La cour d’assises des Yvelines a rendu son verdict ce vendredi 3 juillet 2026 dans l’affaire du meurtre de Corinne Di Dio, commis en 1995. Marie-Thérèse Garcia, 79 ans, surnommée « Ma Dalton » par la presse, a été condamnée à 25 ans de réclusion criminelle, selon BFM - Faits Divers. Elle était jugée pour le démembrement de son ex-belle-sœur, dont le corps avait été retrouvé dans une malle métallique flottant sur la Seine.
Ce qu'il faut retenir
- Condamnation de Marie-Thérèse Garcia : 25 ans de réclusion criminelle pour le meurtre de Corinne Di Dio en 1995.
- Acquittement d’Antonio Marquez-Gomez, l’ancien compagnon de la victime, jugé par défaut et absent depuis le début du procès.
- Découverte du corps en 1995 : les restes de Corinne Di Dio ont été retrouvés démembrés dans une malle métallique sur la Seine, dans l’Eure.
- Deux non-lieux en 2000 et 2008 faute d’éléments suffisants, avant une nouvelle mise en examen en 2023.
- Procès de trois semaines : la cour a entendu des témoignages et examiné des indices avant de rendre son verdict.
- Demande de 30 ans de réclusion requise par les avocates générales, contre 25 ans prononcés.
Le procès, qui s’est tenu du 16 juin au 3 juillet 2026 à Versailles, a été marqué par l’absence prolongée d’Antonio Marquez-Gomez. L’ancien compagnon de la victime, également accusé du meurtre, a été acquitté après avoir été jugé par défaut. Selon les informations rapportées par BFM - Faits Divers, il serait actuellement en Colombie, où il vivrait sous une fausse identité. Son absence a empêché toute confrontation directe avec les autres parties lors de l’audience.
Les faits remontent au 28 juin 1995, lorsque le corps démembré d’une femme est découvert dans une malle métallique flottant sur la Seine, dans le département de l’Eure. Deux ans plus tard, en 1997, l’identification est établie : il s’agit de Corinne Di Dio, disparue depuis le 19 juin 1995. L’enquête, initialement menée dans les années 1990, avait abouti à deux non-lieux, en 2000 et 2008, faute de preuves suffisantes. Ce n’est qu’en 2023 qu’un rebondissement dans le dossier a conduit à la mise en examen de Marie-Thérèse Garcia et d’Antonio Marquez-Gomez, relançant ainsi l’affaire.
Un procès marqué par des témoignages et des rancœurs familiales
Pendant les trois semaines d’audience, la cour a entendu une série de témoignages, dont certains issus du milieu du grand banditisme. Ces déclarations ont révélé les tensions persistantes au sein des familles des deux accusés, des rancœurs qui remontent à plusieurs décennies. Marie-Thérèse Garcia, déjà connue pour son surnom de « Ma Dalton » — référence à un personnage de la bande dessinée *Lucky Luke* — a été au cœur de débats houleux.
L’un des éléments clés du procès a été la question de la preuve matérielle. La défense de Marie-Thérèse Garcia a insisté sur l’absence de preuves tangibles, évoquant notamment l’ancienneté des faits et l’état de l’enquête initiale, jugée incomplète par ses avocats. Me Jérôme Goudard, l’un de ses défenseurs, a vivement critiqué les investigations menées dans les années 1990, les qualifiant de « faute originelle ». « J’ai plusieurs ennemis : le temps, qui bouffe. Les gens qui meurent, les mémoires qui s’effacent. J’ai un autre ennemi, c’est un fiasco : c’est l’enquête », a-t-il déclaré devant la cour.
La défense a également avancé une autre piste, celle de l’implication de Jean-Jacques Maurice, un ancien braqueur décédé depuis. Corinne Di Dio aurait entretenu une relation avec lui avant de le dénoncer après un casse en 1981, ce qui lui aurait valu une peine de prison. Selon les avocats de Marie-Thérèse Garcia, cette piste n’a pas été suffisamment explorée par les enquêteurs. « Vous l’acquitterez parce que c’est juste », a lancé Me Goudard en conclusion de sa plaidoirie, appelant les jurés à reconnaître l’innocence de sa cliente.
Les réquisitions et le verdict : un faisceau d’indices jugé suffisant
À la veille du verdict, les deux avocates générales ont requis 30 ans de réclusion criminelle contre Marie-Thérèse Garcia et Antonio Marquez-Gomez. Elles ont estimé que le « faisceau d’indices » à leur encontre était suffisamment solide pour établir leur culpabilité dans le meurtre de Corinne Di Dio. Les jurés, après trois semaines de délibéré, ont finalement retenu une peine de 25 ans de prison, soit cinq ans de moins que la demande du parquet.
Les avocats de la défense ont exprimé leur « assommement » face à ces réquisitions, réitérant leur argument central : l’absence de preuves matérielles directes. Le temps écoulé depuis les faits, soit 31 ans, a également joué un rôle dans la difficulté à reconstituer les événements avec précision. Plusieurs témoins clés sont aujourd’hui décédés, et les mémoires se sont estompées, rendant le travail des enquêteurs et des jurés encore plus complexe.
Le contexte familial et les tensions de longue date
L’affaire Di Dio illustre les conflits familiaux profonds qui ont traversé les décennies. Marie-Thérèse Garcia et Corinne Di Dio étaient liées par un lien familial indirect, en tant qu’ex-belle-sœur. Les tensions entre les deux femmes, ainsi qu’avec d’autres membres de la famille, ont été mises en lumière lors du procès. Plusieurs personnages issus du milieu criminel ont témoigné, révélant des rancœurs tenaces et des histoires de vengeance personnelles.
Le surnom « Ma Dalton » donné à Marie-Thérèse Garcia par la presse reflète une image médiatique qui a souvent réduit sa personnalité à une caricature. Pourtant, son procès a permis de révéler des éléments bien plus complexes, notamment autour de la dynamique familiale et des conflits ayant pu motiver les actes qui lui sont reprochés. Les débats ont ainsi dépassé le cadre strict du meurtre pour s’intéresser aux ressorts psychologiques et sociaux sous-jacents à cette affaire.
Cette affaire rappelle, une fois de plus, les défis posés par les affaires judiciaires anciennes, où les preuves s’effritent avec le temps et les témoins disparaissent. Elle soulève également des questions sur l’efficacité des enquêtes initiales et la capacité des systèmes judiciaires à rouvrir des dossiers après des décennies. Pour les familles des victimes comme pour la société, ces procès tardifs offrent une forme de justice, même si elle reste imparfaite et souvent incomplète.
Ce surnom fait référence au personnage de « Ma Dalton » dans la bande dessinée *Lucky Luke*, connu pour son caractère colérique et son lien avec la famille Dalton. La presse a associé ce surnom à Marie-Thérèse Garcia en raison de sa réputation dans son entourage, bien que cette appellation relève davantage d’une construction médiatique que d’un titre officiel.
Les procureurs ont principalement mis en avant un faisceau d’indices, incluant des témoignages familiaux, des rancœurs anciennes et des éléments contextuels liés à la disparition de Corinne Di Dio. Aucune preuve matérielle directe (comme des traces ADN ou des armes du crime) n’a été présentée lors du procès, ce qui a été l’un des principaux arguments de la défense.