Alors que le Festival de Cannes 2026 bat son plein sur la Croisette, les inégalités persistantes entre les genres dans le cinéma ont une nouvelle fois été pointées du doigt. Lors d’une table ronde organisée par Didier Allouch, l’actrice australienne Cate Blanchett a vivement critiqué le recul du mouvement #MeToo, qu’elle considère comme un recul des droits des femmes dans l’industrie cinématographique. Selon Le Figaro, l’actrice de 57 ans, doublement oscarisée et triple lauréate des Golden Globes, a souligné que le mouvement avait pourtant permis de libérer la parole des femmes, des plus influentes aux plus anonymes.

Ce qu'il faut retenir

  • Cate Blanchett a dénoncé lors d’une table ronde à Cannes 2026 l’étouffement du mouvement #MeToo et les inégalités persistantes entre hommes et femmes dans le cinéma.
  • L’actrice a révélé que sur ses tournages, la proportion était de 10 femmes pour 75 hommes, un déséquilibre qu’elle juge préoccupant.
  • Blanchett a questionné la censure de la parole des femmes, notamment via le hashtag #MeToo, malgré les avancées réalisées depuis 2017.
  • D’autres actrices comme Julianne Moore et Scarlett Johansson ont également partagé leur expérience des inégalités de genre dans le milieu.
  • En 2018, Blanchett avait déjà marqué le festival en présidant le jury et en participant à une marche pour la parité aux côtés de Kristen Stewart et Léa Seydoux.

Un mouvement #MeToo étouffé, selon Cate Blanchett

Lors de la table ronde organisée sur la Croisette, Cate Blanchett a pris position contre ce qu’elle qualifie d’étouffement du mouvement #MeToo. Pour l’actrice, ce dernier a pourtant joué un rôle clé dans la libération de la parole des femmes, des personnalités influentes aux femmes anonymes qui continuent de partager leurs témoignages sous le hashtag. « De nombreuses personnalités influentes peuvent aujourd’hui s’exprimer en toute sécurité et raconter ce qu’elles ont vécu, tandis que des femmes anonymes continuent d’utiliser le hashtag #MeToo », a-t-elle déclaré. Elle s’est interrogée : « Pourquoi cette parole est-elle censurée ? » avant d’ajouter : « Ce mouvement a mis en lumière un système d’abus, non seulement dans ce secteur, mais dans tous les secteurs. Si on étouffe ce problème, on ne peut pas avancer. »

Blanchett a également évoqué un déséquilibre criant sur les plateaux de tournage. « Je fais le compte chaque matin sur mes tournages : dix femmes pour soixante-quinze hommes. J’aime les hommes, mais les blagues restent les mêmes, et finissent par lasser », a-t-elle confié. Ces propos illustrent une réalité que l’actrice juge intolérable, où la domination masculine persiste malgré les avancées sociétales.

Des actrices de premier plan témoignent des inégalités persistantes

Cate Blanchett n’a pas été la seule à prendre la parole sur la Croisette pour dénoncer les inégalités de genre. Julianne Moore, également présente lors du festival, a partagé une expérience récente qui en dit long. « Je me souviens d’un tournage où les seules femmes présentes étaient moi et la troisième assistante caméra », a-t-elle révélé. Une anecdote qui reflète une réalité souvent tue dans l’industrie.

Scarlett Johansson, l’actrice la plus rentable de Hollywood, a de son côté évoqué, lors d’une intervention en avril 2026 dans l’émission CBS News Sunday Morning, une époque où « l’apparence physique des femmes primait largement ». Elle a décrit les années précédentes comme « vraiment difficiles » pour les jeunes actrices, confrontées à des opportunités bien plus rares que leurs homologues masculins. Ces témoignages convergent vers un constat : malgré les mobilisations passées, les inégalités structurelles restent bien ancrées.

Un engagement de longue date pour la parité

Cate Blanchett n’en est pas à sa première prise de position en faveur de l’égalité des genres. En 2018, alors qu’elle présidait le jury du Festival de Cannes, elle avait marqué les esprits en participant à une marche pour la parité sur les marches du Palais des Festivals, aux côtés de Kristen Stewart, Léa Seydoux, Ava DuVernay et Agnès Varda. Cet engagement s’inscrit dans une démarche plus large, où l’actrice utilise sa visibilité pour porter des causes qui lui tiennent à cœur.

Pour Blanchett, le cinéma reste un « milieu d’hommes », comme elle l’avait confié au Figaro à l’époque. Ses interventions récentes à Cannes 2026 confirment cette analyse, alors que les promesses de changement peinent à se concrétiser. « Ce mouvement a mis en lumière un système d’abus », a-t-elle rappelé, insistant sur la nécessité de ne pas faire marche arrière.

Et maintenant ?

Alors que le Festival de Cannes 2026 se poursuit, la question de l’égalité des genres dans le cinéma pourrait revenir au cœur des débats. Plusieurs projections et tables rondes sont encore prévues, et il est probable que d’autres personnalités prendront la parole sur ce sujet. Pour l’instant, aucune mesure concrète n’a été annoncée pour relancer le mouvement #MeToo ou renforcer la parité sur les tournages. La pression médiatique et l’engagement des actrices de premier plan pourraient, à terme, pousser l’industrie à agir — mais les prochaines semaines seront déterminantes.

Reste à voir si les déclarations de Cate Blanchett et de ses consœurs trouveront un écho suffisant pour inverser la tendance. Une chose est sûre : le débat est loin d’être clos, et le festival 2026 pourrait bien rester dans les mémoires comme un tournant — ou un nouveau statu quo.

Aucune mesure concrète n’a été annoncée à ce stade. Les prises de parole de Cate Blanchett et d’autres actrices ont mis en lumière les inégalités persistantes, mais aucune initiative officielle n’a encore été dévoilée par les organisateurs du festival ou les studios.

D’après les témoignages recueillis par Le Figaro, le hashtag #MeToo est toujours utilisé par des femmes anonymes, mais l’élan collectif et médiatique semble moins visible qu’en 2017-2018. Plusieurs actrices estiment que le mouvement a perdu en visibilité, voire en efficacité, face à un retour de bâton dans certains milieux.