Le Rassemblement du peuple de Guinée (RPG) d’Alpha Condé, héritier du pouvoir de Mamadi Doumbouya, a remporté la quasi-totalité des sièges lors des élections locales et législatives organisées fin mai en Guinée, selon Le Monde. Ces scrutins, qui se sont tenus le 31 mai 2026, ont confirmé l’hégémonie politique du camp présidentiel, dans un contexte marqué par l’absence d’une opposition structurée. À l’issue du vote, le RPG a raflé « près de 90 % des mairies et des sièges de députés », consolidant ainsi une domination sans partage sur l’appareil institutionnel du pays.

Ce qu'il faut retenir

  • Le parti présidentiel, le RPG, a remporté « près de 90 % des mairies et des sièges de députés » lors des élections du 31 mai 2026 en Guinée.
  • Ces élections se sont déroulées dans un contexte d’absence d’opposition structurée, après la large victoire de Mamadi Doumbouya à la présidentielle de décembre 2025.
  • Le président Doumbouya, ancien putschiste arrivé au pouvoir en septembre 2021, dirige désormais un régime où son parti contrôle l’ensemble des leviers institutionnels.

Ces résultats électoraux interviennent moins de six mois après l’élection de Mamadi Doumbouya à la présidence de la République, en décembre 2025. À l’époque, il avait été élu « largement » face à une opposition « inexistante », comme l’avait alors analysé Le Monde. L’ancien chef de la junte militaire, qui avait renversé le président Alpha Condé en septembre 2021, a depuis engagé une réforme constitutionnelle lui permettant de briguer un second mandat. Cette révision, contestée par une partie de la société civile, a été adoptée en mars 2026 par référendum, malgré des tensions persistantes dans le pays.

Les élections locales et législatives de mai 2026 ont donc scellé l’emprise du RPG sur l’ensemble des territoires. Selon les données officielles, le parti aurait remporté « 304 sièges sur 308 » à l’Assemblée nationale, et la quasi-totalité des 38 communes du pays. « L’opposition n’a obtenu que quelques sièges résiduels, insuffisants pour peser dans les débats parlementaires », a précisé un observateur politique cité par Le Monde. Ces chiffres confirment une tendance de fond : l’espace politique guinéen s’est considérablement réduit depuis l’arrivée de Doumbouya au pouvoir, avec une opposition marginalisée et des contre-pouvoirs affaiblis.

Cette situation interroge sur la vitalité démocratique du pays. « En l’absence d’une opposition crédible, les élections deviennent une formalité », a souligné un analyste basé à Conakry. « Le régime peut désormais gouverner sans réel contrepoids, ce qui pose la question de la légitimité à long terme de ces institutions. » Les observateurs internationaux, comme la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (Cédéao), avaient déjà exprimé des réserves sur le processus électoral de 2025. Pour les scrutins de mai 2026, aucune mission d’observation internationale n’a été déployée, en raison des restrictions imposées par les autorités.

Et maintenant ?

Les prochaines échéances politiques en Guinée restent floues, alors que Mamadi Doumbouya devrait achever son premier mandat en 2027. Son camp, qui contrôle désormais tous les leviers institutionnels, pourrait être tenté de prolonger sa présence au pouvoir. Une modification constitutionnelle permettant un troisième mandat n’est pas exclue, malgré les critiques internes et externes. Dans l’immédiat, les autorités guinéennes pourraient accentuer leur contrôle sur les médias et la société civile, afin d’éviter toute contestation avant les prochaines élections présidentielles. Reste à voir si cette stratégie suffira à garantir une stabilité durable, ou si elle alimentera, à terme, des tensions sociales.

La Guinée, riche en ressources naturelles comme la bauxite, reste un acteur clé en Afrique de l’Ouest. Mais son avenir politique dépendra largement de la capacité des institutions à s’ouvrir à une opposition réelle, ou à accepter une alternance pacifique. Pour l’instant, le régime de Doumbouya semble privilégier une logique de contrôle, quitte à étouffer toute velléité de pluralisme.

D’après les résultats officiels, seuls quelques partis marginaux ont obtenu des sièges résiduels à l’Assemblée nationale. Les principaux partis d’opposition, comme l’Union des forces démocratiques de Guinée (UFDG) ou le Rassemblement pour l’espoir, n’ont remporté aucun siège significatif, selon Le Monde.