Autour de la petite ville de Cinisi, à une trentaine de kilomètres de Palerme, une maison nichée entre les oliviers siciliens sert de point de ralliement à des militants écologistes et antifascistes. Selon Reporterre, cette bâtisse aux murs couverts de banderoles de collectifs locaux illustre un engagement où l’écologie et la lutte antimafia se croisent. On y trouve des drapeaux de la paix et de la Palestine, flottant au gré du vent sicilien.

Ce qu'il faut retenir

  • Un militant marseillais, Amine Kessaci, s’est rendu en Sicile pour échanger avec des activistes locaux sur les liens entre écologie et lutte antimafia.
  • La région de Cinisi, près de Palerme, est un territoire où le crime organisé a longtemps exercé une emprise forte, notamment à travers la gestion des déchets et des terres agricoles.
  • Les collectifs locaux considèrent la lutte antimafia comme un enjeu de santé publique, au même titre que la protection de l’environnement.

C’est dans ce cadre que Amine Kessaci, militant marseillais connu pour son engagement contre les réseaux criminels et pour la justice environnementale, a rencontré des activistes siciliens. Son déplacement s’inscrit dans une démarche visant à comprendre comment les communautés locales résistent à l’influence mafieuse, tout en protégeant leur territoire. Selon Reporterre, ces échanges révèlent une vision où la lutte contre la mafia dépasse la simple répression policière pour s’inscrire dans une approche globale, mêlant écologie, santé et justice sociale.

Une maison symbole de résistance en terrain mafieux

La maison de Cinisi, entourée d’oliviers centenaires, est bien plus qu’un lieu de réunion. Elle incarne une résistance quotidienne contre l’emprise historique de la mafia sicilienne, la Cosa Nostra, dans cette région. Comme le rapporte Reporterre, la Sicile a longtemps été marquée par l’emprise des clans sur l’économie locale, notamment à travers le contrôle des décharges, de la construction et de l’agriculture. Les oliviers, symbole de la région, sont parfois plantés sur des terres illégalement accaparées ou polluées par des activités criminelles.

Dans ce contexte, les militants locaux ont transformé cette maison en un espace de débat et d’action. Les banderoles accrochées aux clôtures reflètent les luttes menées : défense de l’environnement, opposition au fascisme, soutien à la cause palestinienne, autant de combats qui, selon eux, s’entrecroisent avec la résistance à la mafia. « Ici, on ne lutte pas seulement contre des hommes en costume-cravate, mais contre un système qui détruit la terre et les vies », confie un activiste cité par Reporterre.

La mafia, un fléau qui dépasse le simple crime organisé

Pour les Siciliens rencontrés par Amine Kessaci, la mafia n’est pas qu’une organisation criminelle. Elle représente un réseau d’influence qui étouffe l’économie locale, corrompt les institutions et menace la santé des populations. Reporterre souligne que des études ont montré des liens entre l’exposition à des déchets toxiques, souvent gérés par la mafia, et l’augmentation de certains cancers dans la région. « La lutte antimafia est une question de santé publique », affirme Kessaci, qui a rappelé lors de son séjour que les crimes environnementaux commis par les clans mafieux ont des répercussions directes sur les habitants.

Les activistes siciliens, forts de leur expérience, partagent avec le militant marseillais des stratégies pour déstabiliser ces réseaux. Parmi elles, la cartographie des terres polluées, la surveillance des décharges illégales et la pression sur les autorités locales pour faire appliquer les lois environnementales. « On ne peut pas séparer l’écologie de la justice sociale », explique l’un des interlocuteurs de Kessaci. « Quand la mafia contrôle l’eau ou les sols, c’est toute une communauté qui en paie le prix. »

Et maintenant ?

Les échanges entre Amine Kessaci et les Siciliens pourraient donner lieu à des collaborations futures, notamment sur des projets de plaidoyer commun en Europe. Une réunion est d’ailleurs prévue en juin 2026 à Marseille pour approfondir ces pistes. Reste à voir si les autorités locales et européennes sauront prendre la mesure de ces enjeux, alors que la pression mafieuse persiste dans certaines zones.

Cette rencontre illustre une tendance croissante : celle d’une mobilisation citoyenne qui lie résistance à l’oppression mafieuse et défense de l’environnement. En Sicile comme à Marseille, les militants montrent que ces combats ne sont pas distincts, mais bien les deux faces d’une même lutte pour la dignité des territoires et de leurs habitants.

La Sicile a été historiquement le berceau de la Cosa Nostra, dont l’influence s’étend depuis plus d’un siècle. Le crime organisé a infiltré l’économie, la politique et les institutions locales, notamment en contrôlant des secteurs comme les déchets, la construction et l’agriculture. Cette emprise s’explique aussi par un contexte social et économique fragile, qui a facilité l’émergence de réseaux criminels.