La recherche des origines des épidémies de fièvre hémorragique, comme celle d’Ebola, reste un casse-tête pour les scientifiques. Sans preuve définitive, les chauves-souris frugivores occupent désormais la place de principaux suspects, selon Le Monde.
Ce qu'il faut retenir
- Les chauves-souris frugivores sont considérées comme les principales suspectes dans la propagation d’Ebola.
- Aucune preuve ultime n’a encore permis d’identifier avec certitude l’origine animale du virus.
- Les épidémies de fièvre hémorragique restent difficiles à retracer en raison de la complexité des cycles de transmission.
- Les recherches se concentrent sur les réservoirs naturels du virus, où les chauves-souris jouent un rôle central.
- Les autorités sanitaires appellent à renforcer la surveillance des espèces animales pour prévenir de futures épidémies.
Un mystère épidémiologique toujours non résolu
Depuis des décennies, les épidémies de fièvre hémorragique, comme celle d’Ebola, frappent régulièrement plusieurs régions d’Afrique. L’identification de leur origine animale reste un défi majeur pour les virologues. D’après Le Monde, les investigations menées jusqu’à présent n’ont pas permis de désigner un coupable avec certitude. Pourtant, les chauves-souris frugivores, notamment les espèces du genre Hypsignathus et Epomops, sont régulièrement pointées du doigt.
Ces mammifères volants, présents en Afrique subsaharienne, sont connus pour abriter des virus similaires à celui d’Ebola dans leur organisme. Leur rôle de réservoir naturel est désormais largement suspecté, même si aucun prélèvement n’a confirmé leur implication directe dans une épidémie humaine récente. Les scientifiques soulignent que ces animaux sont difficiles à étudier, en raison de leur mode de vie et de leur répartition géographique étendue.
Des indices accablants, mais pas de preuve absolue
Les preuves indirectes s’accumulent en faveur des chauves-souris. Plusieurs études ont montré que ces animaux pouvaient héberger des filovirus, comme Ebola ou Marburg, sans développer de symptômes. En 2022, une équipe de chercheurs de l’Institut Pasteur avait identifié des anticorps contre le virus Ebola chez des chauves-souris au Gabon, renforçant l’hypothèse d’un réservoir animal.
Pourtant, comme le rappelle Le Monde, aucun cas confirmé de transmission directe entre une chauve-souris et un humain n’a été documenté lors d’une épidémie. Les contaminations surviennent généralement par contact avec des fluides biologiques ou des tissus infectés, souvent lors de la manipulation d’animaux morts. Bref, la chaîne de transmission reste en partie méconnue, ce qui complique l’identification précise de l’origine des foyers épidémiques.
Les enjeux d’une meilleure surveillance animale
Face à cette incertitude, les experts insistent sur la nécessité de renforcer la surveillance des espèces animales. L’Organisation mondiale de la santé (OMS) recommande une approche « Une seule santé », combinant suivi vétérinaire et mesures de biosécurité. L’objectif ? Détecter précocement les foyers de virus chez les animaux avant qu’ils ne se propagent à l’homme. En 2025, l’OMS a recensé plus de 30 000 cas de fièvres hémorragiques en Afrique, avec un taux de létalité moyen de 40 %. Ces chiffres rappellent l’urgence d’agir. «
Sans une meilleure compréhension des réservoirs animaux, nous resterons vulnérables aux futures épidémies », a déclaré le Dr. Jean Kamanza, virologue à l’Institut Pasteur de Dakar. « Les chauves-souris ne sont peut-être pas les seules en cause, mais elles constituent un maillon essentiel de la chaîne. »
Pour l’heure, l’hypothèse des chauves-souris reste la plus plausible, mais elle n’est pas gravée dans le marbre. D’autres pistes, comme les rongeurs ou les primates, continuent d’être explorées. Une chose est sûre : sans preuve définitive, la vigilance doit rester de mise.
Les chauves-souris frugivores abritent des virus similaires à Ebola dans leur organisme sans développer de symptômes. Plusieurs études, dont celles de l’Institut Pasteur, ont détecté des anticorps contre le virus chez ces animaux, faisant d’elles les principaux réservoirs suspectés. Cependant, aucune transmission directe entre une chauve-souris et un humain n’a été confirmée lors d’une épidémie.