La bande dessinée à succès « Les Culottées » de Pénélope Bagieu devient une référence officielle pour les collégiens de 5ᵉ. Selon nos confrères du Monde – Éducation, l’Éducation nationale a en effet décidé d’intégrer l’ouvrage au programme des lectures recommandées pour les dix prochaines années. Une décision qui marque un tournant pour l’autrice et son éditeur, Gallimard.
Ce qu'il faut retenir
- « Les Culottées », série de Pénélope Bagieu, sera lue en classe de 5ᵉ jusqu’en 2036.
- L’Éducation nationale a validé cette intégration pour dix ans, une durée exceptionnelle pour un ouvrage contemporain.
- Gallimard, l’éditeur de l’autrice, bénéficie d’un coup de projecteur institutionnel majeur.
- L’ouvrage, composé de 50 portraits de femmes inspirantes, avait déjà rencontré un succès public et critique depuis sa sortie en 2016.
Cette annonce intervient alors que le ministère de l’Éducation nationale renforce progressivement l’offre culturelle et littéraire destinée aux élèves. « Les Culottées » s’inscrit ainsi dans une volonté de diversifier les supports pédagogiques, en mettant en avant des figures historiques ou contemporaines souvent méconnues. Selon le ministère, cette sélection vise à « éveiller l’esprit critique et la curiosité des élèves » tout en abordant des thématiques liées à l’égalité entre les genres. D’après nos confrères du Monde – Éducation, cette intégration a été préparée en collaboration avec des enseignants et des experts en littérature jeunesse.
Pour Pénélope Bagieu, cette reconnaissance représente une forme de consécration. L’autrice, déjà primée à plusieurs reprises pour son travail, avait publié le premier tome de « Les Culottées » en 2016, suivi d’un second tome en 2017. L’ouvrage, qui mêle humour et pédagogie, dresse le portrait de femmes ayant marqué l’Histoire par leur audace, leur talent ou leur combat. « Cela montre que les récits graphiques ont toute leur place dans l’enseignement », a-t-elle déclaré au Monde – Éducation. Gallimard, son éditeur, voit dans cette décision une opportunité commerciale majeure, d’autant que l’ouvrage est déjà traduit en 20 langues et s’est écoulé à plus d’1,2 million d’exemplaires dans le monde.
Côté enseignants, la réaction est globalement positive. Plusieurs professeurs de français et d’histoire-géographie interrogés par le quotidien soulignent l’intérêt pédagogique de l’ouvrage. « Ces portraits permettent d’aborder des sujets comme la résilience, l’engagement ou la sororité de manière accessible », explique l’une d’entre eux. Cependant, certains enseignants rappellent que la mise en place effective de cette lecture en classe dépendra des établissements et des académies. Une disparité qui pourrait, selon eux, créer des inégalités d’accès à ce support.
Cette décision soulève également des questions sur l’avenir des autres bandes dessinées dans l’enseignement. Alors que des œuvres comme « Persépolis » de Marjane Satrapi ou « Maus » d’Art Spiegelman sont déjà étudiées dans certaines classes, l’inclusion de « Les Culottées » pourrait-elle ouvrir la voie à d’autres sélections ? Seul l’avenir nous le dira. Une chose est sûre : pour Gallimard, cette reconnaissance est une aubaine, autant dire que l’éditeur mise sur un succès durable de l’ouvrage auprès des jeunes lecteurs.