Kevin Brookes, directeur du think tank GénérationLibre et ancien collaborateur d’élus à l’Assemblée nationale, publie ces jours-ci un essai percutant intitulé « Que faire de nos élites politiques ? » (éditions Plon), selon Le Figaro. L’ouvrage s’appuie sur son expérience de terrain et sur une analyse approfondie de la dérive des institutions, qu’il résume en une formule choc : « Nos élites politiques sont devenues des machines à distribuer des privilèges et des rentes ».
Ce qu'il faut retenir
- Kevin Brookes, ancien collaborateur parlementaire et enseignant à Sciences Po, publie un essai analysant la dérive des élites politiques françaises.
- Il dénonce une « République des copains » et une domination des technocrates sur les élus, selon Le Figaro.
- Son livre plaide pour un « choc de dépolitisation » et une simplification de l’action publique pour restaurer la confiance dans la démocratie.
- Brookes met en lumière un système où les privilèges et les réseaux priment sur l’intérêt général, d’après son expérience à l’Assemblée nationale.
Une immersion dans les coulisses du pouvoir
Dans son ouvrage, Kevin Brookes revient sur ses années passées aux côtés d’élus à l’Assemblée nationale, où il a pu observer de l’intérieur le fonctionnement des institutions. Ce qui l’a le plus frappé ? La transformation des élites politiques en un système opaque, où les logiques de réseau et de copinage prennent le pas sur l’expertise ou le service public. « J’ai été frappé par ce que j’appelle la République des copains », explique-t-il. Selon lui, ces dynamiques ne se limitent pas à un parti ou à une institution, mais structurent l’ensemble du paysage politique français.
L’auteur s’appuie également sur une thèse doctorale consacrée à l’échec du libéralisme en France, qui soulignait déjà la prédominance des élites technocratiques. Pour Brookes, cette technocratie, souvent associée à l’administration ou aux cabinets ministériels, a progressivement marginalisé les élus, réduits à des rôles de figuration ou de relais de décisions prises en dehors des instances démocratiques.
Le diagnostic : un système verrouillé par les privilèges
Selon Le Figaro, Brookes va plus loin en affirmant que les élites politiques françaises fonctionnent désormais comme une « entreprise de distribution de rentes ». Les postes, les nominations et même les lois seraient souvent conçus pour favoriser un petit cercle d’initiés, au détriment de l’efficacité et de la transparence. « Nos élites se sont muées en une vaste entreprise de distribution… », déclare-t-il, sans détour. Cette critique vise autant les partis traditionnels que les nouveaux mouvements, qu’il juge incapables de rompre avec ces logiques.
Pour étayer son propos, l’auteur cite des exemples concrets, comme la multiplication des postes d’administrateurs dans des entreprises publiques ou parapubliques, souvent attribués à des proches ou à d’anciens collaborateurs politiques. Une pratique qui, selon lui, illustre la porosité entre le monde politique et les sphères économiques, au mépris des principes de méritocratie et d’équité.
Vers un « choc de dépolitisation » ?
Face à ce constat, Kevin Brookes ne se contente pas de dénoncer : il propose des pistes pour réformer en profondeur le système. Son livre plaide pour un « choc de dépolitisation », c’est-à-dire une réduction drastique du rôle de l’État et une simplification radicale de l’action publique. L’objectif ? Redonner du sens à la démocratie en limitant l’influence des lobbies et des réseaux d’influence, et en recentrant les institutions sur leur mission première : servir l’intérêt général.
Parmi ses propositions, on trouve notamment l’idée de limiter le nombre de mandats dans le temps, de renforcer les contrôles sur les conflits d’intérêts, ou encore de supprimer certains avantages accordés aux élus. Une approche qui s’inscrit dans une vision libérale de la politique, où l’État devrait jouer un rôle minimal pour éviter les dérives clientélistes. « Il faut redonner du pouvoir aux citoyens et réduire l’emprise des élites sur les décisions », insiste Brookes.
Pour l’heure, l’ouvrage de Brookes s’ajoute à une série de publications et d’analyses qui pointent du doigt la crise de représentation que traverse la France. Comme il le souligne lui-même, « l’heure n’est plus aux petites alliances politiciennes ». Les Français, eux, semblent attendre autre chose : des actes, et non des discours.
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Note : Cet article s’appuie sur les propos de Kevin Brookes tels que rapportés par Le Figaro dans le cadre de la publication de son ouvrage « Que faire de nos élites politiques ? ».
GénérationLibre est un laboratoire d’idées français fondé en 2013, qui promeut les idées libérales en matière économique et politique. Il publie régulièrement des rapports et des essais sur des sujets de société, souvent en collaboration avec des chercheurs et des personnalités politiques. Le think tank est connu pour ses prises de position en faveur de la simplification administrative et de la réduction de l’intervention de l’État.