Une deuxième vague de chaleur d’une intensité exceptionnelle frappe l’Espagne depuis ce dimanche 5 juillet 2026, selon Euronews FR. L’Agence météorologique nationale espagnole (AEMET) a activé dès vendredi dernier une série d’alertes, alors que les températures pourraient atteindre jusqu’à 44 °C dans certaines zones d’ici mardi. Cet épisode, le deuxième de l’été, s’annonce plus durable que le précédent, avec des maximales dépassant localement les 40 °C dès lundi dans plusieurs régions du pays.
Ce qu’il faut retenir
- Une vague de chaleur d’une durée minimale de trois jours, avec des pointes à 44 °C attendues mardi dans certaines vallées du sud-ouest.
- L’Andalousie et les Canaries sont particulièrement exposées, avec des alertes orange activées pour risque de chaleur extrême et d’incendies.
- Les nuits tropicales (températures minimales autour de 26-28 °C) rendront le repos difficile dans les zones les plus touchées.
- Ce nouvel épisode survient moins d’une semaine après la fin de la première vague de chaleur de l’été, qui aurait causé près de 900 décès selon le système de surveillance MoMo.
- Les autorités sanitaires et les services de secours appellent à une vigilance accrue, notamment pour les populations vulnérables.
L’épisode commence ce dimanche et devrait s’intensifier dès demain, lundi 6 juillet, avant un pic attendu mardi dans certaines zones. Selon les prévisions de l’AEMET, les 44 °C pourraient être atteints dans les vallées du sud-ouest de la péninsule ibérique, notamment dans les vallées fluviales du Guadiana et du Guadalquivir. « Le lundi sera la journée la plus difficile de cette période », a précisé l’agence, alors que les températures continueront d’augmenter sur le Cantabrique oriental et le plateau nord. À partir de mercredi, une baisse progressive des températures est envisagée, mais avec une incertitude liée à l’éventuelle influence d’une dépression isolée en altitude (DANA).
Des températures record dans plusieurs régions
Dès demain, les maximales atteindront 38 à 40 °C dans la vallée du Miño et 37 à 39 °C à l’intérieur de La Corogne. Dans le quadrant sud-ouest, les températures oscilleront entre 39 et 41 °C, avec des pointes à 42 °C dans les vallées fluviales. Le plateau sud, la vallée de l’Èbre et les dépressions du nord-est ne seront pas épargnés, avec des valeurs comprises entre 37 et 40 °C. Même Majorque, dans les Baléares, enregistrera des maximales comprises entre 36 et 38 °C.
L’Andalousie reste l’épicentre de cette vague de chaleur. L’AEMET a activé une alerte orange pour vague de chaleur à Séville, Huelva et Jaén, où les températures pourraient localement dépasser les 40 °C. Une alerte jaune a également été déclenchée à Cadix et Grenade. Sur le littoral gaditan, une alerte jaune pour des rafales de vent de levante impose une prudence maximale dans le détroit de Gibraltar, où les conditions météo pourraient aggraver les risques d’incendie.
Les Canaries, une surprise dans cet épisode caniculaire
Contrairement aux épisodes précédents, les îles Canaries sont également concernées cette fois-ci. La Direction générale des urgences du gouvernement canarien a décrété une alerte pour risque d’incendies de forêt à Gran Canaria et Tenerife à partir de ce dimanche. Dès mardi, l’ensemble de la province orientale passera en alerte orange, tandis que le reste des îles restera en alerte jaune. Un phénomène rare pour cet archipel, habituellement moins touché par les vagues de chaleur intenses du continent.
À l’échelle nationale, les alertes sont réparties de manière dynamique par l’AEMET, dont les cartes sont mises à jour en fonction de l’évolution des modèles météorologiques. Pour l’instant, l’alerte orange est confirmée dans le sud-ouest de la péninsule, la vallée de l’Èbre et l’est de l’archipel canarien. Une ceinture plus large, en alerte jaune, entoure ces zones à risque maximal.
Un été déjà meurtrier et des risques sanitaires accrus
Cet épisode survient dans un contexte déjà marqué par la chaleur. La première vague de chaleur de l’été, qui s’est achevée il y a seulement quelques jours, aurait causé près de 900 décès selon le système de surveillance MoMo du ministère espagnol de la Santé. « Ce n’est pas la première vague de chaleur de l’été, et le bilan des épisodes précédents pèse sur le débat autour du risque actuel », souligne Euronews FR.
Pour qu’un épisode soit officiellement qualifié de vague de chaleur, trois critères doivent être réunis : des températures dépassant de manière extrême le 95e percentile, une durée minimale de trois jours et une couverture géographique de plus de 10 % du territoire. Selon l’AEMET, ces trois conditions devraient très probablement être remplies lors de cet épisode. Le risque ne se limite pas aux heures d’ensoleillement : les températures minimales resteront élevées, entre 20 et 26 °C, avec des pointes à 27-28 °C, rendant les nuits « tropicales » et le repos difficile. Un facteur que les spécialistes de santé publique considèrent aussi critique que les maximales diurnes.
Les autorités sanitaires rappellent les recommandations habituelles en cas de fortes chaleurs : éviter l’exposition au soleil aux heures les plus chaudes, boire régulièrement pour rester hydraté, éviter les efforts physiques intenses en plein air et accorder une attention particulière aux personnes âgées, aux enfants et aux malades chroniques. Ces conseils prennent une importance particulière dans un épisode annoncé long et marqué par des nuits peu réparatrices.
Avec des records de chaleur qui s’enchaînent et un été déjà meurtrier, cet épisode rappelle l’urgence d’adapter les politiques publiques face au changement climatique. Les vagues de chaleur, autrefois exceptionnelles, deviennent une norme estivale en Europe du Sud, avec des conséquences sanitaires, économiques et environnementales de plus en plus lourdes.
Cette fois-ci, l’archipel canarien n’est pas épargné en raison d’une configuration météorologique inhabituelle, avec un flux d’air chaud en provenance du continent africain. Selon l’AEMET, cette situation est liée à une dépression en altitude qui favorise la remontée d’air saharien vers les îles.