À Damas, une nouvelle audience du procès des dignitaires de l’ancien régime, dont Bachar el-Assad jugé par contumace, s’est tenue mardi 19 mai 2026. Ce procès, qui se déroule dans un pays fracturé par 14 ans de guerre civile, illustre les défis de la justice transitionnelle en Syrie, selon RFI.
Le conflit syrien, marqué par des massacres dont l’ampleur et l’atrocité continuent d’être révélées, place la justice au cœur des enjeux de reconstruction du pays. Les autorités actuelles tentent d’afficher une volonté de transparence à travers des arrestations médiatisées et des procès ouverts au public. Pourtant, leur arsenal juridique reste mal adapté pour traiter l’ampleur des crimes commis, et le risque d’une justice sélective plane sur ces procédures.
Ce qu'il faut retenir
- Bachar el-Assad et d’autres dignitaires de l’ancien régime sont jugés par contumace à Damas depuis le 19 mai 2026.
- Le procès s’inscrit dans un contexte de 14 ans de guerre civile, émaillée de crimes de masse dont l’ampleur continue d’être documentée.
- Les nouvelles autorités syriennes organisent des procès publics, mais leur cadre juridique est jugé insuffisant pour juger ces crimes.
- Le risque d’une justice sélective est pointé par les observateurs, malgré les efforts de médiatisation des arrestations.
Un procès symbolique dans un pays divisé
Ce procès, qui se tient à Damas, est avant tout un symbole pour les autorités actuelles. Après des années de conflit, elles cherchent à montrer une volonté de justice et de réconciliation. Cependant, comme le rapporte RFI, le système judiciaire syrien peine à répondre aux exigences d’un pays où les crimes de guerre et contre l’humanité se comptent par milliers. Les procédures judiciaires, souvent critiquées pour leur opacité, peinent à garantir des procès équitables et exhaustifs.
Les arrestations médiatisées de responsables de l’ancien régime ne suffisent pas à masquer les lacunes structurelles. Les observateurs internationaux soulignent que le droit syrien actuel ne dispose pas des outils nécessaires pour traiter des crimes aussi graves, commis à une échelle systémique pendant le conflit. Autant dire que les défis pour une justice transitionnelle crédible restent immenses.
Les limites d’un arsenal juridique inadapté
D’après RFI, le cadre légal syrien actuel est largement jugé insuffisant pour répondre aux exigences d’une justice transitionnelle. Les crimes commis pendant la guerre civile, incluant des massacres, des tortures et des disparitions forcées, nécessitent des procédures spécifiques. Or, les tribunaux syriens, encore en reconstruction, manquent de moyens et d’expertise pour mener à bien de telles enquêtes. Les procès par contumace, comme celui d’el-Assad, soulèvent également des questions sur la légitimité des juridictions locales, alors que la Syrie reste sous sanctions internationales.
Les risques de justice sélective sont d’autant plus élevés que les alliances politiques locales influencent les décisions judiciaires. Les observateurs craignent que seuls les responsables tombés en disgrâce soient poursuivis, tandis que d’autres, toujours en position de pouvoir, échappent à toute sanction. Bref, sans une réforme profonde du système judiciaire et une coopération internationale accrue, la justice transitionnelle en Syrie risque de rester un vœu pieux.
Ce procès, aussi symbolique soit-il, met en lumière les défis colossaux qui attendent la Syrie pour tourner la page de son conflit. Entre justice et impunité, le débat reste ouvert.
Bachar el-Assad est jugé par contumace car il n’a pas été présent physiquement lors du procès. Les autorités syriennes ont engagé des poursuites contre lui et d’autres responsables de l’ancien régime, mais leur arrestation et leur extradition depuis l’étranger s’avèrent complexes, voire impossibles dans certains cas.