Le Rwanda s’impose comme un acteur central du nucléaire civil sur le continent africain en accueillant, jusqu’à ce jeudi 21 mai 2026, la deuxième édition du Sommet africain de l’innovation sur l’énergie nucléaire (Neisa). RFI rapporte que cette rencontre, qui réunit des experts, des décideurs et des représentants gouvernementaux, s’inscrit dans un contexte de relance marquée de l’intérêt pour le nucléaire, perçu comme une solution face à l’augmentation des besoins énergétiques en Afrique. Si cette technologie reste controversée en raison de ses déchets radioactifs et des risques d’accidents, elle suscite désormais une attention particulière sur le continent, où seule l’Afrique du Sud dispose d’une centrale nucléaire en activité.

Ce qu'il faut retenir

  • Le Rwanda organise jusqu’au 21 mai 2026 le Sommet africain de l’innovation sur l’énergie nucléaire (Neisa), selon RFI.
  • Seule l’Afrique du Sud possède actuellement une centrale nucléaire en activité sur le continent.
  • Plusieurs pays africains expriment publiquement leur volonté de développer des programmes nucléaires civils.
  • Le nucléaire est envisagé comme une réponse à la demande croissante en électricité en Afrique.

Un regain d’intérêt pour une énergie controversée

Le choix du Rwanda comme hôte de ce sommet n’est pas anodin. Le pays mise depuis plusieurs années sur des infrastructures énergétiques innovantes, malgré les critiques récurrentes adressées au nucléaire civil. Les organisateurs mettent en avant les avantages de cette technologie : une production électrique stable, peu émettrice de CO₂, et adaptée aux besoins industriels. « Le nucléaire offre une solution durable pour répondre aux défis énergétiques africains, notamment dans les régions où les ressources hydriques sont limitées », a déclaré un représentant du ministère rwandais de l’Énergie lors de l’ouverture des travaux. Pourtant, les risques associés, comme les déchets radioactifs ou les possibles accidents, continuent de freiner certains projets.

L’Afrique du Sud, seule pionnière du nucléaire sur le continent

Avec la centrale de Koeberg, située près du Cap, l’Afrique du Sud reste à ce jour le seul pays africain à exploiter l’énergie nucléaire. Mise en service en 1984, cette infrastructure, gérée par l’entreprise publique Eskom, produit environ 5 % de l’électricité nationale. « Koeberg a permis de sécuriser une partie de notre approvisionnement énergétique, mais son extension est limitée par des contraintes financières et environnementales », a expliqué un expert du secteur interrogé par RFI. Si d’autres pays africains envisagent de suivre cette voie, les obstacles restent nombreux : coûts élevés, manque d’infrastructures locales et résistance des populations.

Une dynamique africaine en marche

Malgré ces défis, plusieurs nations africaines affichent désormais des ambitions nucléaires. L’Égypte, avec son projet de centrale à El Dabaa (en partenariat avec la Russie), et le Nigeria, qui étudie des réacteurs modulaires, figurent parmi les pays les plus avancés. D’autres, comme le Kenya, l’Ouganda ou encore le Maroc, ont lancé des études de faisabilité. « On observe une volonté politique claire dans de nombreux pays, même si les calendriers varient fortement », a souligné un analyste en énergie cité par RFI. Ces initiatives s’inscrivent dans une stratégie plus large de diversification des sources d’énergie, alors que l’Afrique fait face à une croissance démographique et économique rapide.

Et maintenant ?

La tenue de ce sommet au Rwanda pourrait accélérer les discussions entre pays africains et partenaires internationaux, notamment la Russie, la Chine ou la France, qui disposent d’une expertise dans le nucléaire civil. Plusieurs annonces sont attendues d’ici la fin de l’année, notamment sur des accords de coopération ou des calendriers précis pour de nouveaux projets. Reste à savoir si les engagements financiers suivront, car les investissements nécessaires pour un programme nucléaire complet se comptent en dizaines de milliards de dollars.

Pour l’instant, l’enjeu principal reste la transparence. Les promoteurs du nucléaire devront convaincre les populations et les régulateurs africains de la sûreté de ces installations. Comme le rappelle RFI, « le débat sur l’énergie nucléaire en Afrique ne fait que commencer ».