Alors que le 69e Festival de Cannes bat son plein, le réalisateur Emmanuel Marre se distingue à la fois par sa sélection en compétition officielle pour son film « Notre Salut » et par son engagement public en faveur de l’indépendance éditoriale de Canal+. Comme le rapporte Ouest France, Marre, qui compte parmi les 600 signataires de la pétition « Zapper Bolloré » publiée dans Libération en 2025, réitère son appel à la vigilance face aux risques de concentration des médias et aux pressions économiques sur la chaîne cryptée.
Ce qu'il faut retenir
- Emmanuel Marre est en compétition officielle à Cannes 2026 avec « Notre Salut ».
- Il est l’un des 600 signataires de la pétition « Zapper Bolloré » lancée en 2025.
- La pétition dénonçait l’influence présumée de Vincent Bolloré sur la ligne éditoriale de Canal+.
- Marre appelle à la vigilance pour préserver l’autonomie de la chaîne, malgré les changements récents à sa tête.
- Son film aborde des thèmes en lien avec les enjeux de société et de liberté d’expression.
Un réalisateur engagé en pleine compétition cannoise
Emmanuel Marre, connu pour ses documentaires engagés et ses fictions à forte dimension sociale, voit son dernier long-métrage « Notre Salut » retenu dans la sélection officielle du Festival de Cannes 2026. Ce film, qui interroge les mécanismes de survie collective dans un contexte de crises multiples, s’inscrit dans une veine déjà explorée par le cinéaste. Selon les premières projections de la presse, l’œuvre pourrait bénéficier d’une attention particulière, tant pour sa réalisation que pour le discours qu’elle porte. Ouest France souligne que Marre n’a pas hésité à mettre en avant ses convictions lors de cette édition cannoise, où la liberté de création et l’indépendance des médias sont souvent débattues.
La pétition « Zapper Bolloré » et ses suites
En 2025, Emmanuel Marre avait rejoint le mouvement citoyen « Zapper Bolloré », lancé à l’initiative de plusieurs personnalités du monde culturel et médiatique. Cette pétition, publiée dans Libération, dénonçait les risques liés à la concentration des médias et à l’influence présumée de Vincent Bolloré sur la ligne éditoriale de Canal+. Le texte avait recueilli près de 600 signatures, dont celles de cinéastes, journalistes et intellectuels. Aujourd’hui, Marre rappelle que cette mobilisation reste d’actualité, alors que les équilibres à la tête de Canal+ continuent d’évoluer. « La vigilance est plus que jamais nécessaire », a-t-il déclaré à la presse cannoise, sans pour autant exclure une collaboration future avec la chaîne.
« La liberté éditoriale est un combat permanent. Même si les visages changent, les enjeux de pouvoir et d’influence persistent. »
— Emmanuel Marre, à Cannes le 16 mai 2026
Canal+ : une chaîne sous haute surveillance
Depuis plusieurs années, Canal+ fait l’objet de critiques récurrentes concernant son indépendance, notamment après le départ de Vincent Bolloré de la présidence du groupe en 2023. Les signataires de la pétition « Zapper Bolloré » avaient pointé du doigt les risques de dérive vers une ligne éditoriale alignée sur les intérêts économiques du groupe, propriétaire entre autres de la chaîne. Aujourd’hui, bien que la gouvernance ait évolué, les craintes d’une instrumentalisation politique ou financière de l’antenne persistent dans certains milieux. Emmanuel Marre, lui, insiste sur l’importance de « ne pas baisser la garde », alors que les audiences et les contenus de la chaîne restent un enjeu majeur dans le paysage audiovisuel français. Ouest France rappelle que le débat dépasse le cadre de Canal+ pour toucher l’ensemble des médias français, dans un contexte de recomposition du secteur.
En attendant, Emmanuel Marre continue de défendre une ligne artistique et médiatique exigeante, comme en témoigne son passage au Festival de Cannes. La question de l’indépendance de Canal+ restera sans doute un sujet brûlant dans les mois à venir, alors que le paysage audiovisuel français se transforme.
Vincent Bolloré, ancien président du groupe éponyme, a été une figure centrale du paysage médiatique français en contrôlant plusieurs titres de presse et chaînes de télévision, dont Canal+. Après son départ de la présidence du groupe en 2023, il conserve une influence significative dans le secteur, notamment via sa holding Bolloré Investissement. Plusieurs observateurs estiment que son héritage continue de peser sur les choix éditoriaux des médias qu’il a dirigés.