Depuis l’escalade du conflit en Iran, qui s’est étendue à l’ensemble du Moyen-Orient à partir du 28 février 2026, des milliers d’expatriés installés à Dubaï et dans les autres émirats des Émirats arabes unis ont été contraints de fuir la région. Selon Ouest France, cette vague d’exils s’est intensifiée avec la détérioration rapide de la situation sécuritaire, poussant ces populations à chercher de nouveaux points de chute.

Ce qu'il faut retenir

  • Près de plusieurs milliers d’expatriés ont quitté Dubaï et les Émirats arabes unis depuis le début des hostilités en février 2026
  • Le conflit, parti d’Iran, s’est propagé à l’ensemble du Moyen-Orient en quelques semaines
  • Les destinations de fuite incluent principalement l’Europe, l’Amérique du Nord et l’Asie du Sud-Est
  • Cette crise a mis en lumière la vulnérabilité des communautés expatriées dans les pays du Golfe face aux crises géopolitiques

Un exode massif depuis les Émirats arabes unis

Les Émirats arabes unis, et plus particulièrement Dubaï, abritaient jusqu’alors une importante communauté d’expatriés, notamment européens, américains et asiatiques, attirés par des opportunités professionnelles et un cadre de vie attractif. Avec l’extension du conflit régional, ces résidents se sont retrouvés en première ligne face à l’insécurité croissante. « Nous avons dû tout quitter en moins de 48 heures, sans savoir où nous allions poser nos valises », a témoigné un expatrié français installé à Dubaï depuis cinq ans, cité par Ouest France.

L’Europe, principale terre d’accueil des réfugiés expatriés

Parmi les destinations privilégiées par ces nouveaux arrivants, l’Europe arrive en tête, notamment la France, le Royaume-Uni, l’Allemagne et les pays nordiques. Ces pays, connus pour leur stabilité politique et leurs systèmes d’accueil, offrent des solutions temporaires ou permanentes aux personnes en quête de sécurité. Selon des chiffres partiels, près de 60 % des expatriés évacués auraient choisi de s’installer dans l’Union européenne. « Nous avons reçu des centaines de demandes d’assistance de la part de Français et d’Européens bloqués à Dubaï », a confirmé un responsable du ministère de l’Intérieur français.

Côté Asie, certains ont également opté pour des pays comme la Thaïlande, Singapour ou la Malaisie, où les formalités d’entrée restent accessibles pour les détenteurs de visas de travail. En Amérique du Nord, le Canada et les États-Unis figurent également parmi les destinations les plus prisées, grâce à des programmes d’immigration accélérés pour les travailleurs qualifiés.

Des profils variés et des défis logistiques majeurs

Les personnes concernées sont aussi bien des cadres en entreprise que des enseignants, des ingénieurs ou des travailleurs indépendants. Leur point commun ? Une situation professionnelle stable au moment de la crise, brutalement interrompue par l’obligation de partir. « Certains ont perdu leur emploi du jour au lendemain, d’autres ont vu leurs contrats suspendus sine die », explique un responsable d’une association d’aide aux expatriés. Pour beaucoup, la priorité a été de sécuriser un toit et des revenus, quitte à accepter des emplois moins qualifiés le temps de se reconstruire.

Les compagnies aériennes ont joué un rôle clé dans cette logistique d’urgence, avec des vols affrétés ou des tarifs préférentiels pour les personnes fuyant la région. Des partenariats ont été noués entre gouvernements et compagnies pour faciliter ces transferts, parfois dans des délais très courts.

Et maintenant ?

La situation reste extrêmement volatile au Moyen-Orient, et aucun signe d’apaisement n’est perceptible à court terme. Les pays européens, principaux points de chute des expatriés, devraient maintenir leurs dispositifs d’accueil jusqu’à la fin de l’année 2026, le temps d’évaluer l’ampleur durable de cet exode. D’ici là, les autorités consulaires des pays du Golfe continuent d’organiser des opérations de rapatriement pour les ressortissants souhaitant quitter la région. Une chose est sûre : ce retour forcé à la réalité a révélé, pour des milliers de familles, la fragilité des équilibres géopolitiques et économiques dans une région jusqu’alors perçue comme stable.

Plusieurs pays européens, dont la France, l’Allemagne et le Royaume-Uni, ont activé des cellules dédiées au sein de leurs ministères des Affaires étrangères et de l’Intérieur pour faciliter l’accueil et l’intégration des expatriés en provenance du Golfe. Des procédures accélérées pour l’obtention de visas ou de titres de séjour ont été mises en place, tout comme des aides financières temporaires pour les personnes en situation de précarité.