L’acteur Gilles Lellouche a rendu hommage, lundi 18 mai 2026, à Jean Moulin lors d’un entretien au journal de 13 heures de France 2, alors qu’il incarne le résistant dans le film Moulin, réalisé par László Nemes. Ce long-métrage, présenté en compétition officielle au Festival de Cannes, sortira en salles le 28 octobre 2026, selon Franceinfo - Culture.
Ce qu'il faut retenir
- Le film Moulin, réalisé par László Nemes, met en scène Gilles Lellouche dans le rôle de Jean Moulin, figure emblématique de la Résistance française.
- L’acteur a souligné l’importance de « ne pas se soustraire à l’humiliation » subie par Jean Moulin, dans une interview accordée à France 2.
- La sortie nationale du film est prévue pour le 28 octobre 2026, après sa présentation à Cannes.
- La Croisette est également secouée par une polémique autour du milliardaire Vincent Bolloré, actionnaire majoritaire de Canal+, après la publication d’une tribune critiquant son influence sur le cinéma.
- Plusieurs réalisateurs, dont Arthur Harari et Boris Lojkine, ont pris position dans ce débat, évoquant une « concentration des pouvoirs » préoccupante.
Un hommage à la figure de Jean Moulin
Pour Gilles Lellouche, incarner Jean Moulin représente bien plus qu’un rôle : c’est une « responsabilité absolument folle ». Dans une déclaration à France 2, il a décrit le résistant comme « un héros avec lequel on a vécu tous [les Français] », insistant sur le choix définitif de la lumière plutôt que de l’obscurité. « C’est un homme qui a définitivement choisi la lumière pour notre bien à tous », a-t-il précisé. Le tournage du film, réalisé par le cinéaste hongrois László Nemes, s’est accompagné d’une réflexion sur la transmission historique, au-delà des symboles.
Ce projet s’inscrit dans une démarche de mémoire, alors que le film sortira dans les salles françaises à l’automne prochain. « L’idée de dépasser un nom sur un bâtiment et de le transcrire, de le faire vivre, était une responsabilité absolument folle », a-t-il ajouté. La présentation du film en compétition à Cannes marque ainsi un engagement artistique et historique fort.
La Croisette en ébullition : entre hommages et polémiques
Alors que le Festival de Cannes 2026 bat son plein, la manifestation est marquée par deux dynamiques contrastées. D’un côté, les hommages cinématographiques se multiplient, comme celui rendu à Jean Moulin. De l’autre, une polémique secoue la profession après la publication d’une tribune dénonçant l’influence croissante de Vincent Bolloré sur le cinéma français. Ce texte, signé par près de 600 professionnels, s’inquiète de la mainmise du milliardaire sur des structures clés du secteur, dont Canal+.
Le patron du groupe, Maxime Saada, a réagi dimanche en annonçant que Canal+ ne travaillerait plus avec les signataires de la tribune, une décision qualifiée d’« aggravation des clivages » par Gaëtan Bruel, président du Centre national du cinéma (CNC). Ce dernier a rappelé sur France Inter que « le droit à la critique fait partie de ce principe fondamental » qu’est la liberté d’expression, soulignant que Canal+ avait « jusqu’à présent toujours fait honneur à ce principe ».
Les réalisateurs face à l’influence de Bolloré
Parmi les signataires de la tribune, plusieurs réalisateurs ont livré leur analyse de la situation. Boris Lojkine, réalisateur de L’Histoire de Souleymane et signataire du texte, a expliqué dans Libération que « la concentration des pouvoirs entre les mains de quelques personnes n’est jamais une bonne nouvelle ». Il a nuancé son propos en affirmant n’avoir « jamais eu à se plaindre de Canal+ », mais a pointé du doigt les risques liés à la reprise des salles UGC par Bolloré. « Si Bolloré reprend UGC, c’est une étape de plus dans la diminution du nombre d’interlocuteurs dans un espace industriel et artistique désormais investi par les grands groupes américains du numérique », a-t-il alerté.
Arthur Harari, scénariste de la Palme d’or 2023 Anatomie d’une chute, a également pris part au débat. Son film L’Inconnue, présenté en compétition, aborde des thèmes sociaux et politiques, dans un contexte où les questions de liberté artistique sont plus que jamais d’actualité. Harari a récusé toute critique envers les équipes de Canal+, tout en assumant un « questionnement sur la dimension politique du groupe Bolloré ».
Autres temps forts de la compétition cannoise
La 79e édition du Festival de Cannes réserve d’autres moments forts, notamment avec la projection de Fjord, du réalisateur roumain Cristian Mungiu, en lice pour une deuxième Palme d’or après son succès en 2007 avec Quatre mois, trois semaines et deux jours. Le film, tourné en Norvège, explore les tensions entre deux familles dans un village reculé, promettant une réflexion sur les conflits humains et sociaux.
Hors compétition, L’Affaire Marie-Claire de Lauriane Escaffre et Yvo Muller retrace le procès de Bobigny de 1972, à travers le combat de l’avocate Gisèle Halimi, interprétée par Charlotte Gainsbourg. Ce film s’inscrit dans une démarche de mémoire et de transmission des luttes féministes. Par ailleurs, Garance, réalisé par Jeanne Herry, avec Adèle Exarchopoulos, aborde les thèmes de l’alcoolisme et de la quête de stabilité, dans une course effrénée vers un bonheur insaisissable.
En conclusion, le Festival de Cannes 2026 oscille entre célébration du cinéma et remises en question des équilibres de pouvoir dans le secteur. Entre le portrait historique de Jean Moulin et les débats sur l’influence de Bolloré, la manifestation confirme son rôle de miroir des enjeux culturels et sociétaux actuels.
La tribune, signée par près de 600 professionnels, dénonce l’influence croissante de Vincent Bolloré, premier actionnaire de Canal+, sur le cinéma français. Les signataires craignent une concentration des pouvoirs qui pourrait menacer la diversité artistique et la liberté de création, dans un secteur déjà fragilisé par l’arrivée des géants du numérique. La réaction de Maxime Saada, patron de Canal+, qui a annoncé ne plus travailler avec les signataires, a exacerbé les tensions en donnant l’impression d’une volonté de censure.