Selon Le Figaro, plus de 80 % des Français détiennent un Livret A, un placement souvent ouvert dès la naissance pour y déposer les étrennes ou les petits cadeaux en argent des proches. Pourtant, si cette tradition familiale permet de constituer un pécule pour l’enfant, elle n’est pas toujours la solution la plus avantageuse sur le plan financier.

Ce qu'il faut retenir

  • Le Livret A, avec un plafond de 22 950 €, reste le placement le plus répandu pour les mineurs, mais son rendement actuel est souvent inférieur à celui d’autres produits d’épargne.
  • Les experts comme Gauthier Haem (Yomoni) et Antoine Dumont (Ecofi) soulignent que des alternatives existent, offrant un rendement potentiellement bien plus élevé.
  • L’objectif de ces placements n’est pas seulement financier, mais aussi pédagogique : initier l’enfant à la gestion de l’argent sur le long terme.

Un placement rassurant, mais pas optimal

Le Livret A séduit par sa simplicité : sans frais, sans risque et accessible à tout âge, il permet de stocker des économies en toute sérénité. « Projeter l’enfant dans le temps en lui prévoyant une épargne est un geste utile, que les parents ne font d’ailleurs pas toujours », indique Gauthier Haem, directeur du développement de Yomoni. Avec un plafond fixé à 22 950 €, ce livret peut financer à terme des projets concrets comme un permis de conduire ou des études supérieures.

Pourtant, cette solution n’est pas la plus lucrative. « Ouvrir un Livret A, c’est facile et rassurant, confirme Antoine Dumont, directeur de la distribution et partenariats chez Ecofi. Mais c’est loin d’être la meilleure. » Les taux actuels du Livret A, bien que défiscalisés, peinent à suivre l’inflation, ce qui réduit le pouvoir d’achat futur de l’épargne constituée.

Des alternatives plus rémunératrices existent

Face à la baisse des rendements des livrets réglementés, les experts recommandent d’explorer d’autres pistes, adaptées aux mineurs. Parmi les options les plus citées figurent les fonds euros, dont le rendement peut être jusqu’à trois fois supérieur à celui du Livret A. Ces placements, sécurisés et liquides, permettent de bénéficier d’une performance moyenne annuelle bien plus attractive sur le long terme.

Autre solution : les assurances-vie en euros, qui offrent un cadre fiscal avantageux après huit ans. Bien que moins connues du grand public, ces enveloppes permettent de diversifier l’épargne tout en garantissant le capital. « Pour recueillir l’épargne d’un enfant, le Livret A est l’idée la plus intuitive, mais ce n’est pas la seule », rappelle Antoine Dumont.

Une approche qui combine pédagogie et performance

Choisir un placement pour un enfant ne se résume pas à une question de rentabilité. Il s’agit aussi d’une opportunité d’éveiller sa conscience financière. En expliquant les mécanismes de l’épargne, les parents peuvent transformer cette démarche en un apprentissage concret. « Philosophiquement, c’est une bonne chose », estime Gauthier Haem.

Cela dit, il est essentiel de comparer les options disponibles en fonction de l’horizon temporel du projet. Pour un projet à court terme, comme un cadeau d’anniversaire, le Livret A reste pertinent. En revanche, pour un capital destiné à financer des études dans dix ou quinze ans, des solutions plus dynamiques méritent d’être envisagées.

Et maintenant ?

Dans un contexte où les taux des livrets réglementés pourraient encore diminuer, les familles sont incitées à étudier les alternatives avant d’ouvrir ou de maintenir un Livret A pour leur enfant. La prochaine révision des taux du Livret A, prévue pour le 1er août 2026, pourrait offrir un nouvel éclairage sur ces choix d’épargne. En attendant, les conseillers en gestion de patrimoine recommandent de diversifier les supports en fonction des besoins et de l’âge de l’enfant.

Quoi qu’il en soit, la clé réside dans une approche équilibrée : allier sécurité, performance et pédagogie pour faire fructifier au mieux ce geste d’épargne inaugural.

Le plafond reste fixé à 22 950 € pour un mineur, comme pour un majeur, selon les règles en vigueur.