Près de deux ans après la disparition des militants guinéens Foniké Menguè et Mamadou Billo Bah, leurs proches maintiennent la pression pour obtenir vérité et justice. Une réunion organisée à Paris ce samedi 4 juillet 2026, à quelques jours du deuxième anniversaire de leur enlèvement, a permis à leurs familles de réitérer leur appel aux autorités guinéennes. Selon RFI, celles-ci exigent que toute la lumière soit faite sur le sort des deux hommes, dont le cas reste officiellement non résolu.
Les familles dénoncent une absence totale d’enquête sérieuse de la part des autorités guinéennes. « Nous ne savons toujours pas ce qui est arrivé à Foniké et Billo », a déclaré un proche lors de la rencontre parisienne. Il a souligné que les promesses de investigations formulées en 2024 n’ont abouti à aucun résultat concret. Les proches ont également demandé un soutien international pour faire avancer le dossier, alors que les tensions politiques persistent en Guinée.
Ce qu'il faut retenir
- Les militants guinéens Foniké Menguè et Mamadou Billo Bah ont disparu il y a près de deux ans, en juillet 2024.
- Leurs familles se sont réunies à Paris le 4 juillet 2026 pour réclamer justice et vérité.
- Les proches dénoncent une absence d’enquête officielle de la part des autorités guinéennes.
- Aucun progrès n’a été signalé dans l’identification des responsables ou des circonstances de leur disparition.
- Les familles appellent à un soutien international pour faire avancer le dossier.
Un enlèvement politique non élucidé
Foniké Menguè et Mamadou Billo Bah étaient connus pour leur engagement militant en Guinée, un pays marqué par des crises politiques récurrentes. Leur disparition, intervenue en pleine période de tensions socio-politiques, avait suscité des interrogations sur un possible lien avec leur activisme. Selon les témoignages recueillis par RFI, les deux hommes auraient été arrêtés par des individus non identifiés avant de disparaître sans laisser de trace.
Les autorités guinéennes n’ont, à ce jour, fourni aucune explication officielle. Les familles dénoncent un « blocage politique » et appellent à une intervention des instances régionales et internationales, comme la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) ou l’Organisation des Nations unies.
Des promesses non tenues et une mobilisation qui s’intensifie
Dès 2024, les autorités guinéennes avaient promis une enquête approfondie sur cette affaire. Pourtant, près de deux ans plus tard, aucun rapport n’a été rendu public. « On nous a toujours dit que les investigations étaient en cours, mais nous n’avons vu aucune preuve de ce travail », a déploré un membre de la famille lors de la réunion parisienne.
Face à cette inertie, les proches des disparus ont décidé de médiatiser leur combat. Leur mobilisation s’inscrit dans un mouvement plus large de défense des droits humains en Guinée, où plusieurs cas de disparitions forcées ont été signalés ces dernières années. Les associations locales, soutenues par des organisations internationales, continuent de documenter ces disparitions et d’exiger des réponses.
Cette affaire illustre plus largement les défis persistants en matière de respect des droits humains en Guinée, où l’impunité pour les violations commises par les forces de sécurité ou les groupes politiques reste la norme. Les proches de Foniké Menguè et Mamadou Billo Bah espèrent que leur combat contribuera à briser ce cycle et à rendre justice à tous les disparus.
Selon les témoignages recueillis par RFI, plusieurs proches et militants ont affirmé avoir vu les deux hommes arrêtés par des individus non identifiés avant de disparaître. Aucun document officiel n’a cependant été rendu public pour confirmer ces allégations.