Comment aborder le sujet et réagir au plus vite ? Quels sont les signes qui doivent alerter ? Que faire en cas de doute ? Franceinfo a posé ces questions à plusieurs experts.
Comment aborder le sujet
Le plus important pour les parents est d'être à l'écoute de leur enfant jour après jour, et de lui montrer que l'on peut parler de tout, souligne Françoise Fericelli. Cette écoute passe par des questions que l'on peut poser tous les soirs, au coucher ou durant un temps calme. Il faut parler de ce qu'il se passe à l'école par des questions ouvertes, et surtout éviter les questions trop suggestives.
Hélène Romano, docteure en psychopathologie spécialisée dans la prise en charge d'enfants victimes, préconise de le faire hors d'une chambre, car c'est un espace d'intimité. Quand le parent n'est pas à l'aise avec ces questions, il est aussi possible de passer la main à un proche de confiance ou à un professionnel de santé.
Quels mots doivent alerter
Les enfants agressés sexuellement peuvent avoir des propos sexuels inadaptés, avec des références sensorielles précises, pointe Hélène Romano. La psychothérapeute cite notamment l'exemple d'un « zizi qui fait pipi blanc » ou « avec des poils qui piquent » ou encore d'une « main dans la culotte qui a fait mal à cause des ongles longs ». Ce sont des descriptions qu'ils ne peuvent pas avoir inventées.
C'est tout un ensemble qui doit alerter le parent, souligne Françoise Fericelli. Quand les déclarations sont spontanées, les études montrent qu'il n'y a qu'extrêmement rarement de fausses allégations.
Quels comportements repérer
Les experts invitent les parents à être très attentifs aux changements de comportements chez leurs enfants : difficultés d'endormissement, réveils nocturnes, irritabilité, colères, mise en retrait, mutisme… En cas de violences physiques, on peut aussi observer des bleus et des traces d'ecchymoses.
Prudence toutefois, car ces symptômes ne sont pas spécifiques aux violences commises par des adultes, ils peuvent aussi survenir en cas de harcèlement, de deuil ou de contexte familial difficile, met en garde Guillaume Bronsard, pédopsychiatre à l'hôpital de Brest.
Que faire en cas de doute
Avant d'avertir l'école ou les autorités, il est important de poser plusieurs questions à son enfant sans influencer son récit, recommande Hélène Romano. Il faut noter précisément les mots utilisés par son enfant, le contexte dans lequel il les a prononcés (s'il jouait, était joyeux, ou au contraire prostré et triste), ainsi que les questions formulées par les adultes.
Conclusion
Les violences dans le périscolaire sont un sujet grave qui doit être abordé avec sérieux et prudence. Les parents doivent être à l'écoute de leurs enfants et être capables de reconnaître les signes d'alerte. En cas de doute, il est essentiel de prendre des mesures pour protéger l'enfant.
Le sujet des violences dans le périscolaire soulève également des enjeux plus larges, tels que la responsabilité des institutions éducatives et la nécessité de prévenir ces violences.