En 2018, le président Emmanuel Macron s’était fixé un objectif ambitieux : doubler le nombre d’élèves scolarisés dans les lycées français à l’étranger d’ici 2030. Pourtant, cette ambition se heurte désormais à une croissance jugée trop rapide, selon deux rapports parlementaires publiés en juillet 2026. Le développement de ces établissements, souvent portés par des groupes privés à but lucratif, soulève des inquiétudes quant à une possible « dérégulation » du système éducatif français à l’international, comme le rapporte Le Monde - Education.
Ce qu'il faut retenir
- L’objectif de 2018 visait à doubler le nombre d’élèves dans les lycées français à l’étranger d’ici 2030.
- Cette expansion est principalement portée par des groupes privés à but lucratif.
- Deux rapports parlementaires, publiés en juillet 2026, alertent sur les risques d’une croissance jugée trop rapide.
- Les craintes portent sur une « dérégulation » du système éducatif français à l’étranger.
Un objectif initial ambitieux
En 2018, Emmanuel Macron avait annoncé une augmentation significative des effectifs dans les lycées français à l’étranger. Ce projet s’inscrivait dans une volonté de renforcer l’influence culturelle et linguistique de la France à l’échelle mondiale. Pourtant, plus de huit ans après cette annonce, la croissance observée ne répond pas uniquement à une logique publique. Selon Le Monde - Education, une partie des nouveaux établissements ouverts ces dernières années sont gérés par des acteurs privés, parfois motivés par des logiques commerciales.
Des rapports parlementaires qui tirent la sonnette d’alarme
Deux rapports, rendus publics en juillet 2026, mettent en lumière les risques associés à cette expansion. Les parlementaires y dénoncent une accélération non maîtrisée du réseau des lycées français à l’étranger. Parmi les principaux points de vigilance : la qualité pédagogique, l’homogénéité des enseignements et l’équité d’accès pour les familles. Certains établissements privés, bien que respectant les normes du ministère de l’Éducation nationale, pourraient privilégier des critères de rentabilité au détriment de l’excellence académique.
« La croissance doit rester au service de l’éducation, pas l’inverse », a souligné un député ayant participé à l’un des rapports. Ces inquiétudes rejoignent celles de certains enseignants et parents d’élèves, qui craignent une fragmentation du réseau.
Des modèles économiques variés, mais des questions persistantes
Les établissements concernés par cette expansion relèvent de différents modèles. Certains sont gérés directement par l’Agence pour l’enseignement français à l’étranger (AEFE), un établissement public. D’autres, en revanche, sont portés par des groupes privés, parfois spécialisés dans l’éducation internationale. Ces acteurs privés facturent des frais de scolarité bien supérieurs à ceux des établissements publics, ce qui pose la question de l’accessibilité pour les familles aux revenus modestes.
« Certains groupes privés n’hésitent pas à s’implanter dans des pays où la demande est forte, parfois en contournant les procédures habituelles d’agrément », a précisé un membre de la commission parlementaire.
Quel avenir pour le réseau des lycées français à l’étranger ?
Face à ces constats, les autorités pourraient être amenées à revoir leur stratégie. Le ministère de l’Éducation nationale a indiqué, dans un communiqué publié en août 2026, qu’une réflexion était en cours pour « encadrer davantage l’ouverture de nouveaux établissements ». Une concertation avec les acteurs privés est également envisagée, afin de s’assurer que leurs projets s’inscrivent dans une logique de service public plutôt que de profit.
Pour l’heure, l’objectif de 2030 reste affiché. Mais la question de la qualité et de l’équité se pose avec une acuité croissante. Les prochains mois devraient être décisifs pour savoir si cette croissance peut être conciliée avec les valeurs fondamentales du système éducatif français.
La question de l’équilibre entre croissance et qualité reste donc entière. Une chose est sûre : le débat sur l’avenir des lycées français à l’étranger ne fait que commencer.
Les rapports soulignent notamment le risque d’une baisse de la qualité pédagogique, une inégalité d’accès pour les familles modestes en raison des frais élevés pratiqués par certains établissements privés, et une possible fragmentation du réseau qui pourrait nuire à l’homogénéité des enseignements proposés.